"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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mardi 10 avril 2018

vidéo: Julien Duval, Le cinéma au XXe siècle. Entre loi du marché et règles de l'art (Présentation d’Audrey Mariette, Lire les sciences sociales, 23 février 2018)

 
LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2017/2018
Vendredi 23 février 2018
75017 Paris
Présentation et discussion (en présence de l’auteur) du livre :
Le cinéma au XXe siècle. Entre loi du marché et règles de l’art (CNRS Editions, 2016) de Julien Duval (Directeur de recherche au CNRS, chercheur au CESSP)
Par Audrey Mariette (Maîtresse de conférences à l’Université Paris 8, chercheuse au CRESPPA)



Canal U , Copyright : CC BY NC SA





Julien Duval
Le cinéma au XXe siècle
Entre loi du marché et règles de l'art 
CNRS
Culture & Société
2016

Présentation de l'éditeur
Cinéma commercial contre films d’auteur ? Cinéma populaire contre cinéma élitiste ? Loi du marché contre règles de l’art ? La dualité entre superproductions hollywoodiennes et films d’art européens semble traverser toute l’histoire du cinéma depuis les années 1920. Mais les frontières entre ces deux espaces n’ont jamais été figées, comme l’explique Julien Duval dans cette sociologie novatrice du champ cinématographique au XXe siècle. Ainsi, le cinéma populaire a su se parer de certains traits des arts savants. Quant au cinéma d’auteur, il n’est pas tout à fait devenu « l’égal des autres arts » : les cinéastes doivent toujours composer avec les contraintes économiques propres à leur mode d’expression. Examinant à nouveaux frais ces jeux de transferts et ces oppositions, Julien Duval éclaire également les débats récents sur « l’exception culturelle » et sur les priorités des politiques publiques en matière cinématographique.
Julien DUVAL est directeur de recherche au CNRS (Centre européen de sociologie et de science politique). Il est l’auteur de Critique de la raison journalistique (Le Seuil, 2004) et du Mythe du « trou de la Sécu » (Raisons d’agir, 2007). Il a également coordonné, avec Philippe Coulangeon, Trente ans après La Distinction de Pierre Bourdieu (La Découverte, 2013).

mardi 13 février 2018

Lire les sciences sociales: Présentation et discussion (en présence de l’auteur) du livre : Le cinéma au XXe siècle. Entre loi du marché et règles de l’art (CNRS Editions, 2016) de Julien Duval, 23 février 2018





LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2017/2018
Vendredi 23 février 2018
15h30 - 18h00
CNRS/Site Pouchet, Salle 124
59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
Présentation et discussion (en présence de l’auteur) du livre :
Le cinéma au XXe siècle. Entre loi du marché et règles de l’art (CNRS Editions, 2016) de Julien Duval (Directeur de recherche au CNRS, chercheur au CESSP)
Par Audrey Mariette (Maîtresse de conférences à l’Université Paris 8, chercheuse au CRESPPA)

Cinéma commercial contre films d’auteur ? Cinéma populaire contre cinéma élitiste ? Loi du marché contre règles de l’art ? La dualité entre superproductions hollywoodiennes et films d’art européens semble traverser toute l’histoire du cinéma depuis les années 1920. Mais les frontières entre ces deux espaces n’ont jamais été figées, comme l’explique Julien Duval dans cette sociologie novatrice du champ cinématographique au XXe siècle. Ainsi, le cinéma populaire a su se parer de certains traits des arts savants. Quant au cinéma d’auteur, il n’est pas tout à fait devenu « l’égal des autres arts » : les cinéastes doivent toujours composer avec les contraintes économiques propres à leur mode d’expression. Examinant à nouveaux frais ces jeux de transferts et ces oppositions, Julien Duval éclaire également les débats récents sur « l’exception culturelle » et sur les priorités des politiques publiques en matière cinématographique.


(source: LLSS)

vendredi 20 janvier 2017

en ligne: Actes de la recherche en sciences sociales, 2013/1-2 (n° 196-197), Usines :ouvriers, militants, intellectuels

en ligne sur Cairn.info
Actes de la recherche en sciences sociales, 2013/1-2 (n° 196-197), Usines : ouvriers, militants, intellectuels
Seuil

Cédric Lomba, Julian Mischi
Ouvriers et intellectuels face à l'ordre usinier
 
Christian Corouge, Michel Pialoux,   Julian Mischi
Engagement et désengagement militant aux usines Peugeot de Sochaux dans les années 1980 et 1990
Pourquoi la « Chronique Peugeot » de 1984-1985 parue dans Actes s'est-elle interrompue ? (avec Julian Mischi)
 
Cédric Lomba
Restructurations industrielles : appropriations et expropriations des savoirs ouvriers
 
Paul Boulland
Sortir du rang ?
Rapports à l'usine des cadres ouvriers communistes
 
Sophie Pochic
Women on the Line de Miriam Glucksmann : quand un engagement féministe produit un classique d'ethnographie ouvrière
 
Ingrid Hayes
Les limites d'une médiation militante
L'expérience de Radio Lorraine Cœur d'Acier, Longwy, 1979-1980
 
Kimi Tomizaki
Deux générations de syndicalistes au Brésil : pratiques quotidiennes et formation politique
 
Pascal Marichalar, Laure Pitti
Réinventer la médecine ouvrière ?
Retour sur des mouvements médicaux alternatifs dans la France post-1968
 
Julian Mischi
Savoirs militants et rapports aux intellectuels dans un syndicat cheminot
 
Audrey Mariette
De la fabrique d'une génération à la fabrique de la reproduction
La complexité des rapports entre intellectuels et ouvriers militants à l'aune du cas de Georges Valero et de Christian Chevandier



lundi 20 juin 2016

Agone N° 58, Quand la santé décuple les inégalités


Agone N° 58
Quand la santé décuple les inégalités
Agone
2016
Présentation de l'éditeur
Coordination : Maud Gelly, Baptiste Giraud et Laure Pitti
À nombre de consultations égal, on est plus ou moins bien soigné selon sa classe sociale et son origine nationale. Les malades d’un cancer sont moins bien informés sur leur maladie par leur médecin quand ils sont pauvres. Au moment de l’apparition d’une douleur thoracique, premier signe d’un infarctus, les catégories sociales les plus favorisées font l’objet d’une prise en charge médicale plus approfondie et plus spécialisée. Les inégalités sociales qui marquent le suivi de grossesse sont aggravées par les pratiques des soignants qui informent moins, et moins bien, les femmes des classes populaires, a fortiori étrangères. Plus largement, les recommandations médicales nationales sont moins bien appliquées par les médecins pour les membres des classes populaires.

Sommaire :
– Une médecine de classe ? Inégalités sociales, système de santé et pratiques de soins, Maud Gelly et Laure Pitti
– “Corps et âme”. Le parti des Black Panthers et la lutte contre les discriminations médicales, Alondra Nelson
– “Médecin de première ligne dans un quartier populaire”. Un généraliste en banlieue rouge des années 1960 aux années 2010, Audrey Mariette et Laure Pitti
– La fabrique médicale des inégalités dans l’accès aux soins d’urgence. Ethnographie comparée de deux services d’urgence public et privé, Sylvie Morel
– Logiques de tri et discriminations à l’hôpital public : vers une nouvelle morale hospitalière ?, Caroline Izambert
– “C’est gênant de se mettre à dos son médecin, parce qu’on en a besoin.” Ouvriers malades de leur travail face à la médecine, Pascal Marichalar
– Inégalités contraceptives au pays de la pilule, Hélène Bretin et Laurence Kotobi
– Des inégalités en tous genres face au décès par sida et de leur ignorance par le système de santé, Maud Gelly
– De la santé pour tous à la sécurité de tous ? Logiques scientifiques et politiques de la surveillance épidémiologique, François Buton 

Histoire radicale :
« Le travail des enfants dans les verreries en 1912 », Charles Delzant.

lundi 19 janvier 2015

Lire les Sciences Sociales: Sociologie du sport et de la danse, 03.02.2015


Lire les sciences Sociales: Sociologie du sport et de la danse

Présentation et discussion, en présence des auteurs, de:


Danser. Enquête dans les coulisses d'une vocation
(La Découverte, « Textes à l'appui, Enquête de terrain », 2010)
de Pierre-Emmanuel Sorignet
par Audrey Mariette
Si les professions artistiques sont, d'une manière générale, soumises à la précarité, celle-ci est encore plus prégnante dans le cas des danseurs. En effet, pour ces derniers, la possibilité d'assurer des performances tout au long de la vie active dépend avant tout de leur capacité corporelle. Pourtant, de plus en plus de jeunes se présentent sur ce marché du travail. Comment comprendre cet apparent paradoxe ? Pour saisir les motivations qui conduisent des individus à choisir cette voie et à s'y maintenir, il faut en fait tenir compte des rétributions symboliques propres à ce métier associant « prestige » et « précarité ». Le plaisir de la scène, la jubilation d'éprouver son corps, la relative absence de routine expliquent que les danseurs vivent leur profession comme une vocation, parfois façonnée dès l'enfance. L'auteur, sociologue et danseur, s'est immergé dans l'univers de la danse contemporaine pendant dix ans, partageant l'activité professionnelle des danseurs et danseuses enquêtés, mais aussi tous les moments hors travail qui souvent prolongent une façon d'être artiste. Ce livre, qui donne la part belle aux témoignages, offre un éclairage inédit du métier de danseur et du style de vie qui lui est lié (le choix du conjoint, l'orientation sexuelle...). Le moment de l'audition, l'entraînement quotidien, le travail de création, le rapport à la scène et au public sont ainsi analysés « de l'intérieur ». Grâce à une approche très fine des trajectoires des personnes enquêtées, cet ouvrage permet d'ouvrir la boîte noire de la « vocation », d'en montrer les recompositions tout au long des cycles professionnels traversés, jusqu'à la sortie du métier.


La construction du « talent ». Sociologie de la domination des coureurs marocains
(Raisons d'Agir, « Cours & Travaux », 2012)
de Manuel Schotté
par Pierre-Emmanuel Sorignet 
Depuis le milieu des années 1980, les coureurs kenyans, éthiopiens et marocains opèrent une mainmise dans le domaine de la course de demi-fond et de fond. Les succès de ces athlètes sont rapportés de façon quasi-invariable à leur supposé talent inné : les sportifs les plus talentueux sortiraient automatiquement du lot des pratiquants, en vertu de leurs exceptionnelles qualités. La suprématie des coureurs d’Afrique de l’Est et du Nord au niveau mondial est alors décrite comme le produit d’une sélection naturelle. Plutôt que de naturaliser la performance sportive, il s’agit dans cet ouvrage de rendre compte des logiques sociales qui sous-tendent la réussite athlétique. La surreprésentation des coureurs marocains parmi les champions du demi-fond repose sur une double construction sociale : construction de l’offre de travail d’un côté, avec le façonnement d’ambitions et de compétences dans le domaine de la course à pied chez des jeunes Marocains ; construction de la demande ensuite, avec l’émergence du professionnalisme en Europe au début des années 1980. C’est à la seule condition de mettre en relation les deux versants que l’on peut rendre compte de la répartition socialement construite des populations telle qu'elle se donne à voir en athlétisme. Même s’il est centré sur la fabrique du « talent », l’ouvrage peut être lu comme une ethnographie de la jeunesse urbaine marocaine de milieux populaires et des conditions d’émigration/immigration d’une partie d’entre elle. Organisé autour de cas finement dépeints et replacés dans l’épaisseur de leur quotidien, il donne à voir ce que sont les univers de vie et de sens de jeunes marocains devenus coureurs. Mais, il renvoie aussi à la question de la capacité des sciences sociales à comprendre le singulier et même le plus singulier des singuliers quand il s’agit de l’athlète d’exception et de l’homme hors norme.
Pierre-Emmanuel Sorignet est sociologue, maître de conférences à l’université Toulouse-III et chercheur au PRISSMH (Programme interdisciplinaire de recherche en sciences du sport et du mouvement humain). Il collabore en tant qu’interprète, depuis une dizaine d’années, avec différentes compagnies de danse contemporaine.
Audrey Mariette est maîtresse de conférences en science politique à l'université Paris 8 et chercheuse au Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA), équipe Cultures et sociétés urbaines (CSU).
Manuel Schotté est enseignant chercheur à l’Université de Lille 2. Ses travaux portent sur la sociologie du sport. Il est l’auteur de Sportifs en danger. La condition des travailleurs sportifs (avec Sébastien Fleuriel), édition du Croquant, "Savoir/Agir", 2008." 
3 février 2015
14 h 00 - 16 h 30
CNRS/Site Pouchet, Salle 108
59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
métro ligne 13 - Guy Moquet | Brochant , Bus 66 - La Jonquière

(source: Lire les Sciences Sociales)

jeudi 6 novembre 2014

La culture et ses intermédiaires. Dans les arts, le numérique et les industries créatives, Ouvrage dirigé par Laurent Jeanpierre et Olivier Roueff

La culture et ses intermédiaires
Dans les arts, le numérique et les industries créatives
Ouvrage dirigé par Laurent Jeanpierre et Olivier Roueff
Editions des archives contemporaines
2014

Présentation de l'éditeur
Qui sont les protagonistes des « fonctions » d’intermédiation en pleine expansion actuellement ? Quelles sont leurs relations, directes ou indirectes, avec la création?
Amazon, iTunes, Netflix, YouTube, etc. : la liste serait longue des nouvelles formes controversées d’accès à la culture. À côté de ces grands noms d’entreprises transnationales, c’est en réalité l’ensemble des activités d’intermédiaires dans les arts et les industries créatives qui s’expose aujourd’hui et semble croître, en nombre, en taille et en puissance. Qui sont les protagonistes de ces activités en pleine expansion?
Que font-ils ? Quelles sont leurs relations, directes ou indirectes, avec la création?
À travers une vingtaine d’enquêtes conduites en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis sur des individus et des entreprises qui font exister l’offre et la demande de travail artistique ou de biens culturels, les auteurs de ce livre répondent pour la première fois à ces questions de manière plurisectorielle : dans les arts visuels, la musique, le cinéma, la mode, la bande-dessinée et les industries numériques. La plupart des « fonctions » d’intermédiation sont ainsi abordées, depuis le soutien à la production jusqu’aux palmarès en passant par la sélection des talents, le développement de carrières, le montage des équipes et des budgets et, bien entendu, la distribution et la promotion des œuvres.
La perspective adoptée met en avant les luttes incessantes pour la conquête des créations ayant lieu aux frontières de « territoires » d’activité professionnalisés ou plus informels. L’ouvrage constitue un plaidoyer pour une sociologie des systèmes d’intermédiation : méthode d’analyse pertinente des reconfigurations économiques actuelles, irréductibles au discours enchanté des investisseurs comme au schème critique globalisant de la marchandisation de la culture ; instrument privilégié d’une écologie sociale indispensable à une compréhension réaliste du travail artistique. Au terme du parcours, les débats sur la reconnaissance déclinante des créateurs et la répartition inégale des risques et des bénéfices au sein du capitalisme dit « culturel » devraient apparaître sous un jour inédit.

Ouvrage dirigé par Laurent Jeanpierre et Olivier Roueff avec des contributions d’Olivier Alexandre, Pierre-Jean Benghozi, Célia Bense Ferreira Alves, Christian Bessy, Laura Braden, Vincent Bullich, Pierre-Marie Chauvin, Diana Crane, Timothy J. Dowd, Thomas Guignard, Karim Hammou, Wenceslas Lizé, Audrey Mariette, Jean-Matthieu Méon, Bernard Miège, Delphine Naudier, Keith Negus, Thomas Paris, Violaine Roussel, Mathieu Trachman, Laure de Verdalle, Julie Verlaine et Pierre-Édouard Weill.

mardi 29 octobre 2013

en ligne: Agone 46, Apprendre le travail