Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


mardi 17 janvier 2017

en poche: Edward Palmer THOMPSON, La guerre des forêts. Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle


Edward Palmer Thompson
La guerre des forêts
Luttes sociales dans l'Angleterre du XVIIIe siècle
La Découverte
Poche / Sciences humaines et sociales 
2017

Présentation de l'éditeur
Traduit par Christophe JAQUET
En 1723, le Parlement anglais adopte une loi terrible, le Black Act, qui punit de pendaison le braconnage des cerfs dans les forêts royales et les parcs seigneuriaux. La peine de mort est bientôt étendue au simple fait de venir y ramasser du bois ou de la tourbe. Cet épisode s’inscrit dans la longue histoire de la résistance paysanne face à la montée d’une conception de plus en plus exclusive de la propriété, qui grignote peu à peu les anciens droits d’usage coutumiers, et réduit les plus faibles à la misère. Il illustre la violence de la domination sociale dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, où l’oligarchie règne par la loi du profit et la corruption. L’analyse magistrale qu’en donne le grand historien britannique Edward P. Thompson montre comment s’impose, dans l’arène juridique, l’individualisme possessif face aux droits collectifs. Elle fait revivre la brutalité du pouvoir des notables, et la détermination des braconniers, perdants magnifiques : la « guerre des forêts » est aussi une lutte de classes sans merci. 
Edward P. Thompson (1924-1993) est l’un des historiens les plus cités dans le monde. On connaît son chef-d’œuvre, La Formation de la classe ouvrière anglaise, traduit vingt-cinq ans après sa parution. Mais son autre ouvrage majeur, Whigs and Hunters (1975), demeure inédit en français. On en trouvera ici les grandes lignes et les conclusions essentielles.


lundi 16 janvier 2017

Les classes populaires et le FN. Explications de votes, Gérard Mauger & Willy Pelletier (coord.)

Les classes populaires et le FN
Explications de votes
Gérard Mauger & Willy Pelletier (coord.)
éditions du Croquant
Savoir/agir  
2017

Présentation de l'éditeur
Les votes FN ne forment pas un « électorat », mais « un conglomérat ».
Dans ce « conglomérat » particulièrement volatile ne figure qu’un ouvrier sur sept, mais il inclut néanmoins une composante populaire qui n’est pas négligeable : plus de la moitié des votes FN se recrute chez les ouvriers et les employés (actifs ou retraités). Si ce vote FN d’une fraction des classes populaires – dont le premier parti est, et de loin, celui de l’abstention – ne surprend pas ceux qui les assimilent à la figure du « beauf » machiste et homophobe, raciste et xénophobe, il interpelle les autres. Les enquêtes ethnographiques rassemblées dans ce livre tentent d’élucider les raisons et les causes de ces votes populaires en faveur du FN. Que veut dire l’ouvrier ou la femme de ménage qui votent FN ? Un ouvrier qui vote FN est-il un « ouvrier raciste » et que signifie « raciste » dans son cas ? L’est-il au même sens qu’un aristocrate qui vote, lui aussi, FN ? Ces enquêtes portent à conséquences politiques : outre qu’elles invitent à rectifier la vision stéréotypée de « l’électeur FN », elles montrent que la lutte politique contre le FN peut prendre appui sur les contradictions latentes au sein de ce « conglomérat » pour travailler à son implosion.


samedi 14 janvier 2017

Interventions de Pierre Bourdieu: Contre le "fléau néo-libéral" et jeter les bases d'une économie du bonheur

Pierre Bourdieu, Entretien à propos de l'économie du bonheur, in film de Pierre Carles, La sociologie est un sport de combat, C.P. Productions, 2001

"Ce qui peut apparaître comme un simple catalogue de mesures disparates s'inspire en fait de la volonté de rompre avec le fatalisme de la pensée néo-libérale, de « défataliser » en politisant, en substituant à l'économie naturalisée du néo-libéralisme, une économie du bonheur qui, fondée sur les initiatives et la volonté humaines, fait sa place dans ses calculs aux coûts de souffrance et aux profits d'accomplissement de soi qu'ignore le culte strictement économiste de la productivité et de la rentabilité."
Pierre Bourdieu, Pour un nouvel internationalisme, (Forum du DGB de la Hesse, 7 juin 1997), in Contre-feux, Raisons d'agir, 1998, p.74-75

Interventions de Pierre Bourdieu 
Contre le "fléau néo-libéral" 
et 
jeter les bases d'une économie du bonheur




(Cette liste de publications sera mise à jour au fur et à  mesure,  Gilbert Quélennec)
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voir également:

Publications de Pierre Bourdieu, Sociologie historique et analyse du changement

Publications de Pierre Bourdieu: Sociologie de la domination et dispositions à résister


Pierre Bourdieu: un Intellectuel global

Pierre Bourdieu, la mise en oeuvre de l'intellectuel collectif international

Pierre Bourdieu, à propos de l'intellectuel collectif









vendredi 13 janvier 2017

écouter: François Denord, Le néo-libéralisme à la française. Histoire d’une idéologie politique (Nouvelle édition revue et actualisée)


écouter: François Denord, Le néo-libéralisme à la française. Histoire d’une idéologie politique (Nouvelle édition revue et actualisée)
L’Université Populaire de Toulouse, 14 décembre 2016

François Denord
Le néo-libéralisme à la française
Histoire d’une idéologie politique
Nouvelle édition revue et actualisée
Première parution, Démopolis (2007)
Agone
Eléments
2016

Présentation de l'éditeur
« Des années de Guerre froide à la période contemporaine, néolibéralismes social et conservateur coexistent en France. Parfois rivaux, leurs tenants ont un adversaire commun : le socialisme. Un néolibéralisme modéré s’épanouit d’abord chez des économistes et des hauts fonctionnaires. Parallèlement, un discours plus radical prend son essor dans l’univers patronal, où il s’agit de remettre en cause la place prise par l’État dans le développement économique national.
   Le premier de ces néolibéralismes s’impose sur la scène politique durant les années 1950 puis au sein même des bureaucraties d’État. La seconde forme bénéficie des crises pétrolières des années 1970 et des effets produits par l’arrivée au pouvoir d’une majorité socialiste en 1981. Le maintien des structures mises en place à la Libération a pu dissimuler les progrès du néo-libéralisme première manière, parfois qualifié de “gestionnaire”. Durant les années 1980, la vigueur du second a aiguillonné la droite parlementaire pour échafauder le programme de privatisations et de déréglementations qu’elle engage une fois revenue aux affaires. Il aura ainsi fallu près de cinquante ans pour que le modèle néo-libéral se métamorphose en solution politique. »
Ce livre propose la première histoire du néo-libéralisme à la française, une vision du monde qui s’est imposée en France dans les années 1980, moins par l’importation d’une idéologie made in USA & UK qu’issue de l’action d’économistes, patrons et hauts fonctionnaires français pris dans le bouillonnement intellectuel et politique de l’entre-deux-guerres en Europe. En s’appuyant sur des documents d’archives inédits et en revenant sur le rôle de personnalités comme d’institutions, ce livre retrace, des années 1930 aux années 2000, la longue marche de l’idéologie néolibérale. Paru pour la première fois en 2007, il est réédité avec une préface actualisant en particulier le rôle du social-libéralisme dans l’ajustement d’un modèle désormais européen.
Sociologue au CNRS, François Denord est membre du Centre européen de sociologie et de science politique (CSE-EHESS). Ses travaux portent principalement sur l’articulation entre doctrines et politiques économiques. Il a notamment publié L’Europe sociale n’aura pas lieu (avec Antoine Schwartz, Raisons d’Agir, 2009).  

jeudi 12 janvier 2017

écouter: Patrick Boucheron, Histoire mondiale de la France


La Grande table (2ème partie) Olivia Gesbert, 11.01.2017
Histoire mondiale de la France
Sous la direction de Patrick Boucheron
Coordination : Nicolas Delalande, Florian Mazel,Yann Potin, Pierre Singaravélou 
Seuil

Extrait
 
Présentation de l'éditeur
« Ce ne serait pas trop de l’histoire du monde pour expliquer la France »
Jules Michelet, Introduction à l’histoire universelle (1831)
Voici une histoire de France, de toute la France, en très longue durée qui mène de la grotte Chauvet aux événements de 2015.
Une histoire qui ne s’embarrasse pas plus de la question des origines que de celle de l’identité, mais prend au large le destin d’un pays qui n’existe pas séparément du monde, même si parfois il prétend l’incarner tout entier. Une histoire qui n’abandonne pas pour autant la chronologie ni le plaisir du récit, puisque c’est par dates qu’elle s’organise et que chaque date est traitée comme une petite intrigue.
Réconciliant démarche critique et narration entraînante, l’ouvrage réunit, sous la direction de Patrick Boucheron, un collectif d’historiennes et d’historiens, tous attachés à rendre accessible un discours engagé et savant. Son enjeu est clair : il s’agit de prendre la mesure d’une histoire mondiale de la France, c’est-à-dire de raconter la même histoire – nul contre-récit ici – qui revisite tous les lieux de mémoire du récit national, mais pour la déplacer, la dépayser et l’élargir. En un mot : la rendre simplement plus intéressante !
Ce livre est joyeusement polyphonique. Espérons qu’un peu de cette joie saura faire front aux passions tristes du moment.

mercredi 11 janvier 2017

Zilsel, n° 1

Zilsel , n° 1
éditions du Croquant
2017
Présentation de l'éditeur
Cette première livraison donne le ton. Elle est composée d’analyses originales basées sur des enquêtes et des réflexions amples, d’essais critiques sur la philosophie d’Alain Badiou, de rééditions de textes classiques, d’un entretien avec l’historien Roger Chartier sur les transformations contemporaines du livre et de l’écrit et, enfin, d’une série de notes critiques d’ouvrages récents. Ces contributions sont documentées, critiques, engageantes et, pour certaines, clivantes. Chacune à sa manière, elles partagent une même ambition, qui est de faire bouger les lignes et les fronts de recherche, d’instiller le doute contre toutes les formes de dogmatisme et d’ouvrir des brèches, pas seulement dans les limites aujourd’hui rognées des mondes universitaires et de la recherche.
Avec des contributions de Boris Attencourt, Anouk Barberousse, Vincent-Arnaud Chappe, Roger Chartier, Baptiste Coulmont, Renaud Debailly, Christopher Donohue, Pascal Engel, Jean Frances, Yann Giraud, Nathalie Heinich, Philippe Huneman, Marc Joly, Jérôme Lamy, Stéphane Le Lay, Mathieu Quet, Claude Rosental, Arnaud Saint-Martin, Pierre Schapira.




mardi 10 janvier 2017

en poche: Carl E. Schorske, Vienne, fin de siècle. Politique et culture

Carl E. Schorske
Vienne, fin de siècle 
Politique et culture 
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Yves Thoraval
revu par Éric Vigne
Préface inédite de Jacques Le Rider
Seuil
Points Essais
2017

Présentation de l'éditeur
En sept études, Carl Schorske dévoile la naissance de notre modernité. Celle-ci commence à Vienne, dans les années 1880, où la bourgeoisie libérale, parvenue au pouvoir, traduit ses espérances dans le prodigieux remodelage de la Ringstrasse. Mais le peuple tenu à l’écart de la scène politique y fait une brutale irruption, guidé par les leaders antisémites. Face à ce déferlement de violence politique dont Hitler saura s’inspirer, beaucoup rejettent les illusions de leurs pères : à la raison, ils opposent le sentiment ; aux normes sociales, ils substituent la libération des instincts ; à l’empire multinational, ils préfèrent une terre promise. Herzl bâtit l’État juif, Freud libère l’inconscient, Otto Wagner esquisse la ville de demain, Klimt révèle les visages d’Éros, Kokoschka révolutionne le langage et Schoenberg invente la musique.
Carl E. Schorske (1915-2015)
Historien américain de la culture, successivement professeur à l’Université wesleyenne, à Berkeley et à Princeton, il a également publié De Vienne et d’ailleurs (Fayard, 2000).