Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


vendredi 17 février 2017

Publications de Pierre Bourdieu: de la classe dominante au champ du pouvoir


"Mais il ne suffit pas d'employer les grands mots de la "Grande théorie" pour échapper au mode de pensée réaliste. Par exemple, à propos du pouvoir, on posera des questions substantialistes et réalistes de localisation: certains se demanderont il est, qui le détient (Who governs?), d'autres s'il vient d'en haut ou d'en bas, etc., à la façon des anthropologues culturalistes qui s'interrogeaient indéfiniment sur le locus of culture et de certains sociolinguistes qui s'inquiètent de savoir où est le lieu du changement linguistique, chez les petits-bourgeois ou chez les bourgeois, etc. . C'est pour rompre avec ce mode de pensée, et non pour le plaisir d'appliquer une nouvelle étiquette sur de vieilles outres théoriques, que je parlerai de champ du pouvoir plutôt que de classe dominante.  "Classe dominante" est un concept réaliste qui désigne une population bien réelle de détenteurs de cette réalité tangible que l'on appelle pouvoir, tandis que champ du pouvoir désigne les rapports de force entre les positions sociales qui assurent à leurs occupants un quantum suffisant de force sociale - ou de capital- pour qu'ils soient en mesure d'entrer dans les luttes pour le monopole du pouvoir, dont les luttes pour la définition de la forme légitime du pouvoir sont une dimension capitale (je pense ici, par exemple, aux affrontements entre "artistes" et "bourgeois" dans la France du second XIXè siècle)." Pierre Bourdieu, in Invitation à la sociologie réflexive (avec Loïc Wacquant) , deuxième édition, traduction intégrale, corrigée et augmentée (première édition en 1992 au Seuil dans une version abrégée), Seuil, Liber, 2014, p.290


Publications de Pierre Bourdieu
de la classe dominante au champ du pouvoir





(Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à  mesure,  Gilbert Quélennec)
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



 la classe dominante
Les fractions de la classe dominante et les modes d'appropriation des oeuvres d'art, Information sur les sciences sociales, XIII, 3, juin 1974, p.7-32

et Luc Boltanski, La production de l'idéologie dominante, Actes de la recherche en sciences sociales, 1976, Numéro   2.2-3, pp. 3-73, aussi in La production de l'idéologie dominante (avec Luc Boltanski), Raisons d'agir/Demopolis, 2008

La Distinction. Critique sociale du jugement, Minuit, Le sens commun, 1979, p.13, 40n, 48, 49n, 61, 63n, 68, 74, 81n, 85, 99n, 130, 132, 134, 138, 204, 218-219, 222, 232, 241, 254, 256, 260, 284, 293-364, 380, 383, 422, 443, 445, 470n, 483, 511n, 516n, 518, 522, 524-526, 525n, 547

Le sens pratique, Minuit, Le sens commun, 1980, p.229, 239, 241

Questions de sociologie, Minuit, 1980, p.179-180, 264

Sociologie générale, Vol. 1. Cours au Collège de France, 1981-1983, Seuil/Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2015, p.89, 365-366, 425, 480, 515, 593, 604, 605, 616, 618-631

Sociologie générale, Vol. 2. Cours au Collège de France, 1983-1986, Seuil/Raisons d'agir, Cours & Travaux, 2016, p.444, 1001, 1010, 1040, 1053-1055, 1082, 1092

Loïc Wacquant, From Ruling Class to Field of Power: An Interview with Pierre Bourdieu, April 1989, Theory, Culture, and Society 10-1 (August 1993): 19-44.

Sur l'État. Cours au Collège de France (1989-1992), Raisons d'agir/Seuil, Cours et Travaux, 2012, p.40, 221, 247

Invitation à la sociologie réflexive (avec Loïc Wacquant) , deuxième édition, traduction intégrale, corrigée et augmentée (première édition en 1992 au Seuil dans une version abrégée), Seuil, Liber, 2014, p.119-120n1, 248n1, 290-291

Langage et pouvoir symbolique, Seuil, Points Essais, 2001, 205-207



le champ du pouvoir

Publications de Pierre Bourdieu: Le champ du pouvoir



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 


voir également:

Publications de Pierre Bourdieu: de la classe sociale à l'espace social

   
Publications de Pierre Bourdieu:  La logique spécifique de chacun des Champs (littéraire, artistique, intellectuel, religieux, philosophique, scientifique, politique, juridique, étatique, journalistique, économique, du pouvoir)
 




  

jeudi 16 février 2017

Michel Dreyfus, Histoire de l’économie sociale. De la Grande Guerre à nos jours

Michel Dreyfus
Histoire de l’économie sociale
De la Grande Guerre à nos jours
P.U.Rennes
Économie, gestion et société
2017

Table des matières

Présentation de l'éditeur
La rédaction de la loi sur l’économie sociale et solidaire (2014) a suscité de nombreux débats qui montrent la difficulté à définir cette notion. L’économie sociale prend son envol à la fin des années 1970, puis l’économie sociale et solidaire émerge deux décennies plus tard. Elles reposent sur trois mouvements fort anciens : les sociétés de secours mutuels et les coopératives apparues dans les années 1830, ainsi que les associations à la fin du xix e siècle. Mutuelles et coopératives commencent alors à se structurer à l’échelle nationale ; de leur côté, les associations restent dispersées. Ces trois mouvements n’ont aucun lien à l’heure où la notion d’économie sociale, défendue par des penseurs les plus divers, progresse. 
Mais la Grande Guerre introduit une rupture : l’économie sociale disparaît complètement de la scène. Dès lors, associations, coopératives et mutuelles poursuivent leur développement avec discrétion, au moment où l’État joue un rôle croissant dans l’économique et le social. Les trois mouvements restent à l’arrière-plan de la scène à la Libération et durant les Trente Glorieuses ; ils n’en continuent pas moins leur marche en avant. Puis on assiste au retour de l’économie sociale en raison du rapprochement esquissé à partir des années 1970 entre les trois mouvements. Le recul de l’État, sensible une décennie plus tard, favorise cette évolution qui va se poursuivre jusqu’à nos jours. 
Ce livre retrace l’histoire de ces trois mouvements ainsi que celle, beaucoup plus récente, des fondations, quatrième composante de l’économie sociale et solidaire, et étudie les modalités de leur rapprochement à la veille de l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981. Il décrit leur implantation dans différents groupes sociaux et professionnels et examine les modalités de leur rapport au politique qui se pose tout au long de cette histoire. Il s’interroge enfin sur le projet de l’ESS aujourd’hui : prend-elle en charge des besoins sociaux que l’État est de moins en moins capable d’assumer ou bien esquisse-t-elle un autre modèle de société ?
Historien, directeur de recherche émérite au CNRS (Centre d’histoire sociale du XXe siècle – université de Paris 1), Michel Dreyfus a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire du mouvement ouvrier et celle de la Mutualité.

mercredi 15 février 2017

écouter: L’unité brisée des savoirs sur l’homme, avec Laurent Jeanpierre et Pierre Singaravélou

 
À partir de l'ouvrage La Vie intellectuelle en France - Tome 2. De 1914 à nos jours (Seuil, septembre 2016)
Rencontre animé par Catherine Portevin, journaliste à Philosophie Magazine
Jeudi 2 Février 2017

Odéon 6e


jeudi 9 février 2017

Alain Garrigou, La politique en France. De 1940 à nos jours



Alain Garrigou
La politique en France
De 1940 à nos jours 
La Découverte
Grands Repères
2017

Présentation de l'éditeur
Alain Garrigou retrace ici l’histoire politique récente de la France selon une vision globale de notre temps, saturé par les médias et pourtant souvent dominé par l’amnésie. Il se propose d’en donner des instruments factuels et conceptuels. Il a pour ambition de réaliser une autobiographie collective des générations d’aujourd’hui, des plus anciennes qui ont vécu toute la séquence envisagée (1940 à nos jours) jusqu’aux plus jeunes qui vivent dans le présent, avec les schèmes et souvenirs de leurs aînés. En ce sens, la réflexion s’attache à ce monde que nous habitons, mais qui tout aussi bien nous habite.
L’ouvrage est organisé selon un ordre chronologique nécessaire à des étudiants et à tous les lecteurs soucieux de situer les noms et les faits qui ont marqué l’histoire du pays depuis trois quarts de siècle, une histoire riche, mouvementée, scandée par une succession de « crises ». Toutefois, le récit rompt avec les façons classiques et commodes de découper le temps politique, mêmes justifiées comme 1945, 1958 ou 1981, afin de mieux mettre en perspective les enchaînements et les causes. 
Alain Garrigou, agrégé d’histoire et de science politique, est professeur à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense. Il a notamment publiéLe Vote et la vertu (Presses de Sciences Po, 1992 ; rééd. poche Histoire sociale du suffrage universel en France, 1848-2000, Seuil, « Points », 2002), Norbert Elias, la politique et l’histoire (dir. avec Bernard Lacroix, La Découverte, 1997), Les Élites contre la République (La Découverte, 2001), L’Ivresse des sondages (La Découverte, 2006), Mourir pour des idées (Les Belles Lettres, 2010) et Manuel anti-sondages (avec Richard Brousse, La ville brûle, 2012). Il a fondé l’Observatoire des sondages (2009) et collabore au Monde diplomatique sur son blog « Régime d’opinion ».