« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ». Pierre Bourdieu (1992)
Affichage des articles dont le libellé est Khalfa. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Khalfa. Afficher tous les articles

mercredi 25 février 2015

en ligne: Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes

en ligne sur le site de Savoir/agir:

Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes
Editions du Croquant, 2014
s'abonner


Dossier coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon

Éditorial

Quand le gardien du Temple devient le sauveur des marchés financiers, par Frédéric Lebaron

Dossier

Syndicalismes en luttes, coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon
Les formes contemporaines de l’activité gréviste en Europe occidentale : la domination de la grève politique de masse, par Gregor Gall
Les syndicats dans le capitalisme financier européen : Le cas allemand, par Hans-Jürgen Urban
Les mouvements sociaux dans le Brésil de Lula et Dilma : quelle place pour le syndicalisme ?, par Andréia Galvão
Le syndicalisme en (dans la) crise. Quelques réflexions à partir des réformes du marché du travail en Espagne, par Adoración Guamán et Francisco Trillo
Une mobilisation syndicale traversée par le souffle des Indignés ? La « marée verte » dans le secteur de l’éducation à Madrid, par Sophie Béroud
Le syndicalisme français en proie à la logique des « camps », par Jean-Marie Pernot
Se syndiquer pour l’indépendance : quelques remarques à propos de l’Union Générale des Travailleurs de la Guadeloupe, par Pierre Odin

Grand entretien

Faire de la sociologie des sciences avec un marteau ? Science et éthique en action. Entretien avec Yves Gingras

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche. Des municipales aux européennes, par Louis Weber

Sociogenèse du Front de gauche

Syndicalistes entrés en politique avec le Front de gauche

La rhétorique réationnaire

La valse des étiquettes politiques, par Gérard Mauger

Chronique d’outre-Manche

L’esprit de 1945, par Keith Dixon



jeudi 13 mars 2014

à paraître: Revue Savoir/agir n°27, Syndicalismes en luttes

Revue Savoir/agir n°27
Syndicalismes en luttes
éd du Croquant
20/03/2014

Présentation de l'éditeur
Si le syndicalisme est un acteur essentiel des luttes sociales, il est aussi au cœur des luttes symboliques pour définir les objectifs et les moyens légitimes de ces luttes. La lutte des classes est aussi une lutte de classements et définir les frontières et les modalités légitimes de l’action syndicale en est l’un des enjeux. Ce dossier ne vise évidemment pas à fournir des réponses univoques et définitives à la question de savoir à quoi servent ou devraient servir les organisations syndicales. Il s’agit plus modestement de spécifier ces enjeux et de rendre compte des débats qui traversent le mouvement syndical dans le contexte actuel d’hégémonie de l’idéologie néolibérale.
Qu’en est-il du répertoire d’action et des horizons de pensées du syndicalisme à l’heure où est répété à l’envi qu’il n’y aurait plus de « grain à moudre », pour reprendre la célèbre expression d’André Bergeron, secrétaire général de FO, qui célébrait ainsi la fonction de négociation des syndicats à l’ère du « compromis fordiste » ? La crise de 2008 et la généralisation des politiques d’austérité qui l’a suivie ont largement contribué à remettre ces questions à l’agenda militant et scientifique en déclenchant un cycle de protestation qui a été diversement investi par les syndicats selon les pays. Comment négocier avec les organisations d’employeurs et les pouvoirs publics tout en participant activement aux luttes sociales ? Comment parler au nom de tous les travailleurs lorsque les politiques économiques tournées vers la compétitivité des entreprises aboutissent à une hétérogénéité croissante des statuts d’emploi et des conditions de travail ? Lorsque les collectifs de travail sont fragilisés, voire démantelés, lorsque les partis politiques censés être les plus proches des syndicats voient leur rôle se réduire à celui d’une courroie de transmission du fatalisme économique, comment sont débattues dans et entre les organisations syndicales les enjeux stratégiques et idéologiques de la syndicalisation ?
Ces questions ne sont bien sûr pas nouvelles. La somme coordonnée par Colin Crouch et Alessandro Pizzorno dans les années 1970 résume bien la façon dont les spécialistes du syndicalisme y répondirent au cours du dernier quart du vingtième siècle. Impulsé, comme son nom l’indique, dans le but de ­comprendre la résurgence du conflit de classe en Europe après 1968, ce travail publié dix années plus tard se concluait en montrant comment les gouvernements d’Europe occidentale avaient réussi à endiguer la contestation sociale grâce à l’enrôlement des syndicats dans les politiques de gestion de la crise. Longtemps considéré comme le mouvement social par excellence, le syndicalisme devenait ainsi un rouage des institutions publiques, donnant forme à ce que les politistes baptisèrent « corporatisme libéral ». L’accélération de l’intégration européenne et la fabrique, à cette échelle, d’une ambitieuse architecture du « dialogue social » semblaient confirmer cette analyse. Dans le même temps, le champ en plein essor de la sociologie des mouvements sociaux se consolidait en ignorant, pour l’essentiel, l’enjeu de la conflictualité au travail.
D’une crise à l’autre, la résurgence de grandes mobilisations sociales orchestrées par les syndicats a permis de rappeler que l’institutionnalisation n’impliquait pas de renoncement irrémédiable à ­l’action protestataire. Plutôt que de chercher à qualifier de façon univoque et définitive les organisations syndicales, mieux vaut tenter de les situer au sein du triangle qui constitue, selon Richard Hyman, la géométrie du syndicalisme. Les organisations syndicales sont, selon les contextes nationaux et les périodes historiques, plus ou moins proches de l’un des sommets du triangle symbolisant les trois rôles idéal-typiques du syndicalisme : agent économique, partenaire social et organisation de classe. Ce sont donc moins les angles du triangle – marché, société, classe – qui doivent retenir l’attention que les directions vers lesquelles bougent les curseurs des revendications et des actions syndicales.
Cette tension est « au cœur des controverses sur le syndicalisme. Il s’agit de la contradiction entre la nécessité de construire une organisation majoritaire et l’impératif de mener une lutte efficace contre le système capitaliste, c’est-à-dire la contradiction entre un syndicalisme de masse et un syndicalisme de classe ». En France, la charte d’Amiens, adoptée en 1906 dans un congrès de la CGT, stipule en effet que l’organisation syndicale doit œuvrer à « une double besogne », quotidienne (obtenir des améliorations immédiates) et d’avenir (œuvrer à l’émancipation intégrale des travailleurs par l’expropriation des capitalistes). Si les termes ont sensiblement évolué, l’enjeu de définir l’espace des possibles reste au cœur des luttes intra et intersyndicales. Il traverse toutes les organisations et se pose de façon diverse selon les contextes économiques et politiques.
À l’échelle de l’Europe occidentale, le syndicalisme reste quoi qu’il en soit un opérateur central de la conflictualité sociale. C’est ce qu’illustre l’article de Gregor Gall qui dresse un bilan de l’acti­vité gréviste dans neuf pays d’Europe occidentale. En se situant sur le terrain des analyses macrosociales qui mettent l’accent sur le déclin de la grève, il nuance ces conclusions en montrant que les grèves économiques sont toujours à la peine mais que des « grèves politiques de masse » se développent en réaction aux politiques néolibérales. Si d’autres techniques d’enquêtes permettraient de prolonger cette critique de la supposée « quiétude » du mouvement ouvrier, l’intérêt du texte est de pointer les limites des politiques néo-corporatistes à l’heure du néolibéralisme triomphant.
C’est précisément cette question du corporatisme que revisite l’article de Hans-Jürgen Urban, qui s’interroge sur les conditions de possibilité d’un « corporatisme de crise » dans l’Allemagne fédérale. Son tableau de la situation allemande récente montre que l’enrôlement des syndicats dans la négociation de concession, y compris sur les modérations salariales, n’exclut pas les campagnes de syndicalisation vers les salariés précaires et les revendications relatives aux conditions de travail.
Dans un contexte différent, l’article d’Andreia Galvao montre également que l’existence de politiques corporatistes d’échange politique reste une donnée clé pour comprendre les stratégies syndicales. La présence au pouvoir d’un gouvernement ami dirigé par le Parti des travailleurs explique sans doute le faible et tardif engagement des confédérations syndicales dans les mobilisations de l’­hiver brésilien, les syndicats, tout comme d’autres mouvements sociaux, étant déjà eux-mêmes divisés quant à l’atti­tude à tenir à l’égard du pouvoir pétiste. Le cas brésilien est ainsi très éclairant sur les relations fluctuantes entre partis politiques au pouvoir, organisations syndicales et mobilisations populaires.
Cette articulation entre syndicalisme et mouvements sociaux est également au centre de la situation politique en Espagne. Deux articles permettent de rendre compte de façon complémentaire de ce qui se passe dans ce pays sur le terrain des luttes sociales et du rôle que peuvent jouer les organisations syndicales. Le premier texte d’Adorácion Guamán et de Francisco Trillo aborde les difficultés croissantes auxquelles sont confrontées les organisations syndicales face aux plans d’austérité et aux mesures antisociales qui se succèdent. Si ces politiques se nourrissent d’un anti-syndicalisme virulent, elles alimentent en retour des critiques de plus en plus aiguisées à l’encontre des syndicats au sein des mouvements sociaux. Les deux auteurs insistent également sur le défi que représentent les millions de privés d’emploi et de travailleurs précaires dont une part s’organise hors des lieux de travail, alors que le syndicalisme traditionnel se déploie avant tout au niveau de l’entreprise. Toutefois, la thèse de la coupure irrémédiable entre syndicalisme et mouvements sociaux ne résiste pas à l’épreuve des faits empiriques, comme le démontre ici Sophie Béroud. Si les critiques à l’égard des syndicats sont monnaie courante au sein du mouvement des Indignés, les militants syndicaux sont loin d’être absents des assemblées et des cortèges. Certains, comme les syndicalistes enseignants, ont même pu profiter du regain de conflictualité pour élargir leurs revendications et l’éventail de leurs modes d’action. L’exemple des mobilisations du secteur éducatif qu’étudie Sophie Béroud, montre à quel point le syndicalisme espagnol, quoiqu’on en dise, reste inscrit dans l’espace des mouvements sociaux.
Sur le cas français, l’article de Jean-Marie Pernot éclaire les reconfigurations récentes du champ syndical tout en soulignant les limites d’une approche en terme de camps irrémédiablement distincts, sinon antagoniques. Il s’agit bien davantage d’alliances à géométrie variable selon les secteurs, les enjeux et les rapports de force. Ce faisant, il montre que le réflexe consistant à résumer les clivages syndicaux en termes de lignes politiques – un camp « réformiste » et un pôle « contestataire » – est éloigné des logiques pratiques qui structurent cet espace complexe qu’est le champ syndical.
La question des logiques plurielles qui orientent l’action syndicale est au cœur de l’article de Pierre Odin. En revenant sur l’histoire de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe, il décrit comment s’est forgée la pratique d’un « syndicalisme intégral » investi à la fois sur les terrains économique, politique et culturel. La légitimité acquise par l’UGTG au croisement de la représentation quotidienne des travailleurs et de l’incarnation d’un projet politico-culturel pour la Guadeloupe éclaire le rôle central qu’elle a joué dans la grève générale de 2009 et la constitution, avec le LKP, d’une coalition regroupant syndicats, associations et partis politiques.
Dans des pays et contextes différents, le syndicalisme est donc bel et bien tiraillé par des conflits, des enjeux et des défis majeurs, que chaque texte réuni dans ce dossier explore sans prétendre évidemment à l’exhaustivité. Si les difficultés sont réelles et plurielles, si les définitions des objets et des moyens des luttes syndicales sont conflictuelles, on ne saurait pour autant entonner le chant du cygne comme le font tant et trop de commentateurs pressés.


Sommaire

Éditorial
Quand le gardien du Temple devient le sauveur des marchés financiers
Frédéric Lebaron

Dossier
Syndicalismes en luttes
Dossier coordonné par Nathalie Ethuin et Karel Yon

Les formes contemporaines de l’activité gréviste en Europe occidentale
La domination de la grève politique de masse
Gregor Gall

Les syndicats dans le capitalisme financier européen
Le cas allemand
Hans-Jürgen Urban

Les mouvements sociaux dans le Brésil de Lula et Dilma
Quelle place pour le syndicalisme ?
Andréia Galvão

Le syndicalisme en (dans la) crise
Quelques réflexions à partir des réformes du marché du travail en Espagne
Adoración Guamán, Francisco Trillo

Une mobilisation syndicale traversée par le souffle des Indignés ?
La « marée verte » dans le secteur de l’éducation à Madrid
Sophie Béroud

Le syndicalisme français en proie à la logique des « camps »
Jean-Marie Pernot

Se syndiquer pour l’indépendance
Quelques remarques à propos de l’Union générale des travailleurs de la Guadeloupe
Pierre Odin

Grand Entretien avec Yves Gingras
Faire de la sociologie des sciences avec un marteau ?
Science et éthique en action

Chronique de la gauche de gauche
Front de gauche
Des municipales aux européennes
Louis Weber

Enquête (6)
Sociogenèse du Front de gauche
Syndicalistes entrés en politique avec le Front de gauche
Gérard Aschieri, Pierre Khalfa et Evelyne Sire-Marin

La rhétorique réactionnaire

La valse des étiquettes politiques
Gérard Mauger

Chronique d’outre-Manche

L’Esprit de 1945
Keith Dixon 

samedi 30 novembre 2013

en ligne: Savoir/agir n° 23, Europe : la dictature de l’austérité

Savoir/agir n° 23
Europe : la dictature de l’austérité
éd. du Croquant
2013

Éditorial

La droite française, l’Europe et l’ « effet phobie », par Frédéric Lebaron

Dossier

Europe : la dictature de l’austérité, coordonné par Frédéric Lebaron et Louis Weber
Un millefeuille pour la gouvernance économique, par Louis Weber
L’Union par le droit, par Antoine Vauchez
Un césarisme bureaucratique Entretien, avec Cédric Durand
Du Forum social européen à l’Altersummit, par Pierre Khalfa
Une Europe post-démocratique ?

Grand entretien avec Annie Collovald

Trois décennies de travaux sur les mobilisations politiques et sociales

Paroles

De Sciences Po aux prud’hommes

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche, par Louis Weber

Enquête (2)

Sociogenèse du «  Front de Gauche  ». Entretien avec Patrice Bessac

La rhétorique réactionnaire

Le PS est-il « de gauche » ? par Gérard Mauger

Alterindicateurs

Rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi, suite… et fin ? par Frédéric Lebaron

Actualité

L’UMP, par Anne-Sophie Petitfils

Chronique écossaise

Nova Scotia ? par Keith Dixon

Culture

Le monde des choses matérielles, par Gérard Mauger
Robert Castel (1933–2013), par Gérard Mauger

lundi 9 septembre 2013

Fondation Copernic et Attac, Retraites : l’alternative cachée

Fondation Copernic et Attac
Retraites : l’alternative cachée
Syllepse
2013

ou lire en ligne Retraites : l’alternative cachée


Présentation de l'éditeur
Trois ans après leur dernier ouvrage commun (Retraites. L’heure de vérité, Syllepse, 2010), et pour les mêmes raisons, La Fondation Copernic et Attac reprennent la plume pour défendre les retraites contre les attaques du gouvernement. Pas de changement, donc.
Faut-il allonger la durée de cotisation nécessaire pour garantir le financement des retraites ? Cette mesure serait-elle  la plus juste» face à «cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de la vie», comme l’a affirmé François Hollande? En aucun cas!
Les réformes précédentes ont déjà fortement réduit les droits à pensions et aggravé les inégalités entre les pensions des femmes et celles des hommes.
À l’horizon 2060, la baisse des pensions par rapport aux salaires serait, en fonction des scénarios économiques, de 15 à 25% supplémentaires.
La réforme annoncée est, comme les précédentes, justifiée par un argument apparemment de bon sens : «On vit plus vieux, il faut donc travailler plus longtemps». Idées reçues, contrevérités, manipulations, voilà ce que démonte ce livre en avançant des propositions.
S’appuyant sur le contenu des rapports officiels, les auteurs montrent qu’une nouvelle régression sociale, qui obligerait à travailler toujours plus longtemps et à voir quand même la retraite baisser, n’est pas inéluctable.
Une alternative existe, s’appuyant sur une mise à contribution des revenus du capital et sur le développement de l’activité utile. Plus qu’une question d’équilibre financier, les retraites posent celle de la société dans laquelle nous souhaitons vivre.


mercredi 1 mai 2013

Un an après l’élection de François Hollande. Tableau d’un glissement néolibéral


Un an après l’élection de François Hollande
Tableau d’un glissement néolibéral
Camille Jouve, Pierre Khalfa, Patrick Le Moal, Claire Le Strat (coord.)
coll. "Les Notes de la Fondation Copernic"
Syllepse
2013

Présentation de l'éditeur
Il y a un an, nous étions nombreux à être soulagés : « ouf », « enfin », « Sarkozy est battu ». Et beaucoup d’entre nous espéraient surtout une rupture avec la politique menée pendant son quinquennat, néolibérale et autoritaire. En un an, le gouvernement Hollande n’a pas cessé d’agir. Mais dans quel sens ? Certes, il reste quatre ans. Mais, pour l’instant, le changement attendu n’est pas au rendez-vous. Et, de glissement en glissement, le gouvernement Ayrault semble plutôt engagé dans une fuite en avant néolibérale. Par quels mécanismes ? Sur quels dossiers ? Cette Note de la Fondation Copernic en fait un récapitulatif. Sur la politique européenne, l’écologie, les droits des femmes, le logement, la fiscalité, la dérive sécuritaire, la politique industrielle, les revenus, l’emploi, les licenciements…, les choses ont changé, mais souvent dans le mauvais sens. C’est parce que l’histoire n’est pas écrite d’avance, parce qu’il n’y a pas de fatalité, qu’il fallait rapidement proposer un bilan d’étape. Et avoir un tel bilan à l’esprit permettra d’agir, pour remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait tourner à l’envers

Le slogan de campagne de François Hollande, élu en mai 2012, promettait "le changement maintenant". Un changement d’emblée très sérié, puisqu’il se limitait à soixante mesures, à la réalisation déjà incertaine (cf. la taxation des plus hauts revenus).

Un an après, où en est-on précisément ?

De combien le Smic a-t-il augmenté (il l’avait été de 10% en 1981) ?
Quelles mesures ont été prises pour aider les plus fragiles (comparées au blocage des prix pendant six mois en 1981-1982, ou au contrôle des loyers et des expulsions en juin 1982) ?
Est-ce que la justice sociale et fiscale a été restaurée (rappelons-nous la création de l’ISF en décembre 1981) ?
Quelle politique pour l’emploi (on se souvient des nationalisations en février 1982 des 36 premières banques de dépôt et de la plupart des grandes entreprises industrielles) ? Il y a eu cette année des plans de licenciements en cascade.
Quelles avancées pour les salarié-es (avec les accords Wagram, nous sommes si loin des lois Auroux, des 39 heures, de la retraite à 60 ans, en mars 1982, et de la cinquième semaine de congés payés en janvier) ?
Quelle réorientation de la politique énergétique ?
Quelle politique d’aménagement du territoire (cf. les choix faits avec l’aéroport de Notre-Dame des Landes) ?
Quels changements pour les sans-papiers, les sans-toit, les sans-emploi… ?
Quels rapports aux multinationales, aux institutions européennes, au FMI, aux banques qui endettent les peuples ?

Pourquoi ce choix de l’austérité ?

Sous la forme d’un abécédaire, à l’instar de Sarkozy, bilan de la casse, cette Note de la Fondation Copernic veut dresser l’inventaire des promesses réalisées ou oubliées, depuis un an de présidence Hollande.

Et, d’évidence, la politique développée ne marque pas de rupture avec les orientations libérales. Tantôt, le gouvernement Ayrault revient sur certaines mesures de la droite au pouvoir, mais sans restaurer les droits perdus (cf. la formation des enseignants ou la LRU, ou bien encore la RGPP). Le plus souvent, le gouvernement Ayrault poursuit les mêmes politiques, les mêmes projets que l’équipe Sarkozy (cf. la compétitivité ou l’Europe). Et laisse en l’état nombre de mesures insupportables prises par la droite (cf. service minimum dans les services publics…).

Au point que l’on est tenté de parler d’un "glissement néolibéral" du gouvernement...

mercredi 10 avril 2013

Savoir/agir n° 23, Europe : la dictature de l’austérité

Savoir/agir n° 23
Europe : la dictature de l’austérité
éd. du Croquant
2013

Présentation de l'éditeur
Quelle que soit la façon dont on l’exprime, l’Europe est de plus en plus perçue comme une construction lointaine, hostile aux citoyens, source de politiques néfastes pour les populations et, singulièrement, pour les salariés. Les réunions successives du Conseil européen sont présentées par les médias comme autant d’échecs, laissant entendre que les chefs d’État seraient incapables de trouver des solutions à la crise qui touche l’Europe mais qui est aussi une crise de l’Europe. C’est en partie un leurre visant à dissimuler le fait que les politiques d’austérité sont imposées dans tous les pays membres de l’Union européenne. Après les référendums en France et aux Pays-Bas et le rejet du projet de Traité constitutionnel européen en 2005, la « législation » européenne est en effet en train de changer à marches forcées sous l’effet de la crise. Après l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne en décembre 2009, les pactes et traités se sont multipliés, au prétexte de venir en aide aux pays en difficulté et de tenter de « sauver » l’euro. En réalité, ces dispositifs visent tous à contraindre les États membres à généraliser les politiques d’austérité et, à travers elles, à casser définitivement ce qui reste du modèle social européen, le droit du travail, les services publics, etc.
Le plan de « sauvetage » de Chypre, adopté au forceps et au petit jour le 25 mars 2013, va plus loin que les mesures imposées par la Troïka (Banque centrale et Commission européennes, Fonds monétaire international) jusqu’ici à d’autres pays de la périphérie Sud de l’Union européenne ou à l’Irlande. On peut certes se réjouir que la résistance dans l’île, marquée par le vote unanime du Parlement, ait contraint la Troïka à renoncer à taxer les petits déposants, comme il en était question dans la première mouture du plan, particulièrement scandaleuse de ce point de vue. S’il n’est pas question de se plaindre ici du fait que les plus gros clients des banques chypriotes vont y laisser des plumes, on notera cependant que sont épargnées les banques européennes, notamment allemandes, qui ont pourtant et pendant des années tiré profit du paradis fiscal que constituait Chypre. Et en fin de compte, comme c’est le cas en Grèce, au Portugal ou en Irlande, ce sont finalement les Chypriotes qui vont payer les conséquences de l’effondrement de l’économie qui sera la conséquence immédiate de ce « sauvetage ».
Cet épisode a montré aussi l’ampleur de la dérive vers une gestion autoritaire de l’Union européenne. Pour la première fois en effet, c’est un organisme non élu, la Banque centrale européenne, qui a dicté ouvertement les termes de l’accord, adressant au passage un véritable ultimatum au Parlement élu de Chypre. Celui-ci, qui avait rejeté le plan initial une semaine auparavant, n’aura même pas à se prononcer cette fois, les lois nécessaires à la mise en œuvre du plan ayant déjà été adoptées.
Même les ministres des Finances de la zone euro (le Conseil EcoFin), qui constituent pourtant l’instance politique en principe compétente en dernier ressort dans ce domaine, ont en réalité fait tapisserie toute la nuit, en attendant les résultats d’une « négociation » avec le président chypriote, à laquelle seuls le président du Conseil européen, ceux de la Banque centrale et de la Commission européennes et Christine Lagarde pour le Fonds monétaire international, ont participé effectivement. Ce qui resserre encore le cercle de celles et ceux qui prennent en réalité les décisions, sous la pression – le cas de Chypre l’a montré de façon particulièrement éclatante – de la puissance économique dominante en Europe. Le « couple franco-allemand » est en l’occurrence tout à fait hors-circuit au bénéfice de la seule partie allemande, avec le soutien actif des pays riches du Nord du continent.
Dans ce nouveau dossier sur l’Europe, nous avons cherché précisément à faire le point sur cet « entêtement austéritaire », alors que tant de voix, d’horizons très divers, se sont fait entendre ces derniers mois pour mettre en garde contre l’impasse et même le risque qu’il présente pour la zone euro et même pour l’Union européenne dans son ensemble.
En décrivant le « millefeuille de la gouvernance européenne », Louis Weber présente le nouveau dispositif institutionnel qui, de l’introduction du semestre européen à l’adoption du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), en passant par le Mécanisme européen de solidarité, vise concrètement à renforcer la mise sous tutelle européenne (plus précisément de la Commission) des gouvernements des États membres en matière de politique budgétaire. Dans ce cadre strictement contraint, la décision économique échappe de plus en plus aux instances élues pour revenir aux experts et à la bureaucratie européenne.
Antoine Vauchez reprend dans son article la question de la prise de décision et du pouvoir sous un autre angle en mettant à nu le fonctionnement et le nouveau rôle de la Cour de Justice de l’Union européenne (la Cour de Luxembourg). Pour lui, il n’est pas exagéré de dire que le destin de la démocratie européenne se joue de plus en plus dans ce prétoire. Ce qui, pour l’instant tout au moins, déroute en partie la critique en France, où la tendance est plutôt à rechercher le pouvoir dans les institutions « politiques ». Il montre à travers de nombreux exemples qu’il n’est que temps de « chausser les lunettes de la politique européenne » et prendre la mesure du pouvoir judiciaire qui s’y est développé à mesure que déclinaient le projet et les ambitions politiques au plan communautaire.
Dans un entretien réalisé pour ce dossier, Cédric Durand revient sur les fondements mêmes de la construction européenne. Pour lui, il n’y a pas de doute : le modèle qui s’est imposé de plus en plus est celui théorisé il y a plusieurs décennies par l’ordolibéralisme allemand. Il ne se confond pas avec celui des libéraux et de la croyance aux vertus de la main invisible du marché. Pour que le marché puisse fonctionner et l’équilibre être atteint, les États doivent mettre en place et maintenir un cadre institutionnel et juridique contraignant permettant aux mécanismes de marché de fonctionner. Comme il faut fixer des règles du jeu à cette fin, ce rôle revient aux experts plutôt qu’aux politiques. Ce que les textes récemment adoptés en Europe illustrent parfaitement.
Pierre Khalfa montre que le mouvement de résistance à l’Europe néolibérale que nous connaissons aujourd’hui a déjà une longue histoire. Paradoxalement, il a connu un développement important dans un cadre plus large avec l’émergence du mouvement altermondialiste. Mais le Forum social européen, qui avait pour ambition de créer un mouvement social européen, s’est progressivement enlisé dans des procédures et des rencontres sans prise réelle sur les luttes dans les divers pays et au niveau européen. Sous l’impulsion principale du mouvement syndical, avec la participation de la Confédération européenne des syndicats qui a fini par franchir le Rubicon en condamnant pour la première fois de son histoire un traité européen avec le TSCG, un processus nouveau est en cours à travers la Joint social conference. Le projet d’Altersummit est une première initiative qui, avec le soutien de quelques forces politiques, visent à dépasser le stade de la résistance pour élaborer des propositions communes rassemblées dans un Mémorandum des peuples en cours d’élaboration. Ce texte est repris dans ce dossier, au titre de la documentation.

Sommaire

Éditorial

La droite française, l’Europe et l’ « effet phobie », par Frédéric Lebaron

Dossier

Europe : la dictature de l’austérité, coordonné par Frédéric Lebaron et Louis Weber
Un millefeuille pour la gouvernance économique, par Louis Weber
L’Union par le droit, par Antoine Vauchez
Un césarisme bureaucratique Entretien, avec Cédric Durand
Du Forum social européen à l’Altersummit, par Pierre Khalfa
Une Europe post-démocratique ?

Grand entretien avec Annie Collovald

Trois décennies de travaux sur les mobilisations politiques et sociales

Paroles

De Sciences Po aux prud’hommes

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche, par Louis Weber

Enquête (2)

Sociogenèse du «  Front de Gauche  ». Entretien avec Patrice Bessac

La rhétorique réactionnaire

Le PS est-il « de gauche » ? par Gérard Mauger

Alterindicateurs

Rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi, suite… et fin ? par Frédéric Lebaron

Actualité

L’UMP, par Anne-Sophie Petitfils

Chronique écossaise

Nova Scotia ? par Keith Dixon

Culture

Le monde des choses matérielles, par Gérard Mauger
Robert Castel (1933–2013), par Gérard Mauger


mercredi 30 janvier 2013

en ligne: Fondation Copernic, "Plus de flexibilité pour le patronat et plus de sécurité pour le patronat"

Un accord "donnant-perdant" pour les salariés : l’ANI décrypté | Fondation Copernic

Un accord "donnant-perdant" pour les salariés : l’ANI décrypté

25 janvier 2013

Rarement un accord national interprofessionnel (ANI) aura entériné autant de reculs pour les salarié-e-s que celui conclu le 11 janvier 2013 entre le patronat et trois syndicats. La Fondation Copernic met à la disposition de tou-te-s un décryptage complet du texte de l’accord (ci-dessous) et lance avec Attac un appel à la mobilisation.

Découvrez le texte intégral de cette analyse critique sur lecteur (une présentation et le pdf sont également disponibles ci-dessous, avec les annexes évoquées dans le texte) :






La Fondation Copernic et Attac ont décidé, par conséquent, d’appeler tous les acteurs du mouvement social et syndical, ainsi que des partis de la gauche et de l’écologie politique à organiser la mobilisation nécessaire pour s’opposer à cet accord.


Pour référence, le texte intégral de l’ANI conclu le 11 janvier 2013 :



Texte et annexes en pdf :


 

(source: Fondation Copernic)

jeudi 6 décembre 2012

écouter: Michel Husson et Stéphanie Treillet, En finir avec la compétitivité. Le contre-rapport

écouter: Michel Husson, Stéphanie Treillet, et le réalisateur François Manceaux, avec des extraits de son film Portugal, La voie de l’incertitude (Paquita Romson Production, 2012)
Emission de radio de la Fondation Copernic sur Fréquence Paris Plurielle, 23.11.2012
En finir avec la compétitivité 
Le contre-rapport 
Les Notes et Documents de la Fondation Copernic
Syllepse
2012
 
Présentation de l'éditeur
Après le rapport Gallois, il fallait un contre-rapport qui parte d'une autre logique que celle du capital. Le voilà!
Le Medef exigeait un « choc » de compétitivité et il se félicite ouvertement du « pacte » adopté par le gouvernement après le rapport Gallois.
Le coût jugé excessif du travail est désigné comme la cause majeure du chômage et de la désindustrialisation de la France. Sont ainsi passées sous silence l’envolée des dividendes – c’est-à-dire ce que coûte le capital –, la faiblesse des investissements consacrés à la recherche et au développement et la surévaluation de l’euro.
En guise de changement, le gouvernement met en place un dispositif qui ne peut qu’aggraver la situation économique et sociale en se ralliant aux dogmes libéraux : comprimer les salaires et la protection sociale, diminuer les dépenses publiques et augmenter la TVA.
Attac et la Fondation Copernic décortiquent minutieusement ces fausses solutions et montrent que pour sortir de la crise, il faut faire cesser la préférence pour les actionnaires et engager dès maintenant un autre mode de développement fondé sur la coopération et non sur la compétitivité.
La Fondation Copernic et Attac ont mis en commun leurs forces pour produire ce contre-rapport.
Thomas Coutrot, économiste, membre du conseil scientifique d’Attac;  Jean-Marie Harribey, économiste, membre d’Attac et de la Fondation Copernic; Norbert Holcblat, économiste, membre de la Fondation Copernic; Michel Husson, économiste, membre de la Fondation Copernic et du conseil scientifique d’Attac; Pierre Khalfa, co-président de la Fondation Copernic, membre du Conseil économique, social et environnemental;
Christiane Marty, ingénieure, membre du conseil scientifique d’Attac; Jacques Rigaudiat, économiste, membre du bureau de la Fondation Copernic; Stéphanie Treillet, économiste, membre de la Fondation Copernic et du conseil scientifique d’Attac.

mercredi 18 janvier 2012

video: Conférence internationale « Leur dette, notre démocratie », 15 janvier 2012

Conférence internationale « Leur dette, notre démocratie » organisée par Attac en partenariat avec Médiapart - Dimanche 15 janvier 2012, Paris

Le tribunal populaire des banques
Courte pièce satirique sur les délires et les dérives de la finance, coproduite par la Compagnie Naje et Attac.





3 ème table ronde: Quels remèdes à la crise démocratique européenne ?


Frédéric Lordon


Pierre Khalfa