« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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jeudi 18 avril 2024

Actes de la recherche en sciences sociales, n°251. Affaires publiques, intérêts privés

 

 
 
Actes de la recherche en sciences sociales, n°251. Affaires publiques, intérêts privés
Seuil
2024 


Présentation de l'éditeur

Enrôlés dans la promotion du marché concurrentiel, de l’entreprise compétitive et de la financiarisation, le droit et la justice sont au cœur du néolibéralisme. Ce dossier prend pour objet un processus moins documenté : la façon de dire le droit et de réguler du pouvoir étatique est devenue un objet de négociations et de transactions marchandes que les politiques publiques encouragent.

Les États commercialisent une fraction de leur souveraineté juridique. Des traités d’investissement remettent en cause le « droit de réguler » afin de construire un climat favorable aux détenteurs de capitaux étrangers ; des formes de transaction permettent aux grandes entreprises de négocier leurs peines et d’éviter le procès pour fraude et corruption ; la promotion d’une « culture de l’innovation » offre aux entreprises étrangères un statut juridique et fiscal dérogatoire ; enfin, des compétences régaliennes, comme l’attribution de visas, sont octroyées en contrepartie d’investissements.

Certes, la souveraineté juridique n’a jamais atteint la pureté du modèle du monopole. Le droit de dire le droit a toujours été un champ de luttes dont les organisations étatiques ne sont qu’une partie des acteurs. Pour autant, la façon dont le pouvoir règlementaire et le pouvoir de justice se trouvent redéfinis dans leurs conditions d’exercice a été peu étudiée. Ce dossier décrit les contours d’une puissance publique qui s’ajuste aux conditions néolibérales, en élargissant l’espace de négociation des règles du droit au cœur même de l’État.

 

jeudi 25 mai 2017

écouter: Antoine Vauchez et Pierre France, Sphère publique, intérêts privés. Enquête sur un grand brouillage


écouter: Antoine Vauchez et Pierre France, Sphère publique, intérêts privés. Enquête sur un grand brouillage
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 20.05.2017

Pierre France
Antoine Vauchez
Sphère publique, intérêts privés
Enquête sur un grand brouillage
Presses de Sciences Po
Académique
2017

Présentation de l'éditeur
Une ministre de l'Économie, ancienne avocate internationale, qui recourt à l’arbitrage privé pour régler le différend de l’État avec Bernard Tapie ; six anciens secrétaires généraux (et adjoints) de l’Élysée qui rejoignent les grands cabinets du barreau d’affaires parisien ; des armadas d’avocats appelés au chevet de l’État pour sécuriser un partenariat public-privé ou pour assurer l’entrée en bourse du groupe Areva, etc.
Si la frontière entre le public et le privé n’a jamais relevé de la ligne claire, le brouillage a pris récemment une ampleur nouvelle. Sous l’effet d’un tournant néolibéral qui a érigé l’État régulateur en acteur clé du gouvernement des marchés privés, une zone de contiguïté et d’échanges sans précédent s’est créée.
Figure récente en pleine ascension, l’avocat d’affaires incarne mieux que tout autre ce nouveau mélange des genres. En suivant le rôle qu’il a acquis aux confins de l’État et du marché, les auteurs de cette passionnante enquête explorent les contours de cette zone grise à la périphérie des institutions politiques et administratives : comment elle est née, comment elle a progressivement prospéré et ce qu’il nous en coûte aujourd’hui, politiquement et démocratiquement.
Pierre France est doctorant en science politique à l'Université Pairs 1 Sorbonne
Antoine Vauchez est directeur de recherche au CNRS au Centre Européen de sociologie et de science politique (Université Paris 1 Sorbonne - Ehess). Il est notamment l'auteur de l'Union par le droit. Linvention d'un programme institutionnel pour l'Europe (Presses de Sciences Po, 2013) et de Démocratiser l'Europe ("La république des idées, Seuil, 2014  

jeudi 18 février 2016

Dictionnaire des acteurs de l'Europe, Sous la direction de Elisabeth Lambert Abdelgawad et Hélène Michel

Dictionnaire des acteurs de l'Europe
Sous la direction de
Elisabeth Lambert Abdelgawad
Hélène Michel
Larcier
Dictionnaires Larcier
2014


Présentation de l'éditeur
Si l’Europe est désormais une réalité incontournable, elle reste malheureusement trop souvent appréhendée à travers ses institutions, qu’il s’agisse de celles de l’Union européenne (Commission européenne, Parlement européen, Cour de Justice de l’UE, Banque centrale européenne…) ou de celles du Conseil de l’Europe (Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Cour européenne des droits de l’homme…).
L’originalité de ce dictionnaire est de donner à voir l’Europe à travers ses acteurs, ceux qui travaillent au sein de ses institutions ou en constantes relations avec elles, ceux qui sont les destinataires des actions européennes, ceux au nom de qui des réformes sont menées, ceux qui promeuvent l’Europe ou encore ceux qui la combattent. Pour ce faire, il adopte une perspective large, interdisciplinaire, tenant ensemble ce qui est classiquement séparé, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe.
Ce dictionnaire réunit les meilleurs spécialistes sur chacune des entrées du dictionnaire qui livre un état des connaissances et des questionnements les plus actuels sur les acteurs de l’Europe. Il s’adresse aux étudiants, enseignants et chercheurs intéressés par l’Europe qui trouveront avec ce dictionnaire un précieux outil de référence et de réflexion pour apprendre sur l’Europe et sortir des routines de pensée sur cet objet. Il s’adresse aussi aux « professionnels de l’Europe » qui trouveront un ouvrage indispensable à la compréhension de leur environnement européen et plus largement à tout lecteur soucieux de comprendre l’Europe à travers ses acteurs.
Elisabeth Lambert Abdelgawad
Directrice de recherche C.N.R.S., Senior Expert pour l'Agence des droits fondamentaux.
Hélène Michel est professeure des universités en science politique à l’Université de Strasbourg, membre de l’Institut Universitaire de France et directrice de l’UMR SAGE (Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe). Elle dirige le Master Politiques  européennes de l’IEP de Strasbourg.

jeudi 22 octobre 2015

Nouveau manuel de science politique, Sous la direction de Bernard Lacroix, Antonin Cohen, Philippe Riutort (Nouvelle édition revue et augmentée)


Nouveau manuel de science politique
Sous la direction de Bernard Lacroix, Antonin Cohen, Philippe Riutort
Nouvelle édition revue et augmentée
La Découverte
Grands Repères Manuels
2015 



Présentation de l'éditeur
Cette nouvelle édition propose une présentation, entièrement revue et augmentée, des connaissances disponibles en science politique. Unique manuel collectif en langue française, mobilisant l’expertise de plus de 80 auteurs, il réunit les meilleurs spécialistes des nombreux thèmes abordés.
La diversité de ces thèmes, des objets les plus classiques de la discipline aux thèmes les plus contemporains, le traitement novateur de certaines questions, l’attention particulière accordée aux relations transnationales et à la politique comparée, la discussion des auteurs de sociologie, l’historicisation des processus sociaux qui ont donné corps à la politique moderne font de cet ouvrage un outil de travail indispensable et incomparable.
Il s’adresse aux étudiants en science politique et aux étudiants de droit, histoire, sociologie, économie ayant des options de science politique au programme dans le cadre de leur cursus LMD, au sein des universités comme des instituts d’études politiques, en France et dans les pays francophones. Par sa clarté pédagogique et son exhaustivité thématique et bibliographique, il est destiné aux étudiants de tous niveaux, de la L1 au M2 (incluant la préparation aux concours). 
Avant-propos
Chapitre introductif : L'analyse des phénomènes politiques
Introduction
1. Qu’est-ce que la politique ?, par Antonin Cohen, Bernard Lacroix, Philippe Ruitort

1. Une question de définition
2. Un point de vue wébérien
L’anthropologie politique, par Alban Bensa
2. Qu’est-ce que la science politique ?, par Antonin Cohen, Bernard Lacroix, Philippe Ruitort
1. La quête illusoire des origines
2. Une lente et partielle autonomisation académique
3. Une « vraie » science
I / Genèses des groupements politiques
Introduction
1. Vie et mort des groupements et des formes politiques, par Xavier Landrin

1. La construction de l’ordre féodal
2. L’invention du passé national
2. Genèses et constructions de l’État moderne, par Bernard Lacroix
1. La monopolisation : conquête des monopoles et conquête territoriale
2. La puissance publique : serviteurs de l’État et raison d’État
3. Constructions pratiques et symboliques des frontières politiques, par Arnault Skornicki
1. Borner, mesurer, compter l’État
2. Représenter l’État
II / Figures historiques de l'État parlementaire
Introduction
1. La division du travail en politique, par Éric Phélippeau

1. Mandants et mandataires : la différenciation de rôles politiques
2. L’autonomisation et laspécialisation de la politique moderne
3. La professionnalisation des auxiliaires du travail politique
2. L’apprivoisement du suffrage universel, par Alain Garrigou
1. Politisation et démocratisation
2. Émancipation et domestication des dominés
3. Vote et science de la politique
3. La genèse de la concurrence pour la ratification : les partis politiques, par Hervé Fayat
1. Une question de définition et de méthode
2. Sociogenèse des partis et configuration des rapports de représentation
3. L’établissement d’une concurrence partisane
III / Différenciations des formes de pouvoir
Introduction
1. Concurrence entre élites et champ du pouvoir, par Christophe Charle

1. Bilan historiographique
2. Modèle napoléonien et modèle prussien
3. L’impossible modèle anglais
4. Le compromis républicain
5. Une spécificité française : la bourgeoisie de robe
6. Les nouveaux conflits de légitimité
2. Les formes de concurrence non démocratique
2.1 Le fascisme et le nazisme, par Enzo Traverso

1. Aux origines du fascisme
2. L’idéologie fasciste
3. Fascisme italien et nazisme allemand : quelles différences ?
2.2 Le soviétisme, par Bernard Pudal

1. Une fausse piste : le concept de totalitarisme
2. La matrice soviétique
3. La question de la bureaucratie
4. Dictatures, violences politiques et reproduction du régime politique
3. Les concurrences « ailleurs »
3.1 La Chine, par Stéphanie Balme

1. Que faire de la géographie et de l’Histoire ?
2. Le triptyque institutionnel : État, Parti, Armée
3. Conflits de légitimité : le droit au cœur du politique
3.2 L’Inde, par Roland Lardinois
1. Religions, castes et langues
2. Société et politique
3.3 La Russie, par Marie Mendras
1. Le conflit inégal, nerf du régime
2. L'affaiblissement des institutions publiques et le « contrat social »
3. La radicalisation dans un contexte de récession
3.4 Le monde arabe, par Bernard Rougier
1. Concurrences régionales et pluralisme politique
2. La gestion volontaire de la conflictualité sociale
3. Les contradictions internes du bloc autoritaire
4. Les concurrences au sein de l’État corporatiste
5. Les concurrences au sein de l’espace religieux
3.5 L’Afrique, par Luc Sindjoun
1. La concurrence politique comme concurrence guerrière
2. La concurrence politique comme concurrence pacifique
4. Les transitions démocratiques
4.1 La transitologie, par Frédéric Zalewski
4.2 L'Amérique latine, par David Garibay

Des transitions paradigmtiques
Des changements politiques en quête de légitimation
4.3 En Europe centrale et orientale, par Frédéric Zalewski
1. Une variété de voies de sorties du communisme
2. Les enjeux du postcommunisme
4.2 En Afrique, par Mamoudou Gazibo
1. La dynamique de la transition en Afrique
2. La problématique de la consolidation des transitions africaines
IV / Le champ du pouvoir
Introduction
1. Le pouvoir de la force
1.1 Les forces armées, par Jean Joana

1. Genèses de l’administration militaire
2. Pouvoir militaire et pouvoir politique : quelles relations ?
1.2 Les forces de police, par Laurent Bonelli
1. Police des villes, police de l’État
2. Les métiers policiers
2. Le pouvoir judiciaire, par Antoine Vauchez
1. Justice et Politique
2. Sociologie politique de la judiciarisation
3. Le pouvoir économique
3.1 Les groupes d’intérêt, par Hélène Michel

1. Genèse et pérennisation des groupes d’intérêt
2. Les groupes d’intérêt dans des configurations étatiques
3. Pratiques de défense et enjeux de l’action collective
3.2 Les grands patrons et la politique, par François-Xavier Dudouet, Hervé Joly et Antoine Vion
1. L'engagement des patrons en politique
2. Le soutien patronale aux entreprises poliques
3. La circulation des dirigeants entre l'État et l'entreprise
4. Le pouvoir religieux et l’État en France, par Yann Raison du Cleuziou
1. Deux universalismes concurrents
2. Entre émancipation et dépendance
3. Un espace de socialisation politique paradoxal
4. Recompositions du « croire » et recompositions politiques
5. La politique religieuse et l’impensé de la laïcité
6. Les enjeux du symbolique
V. La domination bureaucratique
Introduction
1. Les hauts fonctionnaires et la politique, par Françoise Dreyfus

1. Élite administrative, élite sociale ?
2. Des nominations politisées ?
3. L’élite administrative en politique
4. Les hauts fonctionnaires, acteurs des politiques publiques ?
2. Administration et pouvoir local, par Christian Le Bart

1. Le temps des notables et de l’administration locale
2. Le temps des entrepreneurs politiques
3. L’action publique, par Vincent Dubois
1. Les héritages d’une discipline appliquée
2. Les configurations sociales de l’action publique
3. De la construction des problèmes publics aux modes de gouvernement
VI / Le champ politique
Introduction
1. Le recrutement social des professionnels de la politique, par Nicolas Hubé

1. Classe, élite(s), oligarchie ? Les professionnels de la politique
2. La politique comme profession
3. La sélection sociale du personnel politique
2. Les institutions politiques, par Delphine Dulong
1. La fondation des institutions
2. La socialisation institutionnelle
3. La légitimation des institutions politiques
3. Les rapports ordinaires à la politique, par Pierre Lefébure
1. L’enjeu d’une définition extensive du rapport au politique
2. Les propriétés sociales comme sources des rapports ordinaires au politique
3. Les situations et les contextes dans l’activation des rapports ordinaires au politique
4. Apports interdisciplinaires pour saisir les rapports ordinaires au politique
VII / Le phénomène électoral
Introduction
1. L’opération électorale, par Christophe Voilliot

1. Genèse de l’opération électorale
2. Le vote en actions et en représentations
3. Les aléas d’un modèle
2. Le travail de mobilisation électorale, par Rémi Lefebvre
1. L’invention des campagnes électorales
2. Professionnalisation des campagnes et bricolages électoraux
3. Transformations et continuité de la mobilisation électorale
3. Les explications du vote, par Patrick Lehingue
1. André Siegfried : le précurseur en France
2. Lazersfeld et l’École de Columbia : la naissance des grandes enquêtes
3. Un héritage controversé
4. Variables sociales objectives et subjectives
VIII / L’entreprise partisane
Introduction
1. Partis et configurations partisanes, par Michel Offerlé

1. Typologies et travaux de terrain
2. Définir les partis politiques
3. Configurations partisanes
4. Les partis comme relation sociale
5. Caractéristiques partisanes
2. Le leadership partisan, par Julien Fretel
1. L’institutionnalisation du leadership partisan
2. Devenir dirigeant de parti
3. Ce que gouverner un parti veut dire
3. Investissements et désinvestissements partisans, par Philippe Juhem
1. L’investissement au sein des partis de gestion gouvernementale
2. Flux et reflux des investissements partisans amateurs
IX / Les mobilisations
Introduction
1. Répertoires d’action des mobilisations, par Erik Neveu

1. Le modèle de Tilly
2. Le répertoire comme mobilisation de ressources
3. Varier les répertoires
4. Un répertoire de troisième génération ?
2. Émergence et développement des mobilisations, par Olivier Fillieule
1. Structures et infrastructures du mécontentement
2. Dynamiques de la mobilisation
3. Dynamiques et effets des mobilisations, par Erik Neveu
1. Les dispositifs de filtrage et d’accueil
2. Identifier des impacts
3. Des mobilisations aux révolutions
4. Les effets des mouvements sur les groupes mobilisés
X / Le travail de mise en forme symbolique de la politique
Introduction
1. Mises en scène du pouvoir politique, par Philippe Riutort

1. Récits du pouvoir et pouvoir du récit : les mises en forme de l’autorité politique
2. Le pouvoir politique et ses contestations symboliques
2. Intellectuels et politique, par Frédérique Matonti
1. Les intellectuels avant les « intellectuels »
2. Les intellectuels et leurs engagements politiques
3. Médias et politique, par Philippe Riutort
1. La lancinante question des effets : médias et comportements politiques du public
2. L’activité politique sous contrainte médiatique
XI / La construction européenne
Introduction
1. Construction des espaces de pouvoir transnationaux en Europe, par Antonin Cohen

1. La dynamique des concurrences entre États européens
2. La genèse de l’espace de pouvoir transnational européen
3. Institutionnalisation des espaces de pouvoir transnationaux européens
2. La dynamique endogène des institutions européennes, par Antonin Cohen
1. Les transformations politiques et sociales des institutions
2. La formation d’un « milieu communautaire »
3. La fabrique de la décision supranationale
3. L’Europe au quotidien, par Romain Pasquier et Julien Weisbein
1. L’Europe au quotidien : quels acteurs ?
2. L’Europe au quotidien : les mécanismes de changements
3. L’Europe au quotidien : quels effets ?
XII / Les relations internationales
Introduction
1. La théorie des relations interétatiques, par Dario Battistella

1. Les relations interétatiques comme rapports de puissance : la théorie (néo)réaliste
2. Les relations interétatiques comme rapports de coopération : l’antithèse (néo)libérale
3. Les relations interétatiques comme rapports d’identité : la tentative de synthèse constructiviste
2. Espaces de pouvoirs nationaux, espaces de pouvoir internationaux, par Yves Dezalay et Mikael Rask Madsen
1. Des réseaux transnationaux sans ancrage national
2. World Society et dynamique de découplage
3. Les flux internationaux : ordre politique et changement social, par Didier Bigo
1. Flux, État, ordre et changement
2. La gestion des flux par les États : le récit réaliste de l’ordre gouvernemental
3. Penser les flux et le changement : liquidité et/ou lignes de fuite ? Sociologie politique de l'international
Conclusion. Le rapport savant à la politique
Bibliographie
Lexique
Index des noms
Index des notions
Les directeurs
Les auteurs.

Bernard Lacroix est professeur émérite de sciences politiques à l'université de Paris-X-Nanterr et membre senior honoraire de l'Institut universitaire de France. Il a publié notamment L'utopie communautaire (PUF, 2eédition 2006), et Durkheim et le politique (PFSP, 1981), ainsi qu'en collaboration Le président de la République. Usages et genèses d'une institution avec Jacques Lagroye (PFNSP, 1992) et Norbert Elias, la politique et l'histoire avec Alain Garrigou (1997).
Antonin Cohen est professeur agrégé des universités en science politique. Il enseigne àl'université de Rennes-I et est membre de recherches de l'action politique en Europe (Crape/CNRS). Il a codirigé le Nouveau manuel de science politique aux Éditions La Découverte (2009 ; 2015).
Philippe Riutort est professeur de chaire supérieure en sciences sociales au lycée Henri-IV à Paris et membre du Laboratoire communication et politique (LCP/IRISSO/CNRS). Il a codirigéLes Formes de l’activité politique (PUF, 2006), Nouveau manuel de science politique (avec A. Cohen et B. Lacroix, La Découverte, "Grands Repères/manuels", 2009), et est l’auteur du Précis de sociologie (PUF, 2004).

lundi 8 juin 2015

Guide de l’enquête globale en sciences sociales, Sous la direction de Johanna Siméant

Guide de l’enquête globale en sciences sociales
Sous la direction de Johanna Siméant
CNRS
2015

Présentation de l'éditeur
Guerre, diaspora, ONG… Les objets, espaces et discours de l’international bouleversent les approches et appellent à des méthodes d’enquête spécifiques. C’est le propos de ce guide, outil pour chercheurs et étudiants qui voudraient s’aventurer en sociologie de l’international. Un ouvrage didactique et accessible, à la manière du Métier de sociologue de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, combinant textes théoriques des grands auteurs et mise en perspective d’extraits couvrant tel aspect ou exemple précis de la démarche d’enquête.
Compétition pour la suprématie culturelle des élites intellectuelles, marché des savoirs et de l’expertise, circulations des biens culturels, foires et salons internationaux… Autant de thèmes traités dans cet ouvrage, qui invite à adapter les sciences sociales aux défis du monde globalisé.
Ouvrage coordonné par Johanna Siméant, Romain Lecler, Cécile Rabot, Bertrand Réau, Sébastien Roux et Anne-Catherine Wagner.  
Johanna Siméant. Professeure de science politique à l’université Paris I, Johanna Siméant est l’auteure de nombreux ouvrages, parmi lesquels La cause des sans-papiers (1998), Le travail humanitaire (2002) et La grève de la faim (2009).
TABLE DES MATIERES
Introduction. Johanna Siméant - Face à l’international. Textes et pratiques de l’enquête en
sciences sociales
PREMIERE PARTIE :
Chapitre 1. Johanna Siméant, Florent Pouponneau, Victoria Lickert – Échelles, récifs,
bureaux – terrains du politique à l’international
Chapitre 2. Anne-Catherine Wagner, avec Bertrand Réau – Le capital international : un
outil d’analyse de la reconfiguration des rapports de domination
Chapitre 3. Meryll David, Leonora Dugonjic, Romain Lecler – Analyser les politiques de
mondialisation
Chapitre 4. Gisèle Sapiro, Jérôme Pacouret – La circulation des biens culturels : entre
marchés, États et champs
Chapitre 5. Marie-France Garcia-Parpet, Romain Lecler, Gustavo Sóra – Foires, salons et
marchés internationaux. Circulation des biens symboliques et mondialisation des
places marchandes
Chapitre 6. Dominique Marchetti - Les espaces de la migration des biens culturels
transnationaux. À propos des logiques de production et de circulation de
l’information journalistique transnationale
Chapitre 7. Boris Attencourt, Afranio Garcia – Compétition pour la suprématie culturelle et
stratégies internationales des élites intellectuelles
Chapitre 8. Nehara Feldman, Sébastien Roux – Des vies actuelles. Expériences
contemporaines d’un monde globalisé
Chapitre 9. Yves Dezalay, Olivier Nay, introduit par Johanna Siméant - Le marché des
savoirs de réforme : circulations de l’expertise de gouvernement et reproduction des
hiérarchies internationales
Chapitre 10. Antoine Vauchez, Didier Georgakakis - Le concept de champ à l’épreuve de
l’Europe
DEUXIEME PARTIE : TEXTES CHOISIS
1. THEORIES ET CONSTRUCTIONS D’OBJET (textes de F. Cooper, N. Guilhot, D.
Bigo, E. Durkheim, N. Elias, A. Gramsci, I. Wallerstein, A. de Swaan, J.-F. Bayart, P.
Bourdieu, J. Heilbron, B. Wilfert-Portal, D. Kennedy, O. Evard, S. Mahler et P. Pessar, E.
Zerubavel, T. Gowan)
2. LIEUX (textes de P.-Y. Saunier, F. Keck, H. Becker, E. Ollion, D. Edwards, K. Cetina, T.
Bestor, A. Mach, T. David, F. Bühlmann, R. Poli, L. Ravenel, R. Besson, J. Bonhomme, A.
M. Paul, A. Moran, A. ONG, D. M. Nonini, Y. Buchet de Neuilly, D. Ambrosetti, G. Sapiro,
A. Bokobza, C. Charle, S. Mahmood)
3. ENQUETES (textes de G. Daho, V. Gayon, S. Lefranc, C. Robert, M. Kingston de Leusse,
O. Fillieule et al., M. Darley, N. Chabloz, D. Bielby, P.-Y. Saunier, L. Boltanski, P.
Casanova, C. Charle, L. Jeanpierre)
4. PISTES (textes de P. Bourdieu, B. De l’Estoile, G. Steinmetz, M. & M. Pinçon-Charlot, V.
Karady, J.-F. Bayart, J. Roitman, C. Lutz, A. Béteille, A. Appadurai)

mardi 3 mars 2015

Antoine Vauchez, Brokering Europe. Euro-Lawyers and the Making of a Transnational Polity


Antoine Vauchez
Brokering Europe
Euro-Lawyers and the Making of a Transnational Polity
Cambridge University Press
2015

Version remaniée de L’Union par le droit. L’invention d’un programme institutionnel pour l’Europe, Presses de Sciences Po.


Présentation de l'éditeur
Since the 1960s, the nature and the future of the European Union have been defined in legal terms. Yet, we are still in need of an explanation as to how this entanglement between law and EU polity-building emerged and how it was maintained over time. While most of the literature offers a disembodied account of European legal integration, Brokering Europe reveals the multifaceted roles Euro-lawyers have played in EU polity, notably beyond the litigation arena. In particular, the book points at select transnational groups of multipositioned legal entrepreneurs which have been in a situation to elevate the role of law in all sorts of EU venues. In doing so, it draws from a new set of intellectual resources (field theory) and empirical strategies only very recently mobilized for the study of the EU. Grounded on an extensive historical investigation, Brokering Europe provides a revised narrative of the 'constitutionalization of Europe'.

  • Gives a deeper historical and sociological sense of the role of EU law, which will appeal to lawyers and in particular EU legal scholars
  • Suggests a renewed historiography of the role of professional networks, lawyers in particular, in shaping the historical trajectory of EU polity-building
  • Offers a new toolbox for social sciences through Pierre Bourdieu's critical sociology (in particular field theory)
  •  Antoine Vauchez is a Research Professor at the Centre européen de sociologie et de science politique, Université Paris 1-Sorbonne/CNRS.
Antoine Vauchez is a Research Professor at the Centre européen de sociologie et de science politique, Université Paris 1-Sorbonne/CNRS.

mercredi 26 février 2014

écouter: Antoine Vauchez, Démocratiser l'Europe

écouter: Antoine Vauchez, Démocratiser l'Europe
La suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 22.02.2014
Antoine Vauchez
Démocratiser l'Europe
Seuil
2014

Présentation de l'éditeur

L’Union européenne a beau avoir une assemblée, des députés, des rendez-vous électoraux, elle traverse une profonde crise démocratique. Depuis des décennies, le fossé entre l’Europe et les citoyens n’a cessé de se creuser. Les dirigeants ont fini par abandonner leur marge de manœuvre à des institutions « indépendantes » : Commission, Cour de justice, Banque centrale européenne. Ce faisant, ils ont accepté de ne plus jouer le premier rôle. Comment donner à l’Europe une légitimité démocratique ? Pour démocratiser véritablement l’Union, il ne s’agit pas tant de se caler sur le modèle de la démocratie nationale que de politiser et de démocratiser les institutions « indépendantes » elles-mêmes. Responsabilisation politique, meilleure représentativité sociale, ouverture de débats contradictoires pourraient y concourir puissamment. C’est peut-être aujourd’hui la dernière chance de l’Europe.
Antoine Vauchez est directeur de recherche au CNRS et membre du Centre européen de sociologie et de science politique (EHESS-université Paris I Sorbonne). Il a notamment publié L’Union par le droit. L’invention d’un programme institutionnel pour l’Europe (Presses de Sciences Po, 2013).
 

jeudi 6 février 2014

Antoine Vauchez, Démocratiser l'Europe

Antoine Vauchez
Démocratiser l'Europe
Seuil
2014

Présentation de l'éditeur
L’Union européenne a beau avoir une assemblée, des députés, des rendez-vous électoraux, elle traverse une profonde crise démocratique. Depuis des décennies, le fossé entre l’Europe et les citoyens n’a cessé de se creuser. Les dirigeants ont fini par abandonner leur marge de manœuvre à des institutions « indépendantes » : Commission, Cour de justice, Banque centrale européenne. Ce faisant, ils ont accepté de ne plus jouer le premier rôle. Comment donner à l’Europe une légitimité démocratique ? Pour démocratiser véritablement l’Union, il ne s’agit pas tant de se caler sur le modèle de la démocratie nationale que de politiser et de démocratiser les institutions « indépendantes » elles-mêmes. Responsabilisation politique, meilleure représentativité sociale, ouverture de débats contradictoires pourraient y concourir puissamment. C’est peut-être aujourd’hui la dernière chance de l’Europe.
Antoine Vauchez est directeur de recherche au CNRS et membre du Centre européen de sociologie et de science politique (EHESS-université Paris I Sorbonne). Il a notamment publié L’Union par le droit. L’invention d’un programme institutionnel pour l’Europe (Presses de Sciences Po, 2013).

samedi 30 novembre 2013

en ligne: Savoir/agir n° 23, Europe : la dictature de l’austérité

Savoir/agir n° 23
Europe : la dictature de l’austérité
éd. du Croquant
2013

Éditorial

La droite française, l’Europe et l’ « effet phobie », par Frédéric Lebaron

Dossier

Europe : la dictature de l’austérité, coordonné par Frédéric Lebaron et Louis Weber
Un millefeuille pour la gouvernance économique, par Louis Weber
L’Union par le droit, par Antoine Vauchez
Un césarisme bureaucratique Entretien, avec Cédric Durand
Du Forum social européen à l’Altersummit, par Pierre Khalfa
Une Europe post-démocratique ?

Grand entretien avec Annie Collovald

Trois décennies de travaux sur les mobilisations politiques et sociales

Paroles

De Sciences Po aux prud’hommes

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche, par Louis Weber

Enquête (2)

Sociogenèse du «  Front de Gauche  ». Entretien avec Patrice Bessac

La rhétorique réactionnaire

Le PS est-il « de gauche » ? par Gérard Mauger

Alterindicateurs

Rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi, suite… et fin ? par Frédéric Lebaron

Actualité

L’UMP, par Anne-Sophie Petitfils

Chronique écossaise

Nova Scotia ? par Keith Dixon

Culture

Le monde des choses matérielles, par Gérard Mauger
Robert Castel (1933–2013), par Gérard Mauger

samedi 8 juin 2013

Lawyering Europe. European Law as a Transnational Social Field, Edited by Antoine Vauchez and Bruno de Witte


Lawyering Europe 
European Law as a Transnational Social Field 
Edited by
Antoine Vauchez and
Bruno de Witte 
Hart Publishing
2013

Présentation de l'éditeur
While scholarly writing has dealt with the role of law in the process of European integration, so far it has shed little light on the lawyers and communities of lawyers involved in that process. Law has been one of the most thoroughly investigated aspects of the European integration process, and EU law has become a well-established academic discipline, with the emergence more recently of an impressive body of legal and political science literature on 'European law in context'. Yet this field has been dominated by an essentially judicial narrative, focused on the role of the European courts, underestimating in the process the multifaceted roles lawyers and law play in the EU polity, notably the roles they play beyond the litigation arena. This volume seeks to promote a deeper understanding of European law as a social and political phenomenon, presenting a more complete view of the European legal field by looking beyond the courts, and at the same time broadening the scholarly horizon by exploring the ways in which European law is actually made. To do this it describes the roles of the great variety of actors who stand behind legal norms and decisions, bringing together perspectives from various disciplines (law, political science, political sociology and history), to offer a global multi-disciplinary reassessment of the role of 'law' and 'lawyers' in the European integration process.

Antoine Vauchez is Research Professor at the CNRS/University of Paris I, Sorbonne. Bruno de Witte is Professor of Law at the University of Maastricht and at the Robert Schuman Centre of the European University Institute in Florence.

mercredi 10 avril 2013

Savoir/agir n° 23, Europe : la dictature de l’austérité

Savoir/agir n° 23
Europe : la dictature de l’austérité
éd. du Croquant
2013

Présentation de l'éditeur
Quelle que soit la façon dont on l’exprime, l’Europe est de plus en plus perçue comme une construction lointaine, hostile aux citoyens, source de politiques néfastes pour les populations et, singulièrement, pour les salariés. Les réunions successives du Conseil européen sont présentées par les médias comme autant d’échecs, laissant entendre que les chefs d’État seraient incapables de trouver des solutions à la crise qui touche l’Europe mais qui est aussi une crise de l’Europe. C’est en partie un leurre visant à dissimuler le fait que les politiques d’austérité sont imposées dans tous les pays membres de l’Union européenne. Après les référendums en France et aux Pays-Bas et le rejet du projet de Traité constitutionnel européen en 2005, la « législation » européenne est en effet en train de changer à marches forcées sous l’effet de la crise. Après l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne en décembre 2009, les pactes et traités se sont multipliés, au prétexte de venir en aide aux pays en difficulté et de tenter de « sauver » l’euro. En réalité, ces dispositifs visent tous à contraindre les États membres à généraliser les politiques d’austérité et, à travers elles, à casser définitivement ce qui reste du modèle social européen, le droit du travail, les services publics, etc.
Le plan de « sauvetage » de Chypre, adopté au forceps et au petit jour le 25 mars 2013, va plus loin que les mesures imposées par la Troïka (Banque centrale et Commission européennes, Fonds monétaire international) jusqu’ici à d’autres pays de la périphérie Sud de l’Union européenne ou à l’Irlande. On peut certes se réjouir que la résistance dans l’île, marquée par le vote unanime du Parlement, ait contraint la Troïka à renoncer à taxer les petits déposants, comme il en était question dans la première mouture du plan, particulièrement scandaleuse de ce point de vue. S’il n’est pas question de se plaindre ici du fait que les plus gros clients des banques chypriotes vont y laisser des plumes, on notera cependant que sont épargnées les banques européennes, notamment allemandes, qui ont pourtant et pendant des années tiré profit du paradis fiscal que constituait Chypre. Et en fin de compte, comme c’est le cas en Grèce, au Portugal ou en Irlande, ce sont finalement les Chypriotes qui vont payer les conséquences de l’effondrement de l’économie qui sera la conséquence immédiate de ce « sauvetage ».
Cet épisode a montré aussi l’ampleur de la dérive vers une gestion autoritaire de l’Union européenne. Pour la première fois en effet, c’est un organisme non élu, la Banque centrale européenne, qui a dicté ouvertement les termes de l’accord, adressant au passage un véritable ultimatum au Parlement élu de Chypre. Celui-ci, qui avait rejeté le plan initial une semaine auparavant, n’aura même pas à se prononcer cette fois, les lois nécessaires à la mise en œuvre du plan ayant déjà été adoptées.
Même les ministres des Finances de la zone euro (le Conseil EcoFin), qui constituent pourtant l’instance politique en principe compétente en dernier ressort dans ce domaine, ont en réalité fait tapisserie toute la nuit, en attendant les résultats d’une « négociation » avec le président chypriote, à laquelle seuls le président du Conseil européen, ceux de la Banque centrale et de la Commission européennes et Christine Lagarde pour le Fonds monétaire international, ont participé effectivement. Ce qui resserre encore le cercle de celles et ceux qui prennent en réalité les décisions, sous la pression – le cas de Chypre l’a montré de façon particulièrement éclatante – de la puissance économique dominante en Europe. Le « couple franco-allemand » est en l’occurrence tout à fait hors-circuit au bénéfice de la seule partie allemande, avec le soutien actif des pays riches du Nord du continent.
Dans ce nouveau dossier sur l’Europe, nous avons cherché précisément à faire le point sur cet « entêtement austéritaire », alors que tant de voix, d’horizons très divers, se sont fait entendre ces derniers mois pour mettre en garde contre l’impasse et même le risque qu’il présente pour la zone euro et même pour l’Union européenne dans son ensemble.
En décrivant le « millefeuille de la gouvernance européenne », Louis Weber présente le nouveau dispositif institutionnel qui, de l’introduction du semestre européen à l’adoption du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), en passant par le Mécanisme européen de solidarité, vise concrètement à renforcer la mise sous tutelle européenne (plus précisément de la Commission) des gouvernements des États membres en matière de politique budgétaire. Dans ce cadre strictement contraint, la décision économique échappe de plus en plus aux instances élues pour revenir aux experts et à la bureaucratie européenne.
Antoine Vauchez reprend dans son article la question de la prise de décision et du pouvoir sous un autre angle en mettant à nu le fonctionnement et le nouveau rôle de la Cour de Justice de l’Union européenne (la Cour de Luxembourg). Pour lui, il n’est pas exagéré de dire que le destin de la démocratie européenne se joue de plus en plus dans ce prétoire. Ce qui, pour l’instant tout au moins, déroute en partie la critique en France, où la tendance est plutôt à rechercher le pouvoir dans les institutions « politiques ». Il montre à travers de nombreux exemples qu’il n’est que temps de « chausser les lunettes de la politique européenne » et prendre la mesure du pouvoir judiciaire qui s’y est développé à mesure que déclinaient le projet et les ambitions politiques au plan communautaire.
Dans un entretien réalisé pour ce dossier, Cédric Durand revient sur les fondements mêmes de la construction européenne. Pour lui, il n’y a pas de doute : le modèle qui s’est imposé de plus en plus est celui théorisé il y a plusieurs décennies par l’ordolibéralisme allemand. Il ne se confond pas avec celui des libéraux et de la croyance aux vertus de la main invisible du marché. Pour que le marché puisse fonctionner et l’équilibre être atteint, les États doivent mettre en place et maintenir un cadre institutionnel et juridique contraignant permettant aux mécanismes de marché de fonctionner. Comme il faut fixer des règles du jeu à cette fin, ce rôle revient aux experts plutôt qu’aux politiques. Ce que les textes récemment adoptés en Europe illustrent parfaitement.
Pierre Khalfa montre que le mouvement de résistance à l’Europe néolibérale que nous connaissons aujourd’hui a déjà une longue histoire. Paradoxalement, il a connu un développement important dans un cadre plus large avec l’émergence du mouvement altermondialiste. Mais le Forum social européen, qui avait pour ambition de créer un mouvement social européen, s’est progressivement enlisé dans des procédures et des rencontres sans prise réelle sur les luttes dans les divers pays et au niveau européen. Sous l’impulsion principale du mouvement syndical, avec la participation de la Confédération européenne des syndicats qui a fini par franchir le Rubicon en condamnant pour la première fois de son histoire un traité européen avec le TSCG, un processus nouveau est en cours à travers la Joint social conference. Le projet d’Altersummit est une première initiative qui, avec le soutien de quelques forces politiques, visent à dépasser le stade de la résistance pour élaborer des propositions communes rassemblées dans un Mémorandum des peuples en cours d’élaboration. Ce texte est repris dans ce dossier, au titre de la documentation.

Sommaire

Éditorial

La droite française, l’Europe et l’ « effet phobie », par Frédéric Lebaron

Dossier

Europe : la dictature de l’austérité, coordonné par Frédéric Lebaron et Louis Weber
Un millefeuille pour la gouvernance économique, par Louis Weber
L’Union par le droit, par Antoine Vauchez
Un césarisme bureaucratique Entretien, avec Cédric Durand
Du Forum social européen à l’Altersummit, par Pierre Khalfa
Une Europe post-démocratique ?

Grand entretien avec Annie Collovald

Trois décennies de travaux sur les mobilisations politiques et sociales

Paroles

De Sciences Po aux prud’hommes

Chronique de la gauche de gauche

Front de gauche, par Louis Weber

Enquête (2)

Sociogenèse du «  Front de Gauche  ». Entretien avec Patrice Bessac

La rhétorique réactionnaire

Le PS est-il « de gauche » ? par Gérard Mauger

Alterindicateurs

Rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi, suite… et fin ? par Frédéric Lebaron

Actualité

L’UMP, par Anne-Sophie Petitfils

Chronique écossaise

Nova Scotia ? par Keith Dixon

Culture

Le monde des choses matérielles, par Gérard Mauger
Robert Castel (1933–2013), par Gérard Mauger


samedi 23 février 2013

Antoine Vauchez, L'Union par le droit. L'invention d'un programme institutionnel pour l'Europe

Antoine Vauchez
L'Union par le droit
L'invention d'un programme institutionnel pour l'Europe

Presses de Sciences Po
Coll. Références
2013


Présentation de l'éditeur
Constitution européenne, charte des droits fondamentaux, règle d'or budgétaire… L’intégration européenne frappe par l’extraordinaire continuité des formes qu’elle emprunte : par-delà les crises et les « sommets de la dernière chance », l’Europe politique ne cesse de se réinventer dans les termes du droit.
En quête des fondements historiques et sociaux de ce « juridisme » européen, l’ouvrage retrace le processus par lequel s’est bâti, en plusieurs décennies, un programme institutionnel – « l’Union par le droit » – capable de donner sens et unité à l’ensemble hétéroclite des communautés et des politiques européennes. Il révèle aussi le rôle essentiel qu’ont joué un ensemble d’acteurs et de groupes d’élite, universitaires notamment, dans la mutation des traités en un « système institutionnel » doté d’une logique propre et devenu le véritable conservatoire du projet communautaire.
Loin des travers d’une histoire héroïque de l’Europe en termes de crises ou de traités refondateurs, il démontre pourquoi et comment c’est le droit qui s’est imposé comme le levier principal par lequel l’Europe a pu s’affirmer comme nouveau centre de pouvoir.
 Antoine Vauchez est directeur de recherche au CNRS et membre du Centre européen de sociologie et science politique (Université Paris 1-Sorbonne). Ses travaux portent notamment sur les savoirs et les élites transnationales dans le gouvernement de l'Europe.

mercredi 2 janvier 2013

en ligne: Savoir/Agir n° 19, mars 2012, Comment les dominants dominent

en ligne: Savoir/Agir n° 19, mars 2012, Comment les dominants dominent

Éditorial

La fin de la démocratie européenne ? par Frédéric Lebaron

Dossier

Comment les dominants dominent ?, présentation par Frédéric Lebaron et Hélène Michel
Sur la domination, par Gérard Mauger
Pourquoi « occuper la Défense » ?, par Olivier Godechot
L’art de domestiquer l’impôt, par Alexis Spire
L’avocat d’affaires : un professionnel de la classe dirigeante ?, par Antoine Vauchez
Quel pouvoir de « l’eurocratie » ?, par Didier Georgakakis
Les métamorphoses de la domination sociale, par Sylvie Tissot

Grand entretien avec Monique de Saint-Martin

Reconversions et reproduction, des stratégies ouvertes

Paroles

« Comme en famille », par Benoît Coquard

La rhétorique réactionnaire

Mondialisation, altermondialisme, démondialisation, par Gérard Mauger

Chronique de la gauche de gauche

Présidentielle 2012 : bipolarisation et vote utile, par Louis Weber

Alterindicateurs

L’abstention est-elle une « pathologie sociale » ?, par Frédéric Lebaron

Europe

Vaclav Havel : portrait de l’homme politique en prophète, par Magdaléna Hadjiisky

Idées

Bourdieu et l’État, par Rémi Lenoir

samedi 3 mars 2012

Savoir/Agir n° 19, mars 2012, Comment les dominants dominent

 Savoir/Agir n° 19, mars 2012, Comment les dominants dominent, éditions du Croquant

Présentation
Le dossier de ce numéro est consacré aux élites. Pour les auteurs, il ne s’agit pas seulement de contribuer aux descriptions des inégalités croissantes, des pratiques des classes dominantes et de la violence de la domination d’une oligarchie. De nombreux discours contribuent à justifier les inégalités entre catégories sociales et à consolider la légitimité des élites. Qu’elles invoquent le « don » et aujourd’hui « l’excellence » des nantis, le « travail acharné » de ceux qui réussissent, ou encore la « chance » qu’ils ont su saisir, ces sociodicées rendent compte d’un ordre des choses largement intériorisé. Mêlant résignation face à un destin contre lequel on ne pourrait rien et volonté de réussir « à la force du poignet », ces discours multiformes contribuent à rendre acceptable la reproduction de la domination. Les auteurs qui ont contribué à ce dossier se sont focalisés sur ce qui fait les « élites » et comment elles réussissent à être ce qu’elles sont. En se demandant « comment les dominants dominent », ils veulent rendre compte des processus qui rendent la domination possible et qui empêchent sa remise en cause.

Éditorial

La fin de la démocratie européenne ? par Frédéric Lebaron

Dossier

Comment les dominants dominent ?, présentation par Frédéric Lebaron et Hélène Michel
Sur la domination, par Gérard Mauger
Pourquoi « occuper la Défense » ?, par Olivier Godechot
L’art de domestiquer l’impôt, par Alexis Spire
L’avocat d’affaires : un professionnel de la classe dirigeante ?, par Antoine Vauchez
Quel pouvoir de « l’eurocratie » ?, par Didier Georgakakis
Les métamorphoses de la domination sociale, par Sylvie Tissot

Grand entretien avec Monique de Saint-Martin

Reconversions et reproduction, des stratégies ouvertes

Paroles

« Comme en famille », par Benoît Coquard

La rhétorique réactionnaire

Mondialisation, altermondialisme, démondialisation, par Gérard Mauger

Chronique de la gauche de gauche

Présidentielle 2012 : bipolarisation et vote utile, par Louis Weber

Alterindicateurs

L’abstention est-elle une « pathologie sociale » ?, par Frédéric Lebaron

Europe

Vaclav Havel : portrait de l’homme politique en prophète, par Magdaléna Hadjiisky

Idées

Bourdieu et l’État, par Rémi Lenoir

mercredi 5 octobre 2011

International Political Sociology, 5(3), SPECIAL ISSUE - BOURDIEU AND THE INTERNATIONAL


International Political Sociology 5(3) SPECIAL ISSUE - BOURDIEU AND THE INTERNATIONAL

September 2011

Volume 5, Issue 3
Pages 219–347

SPECIAL ISSUE - BOURDIEU AND THE INTERNATIONAL

  1. Introduction to Symposium“A Different Reading of the International”: Pierre Bourdieu and International Studies (pages 219–224)Didier Bigo and Mikael R. Madsen
    Article first published online: 14 SEP 2011 | DOI: 10.1111/j.1749-5687.2011.00131.x
  2.  Pierre Bourdieu and International Relations: Power of Practices, Practices of Power (pages 225–258)Didier Bigo
    Article first published online: 14 SEP 2011 | DOI: 10.1111/j.1749-5687.2011.00132.x
  3. Reflexivity and the Construction of the International Object: The Case of Human Rights (pages 259–275)Mikael Rask Madsen
    Article first published online: 14 SEP 2011 | DOI: 10.1111/j.1749-5687.2011.00133.x
  4. The Struggle Over Global Higher Education: Actors, Institutions, and Practices (pages 314–326)Niilo Kauppi and Tero Erkkilä
    Article first published online: 14 SEP 2011 | DOI: 10.1111/j.1749-5687.2011.00136.x

  1. Contributions to the Forum: Inter- and Transnational Field(s) of Power

    1.  On a Field Trip with Bourdieu (pages 327–330)Rebecca Adler-Nissen
      Article first published online: 14 SEP 2011 | DOI: 10.1111/j.1749-5687.2011.00137_1.x
    2. Bourdieu Hits Brussels: The Genesis and Structure of the European Field of Power (pages 335–339)Antonin Cohen
      Article first published online: 14 SEP 2011 | DOI: 10.1111/j.1749-5687.2011.00137_3.x
  2. SPECIAL ISSUE - BOURDIEU AND THE INTERNATIONAL

    1. Contributors (pages 346–347)Article first published online: 14 SEP 2011 | DOI: 10.1111/j.1749-5687.2011.00138.x

jeudi 22 septembre 2011

Lawyers and the Construction of Transnational Justice. Edited by Yves Dezalay and Bryant Garth

Lawyers and the Construction of Transnational Justice
Edited by Yves Dezalay and Bryant Garth
Series: Law, Development and Globalization
Routledge
2011

Présentation de l'éditeur
Lawyers and the Construction of Transnational Justice will show students and scholars what it means in practice to talk about building transnational justice – both on the side of economic regulation and on the side of human rights and humanitarian law. It links national and transnational processes, tracing the activities of lawyers with their successful and less successful strategies to build institutions and credibility for a transnational legal field. Examples include developments in international criminal justice, including the unsuccessful quest to establish universal jurisdiction for the prosecution of human rights violators; the very successful efforts to build transnational trade and intellectual property regimes; and the relative success in building a European legal field. The introductory and concluding chapters by the co-editors, drawing on the sociology of Pierre Bourdieu, link the chapters together and explore the possibilities for a more institutionalized and unified transnational legal field – bridging the economic and corporate side with the human rights and humanitarian side. Addressing a range of international issues, Lawyers and the Construction of Transnational Justice is a major contribution to the field of sociology of law, as well as to debates about global governance.

Introduction: Constructing Transnational Justice, Yves Dezalay and Bryant G. Garth 2. Lawyers, Humanitarian Emergencies, and the Politics of Large Number, Ron Levi and John Hagan 3.The Cause of Universal Jurisdiction: The Rise and Fall of an International Mobilization, Julien Seroussi 4. Lawyering War or Talking Peace? On Militant Usages of the Law in the Resolution of Internal Armed Conflicts: A Case Study of International Alert, Sara Dezalay 5. From Peacebuilding in War-Torn Countries to Justice in the Global North, Sandrine Lefranc 6. Legal Cosmopolitanism Divided: Stating, Codifying, and Invoking International Law of State Responsibility, Pierre-Yves Condé 7. Globalizing Intellectual Property Rights: The Politics of Law and Public Health, Diana Rodriguez-Franco 8. The Transnational Meets the National: The Construction of Trade Policy Networks in Brazil, Gregory Shaffer, Michelle Ratton Sanchez Badin and Barbara Rosenberg 9. The Force of a Weak Field: Law and Lawyers in the Government of Europe, Antoine Vauchez 10.The European Court of Justice in the Emergent European Field of Power: Transnational Judicial Institutions and National Career Paths, Antonin Cohen 11. Human Rights and the Hegemony of Ideology: European Lawyers and the Cold War Battle over International Human Rights, Mikael Rask Madsen

jeudi 2 décembre 2010

Revue française de science politique Vol. 60, 2010/2, Sociologie politique de l'Europe du droit

Revue française de science politique Vol. 60, 2010/2, Sociologie politique de l'Europe du droit

Page 223 à 226
Antonin Cohen et Antoine Vauchez,   Sociologie politique de l'Europe du droit

Page 227 à 246
 Antonin Cohen,   « Dix personnages majestueux en longue robe amarante » La formation de la cour de justice des communautés européennes

Page 247 à 270
 Antoine Vauchez,   À quoi « tient » la cour de justice des communautés européennes ? Stratégies commémoratives et esprit de corps transnational

Page 271 à 294
 Mikael Rask Madsen,   La fabrique des traités européens Une analyse de la genèse et évolution de la charte des droits fondamentaux

Page 295 à 318
 Julie Bailleux,   Comment l'Europe vint au droit Le premier congrès international d'études de la CECA (Milan-Stresa 1957)
Résumé ]


Politix n° 89, 2010/1, L'Académie européenne

Politix n° 89, 2010/1, L'Académie européenne

Page 3 à 6
  Éditorial

Dossier : L'Académie européenne

Page 9 à 34
Cécile Robert et Antoine Vauchez,   L'Académie européenne Savoirs, experts et savants dans le gouvernement de l'Europe

Page 35 à 56
François Denord et Antoine Schwartz,   L'économie (très) politique du traité de Rome

Page 57 à 78
Stéphanie Hennette-Vauchez,   L'Europe au service du droit des droits de l'homme Réalité politique, entreprise savante et autonomisation d'une branche du droit

Page 79 à 101
Philippe Aldrin,   L'invention de l'opinion publique européenne Genèse intellectuelle et politique de l'Eurobaromètre (1950-1973)

Page 103 à 124
Morgane Le Boulay,   Investir l'arène européenne de la recherche Le « Groupe de Liaison » des historiens auprès de la Commission européenne

Page 125 à 144
Laure Neumayer,   Les études européennes en République tchèque Entre héritages communistes et incitations communautaires

Varia

Page 147 à 172
Willy Beauvallet et Sébastien Michon,   L'institutionnalisation inachevée du Parlement européen Hétérogénéité nationale, spécialisation du recrutement et autonomisation

Page 173 à 191
Frédéric Lordon,   Politique de la valeur financière Les stress tests bancaires entre indétermination et coups de force

En débat

Page 195 à 214
Laurent Mucchielli,   Vers une criminologie d'État en France ? Institutions, acteurs et doctrines d'une nouvelle science policière

Notes de lecture

Page 215 à 225
  Notes de lecture
Résumé ]Version HTML ]Version PDF ]