« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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samedi 2 mars 2024

Louis Pinto, Le marché des idées. Les sciences humaines et leurs lecteurs

 

 
Louis Pinto

Le marché des idées

Les sciences humaines et leurs lecteurs

du Croquant

Champ social

2024



Présentation de l'éditeur

Les sciences humaines (philosophie, histoire, sociologie, ethnologie, économie, géographie, etc.) sont d’abord des disciplines savantes, matière à enseignement et recherche. Hors des circuits universitaires, elles sont en général abordées à travers des auteurs, des figures illustres célébrées dans les médias.
Mais elles n’ont guère été envisagées en fonction de leurs lecteurs. Qui sont ces gens ? Que lisent-ils et comment lisent-ils ?
Pour répondre à ces questions, une enquête a été nécessaire qui repose sur des questionnaires et surtout sur des entretiens approfondis. Elle vise d’abord à comprendre les différences entre lecteurs savants et lecteurs profanes, leurs choix et leurs critères de jugement.
Alors que les premiers sont redevables de la discipline qui les a formés et qui guide leurs pratiques professionnelles, les seconds sont disponibles pour des lectures qu’on peut appeler libres, dans la mesure où elles sont déliées des règles scolaires. Les lecteurs profanes apprécient des livres qui ne sont ni trop commerciaux (ceux des « intellectuels médiatiques ») ni trop « universitaires » et qui sont censés apporter une « rupture », un « ébranlement » dans les façons de penser : c’est précisément ce que proposent ou promettent éditeurs, libraires et critiques de livres. Les lectures libres permettent à la plupart des lecteurs d’accéder, hors du cadre des disciplines, à ce qui constitue, à leurs yeux, les marques de la condition d’intellectuel : la « pensée » (attribut, par excellence, du philosophe) et les causes intellectuelles (des thèmes de débats politico-idéologiques ayant accédé au statut d’objet intellectuel).
L’enquête sur les lecteurs est l’un des moyens de mettre en lumière le fonctionnement d’un marché des idées soumis au poids croissant d’autres univers, ceux de l’édition, de la presse et de la politique.

Louis Pinto,  sociologue, est directeur de recherche émérite au CNRS.

 

 

lundi 6 avril 2020

Clemens Heller, imprésario des sciences de l'homme. Sous la direction de Hinnerk Bruhns, Joachim Nettelbeck, Maurice Aymard

Clemens Heller, imprésario des sciences de l'homme
Sous la direction de Hinnerk Bruhns, Joachim Nettelbeck, Maurice Aymard
Maison des sciences de l'homme
2018


Présentation de l'éditeur
Le nom de Clemens Heller est étroitement associé au rôle éminent qu'il a joué dans le développement des sciences sociales et humaines dans la ­deuxième moitié du xxe siècle. Dans ce livre, des auteurs de plusieurs pays présentent le portrait d’un créateur d’institutions et d’un initiateur de connexions intellectuelles dont les réalisations ont pu être qualifiées comme une des plus grandes réussites de la France dans le domaine de l’orientation et du développement de la recherche. La première partie du livre s’ouvre par un essai de Wolf Lepenies (« Une personnalité c’est une institution à elle seule »), suivi de témoignages éclairant différents aspects de la personnalité de Clemens Heller et de sa façon d’agir (Robert Darnton, Immanuel Wallerstein, Dominique Moïsi, Roger Chartier, David Gugerli, Reinhart Meyer-Kalkus). La deuxième partie comprend des analyses historiques et sociologiques. La création du Salzburg Seminar après la Deuxième Guerre mondiale est étudiée par Joachim Nettelbeck, l’histoire de la longue (1951-1985) et très étroite collaboration de Clemens Heller avec Fernand Braudel est retracée par Maurice Aymard. L’introduction et l’institutionnalisation des études sur les aires culturelles à la VIe section de l’EPHE sont analysées par Ioana Popa (« Ressources biographiques et configurations d’acteurs ») et Anne Kwaschik (« Le management des projets »). Suivent une interrogation de Hinnerk Bruhns sur le rapport entre institution et personnalité dans le fonctionnement de la Maison des sciences de l’homme créée par Braudel et Heller, ainsi qu’une réflexion de Patrick Fridenson, à propos de l’apport de Clemens Heller à l’internationalisation de l’histoire sociale et économique, sur sa capacité d’agir librement à l’intérieur d’un monde des organisations de recherche et sur sa foi dans la dynamique des sciences sociales.

Sommaire
Maurice Aymard, Hinnerk Bruhns et Joachim Nettelbeck – Préface
Partie I
Wolf Lepenies – Une personnalité, c'est une institution à elle seule. Souvenirs à propos de Clemens Heller
Robert Darnton – Clemens Heller on the Left Bank
Immanuel Wallerstein – The Clemens Heller I Knew
Roger Chartier – MSH, dîners, musique, Lausanne
David Gugerli – Der Anruf
Reinhart Meyer-Kalkus – Heller und Achilles
Dominique Moïsi – Hommage
Partie II
Joachim Nettelbeck – Le Salzburg Seminar et Clemens Heller. Une histoire du début de la Guerre froide
Maurice Aymard – Clemens Heller et Fernand Braudel
Ioana Popa – autour des aires culturelles
Anne Kwaschik – Planification souple – Clemens Heller et le management de projets à la Sixième Section
Hinnerk Bruhns – Hellers Maison: ein Handwerksbetrieb im Zeitalter der Großforschung
Patrick Fridenson  – autour du thème de l'agilité et de la créativité dans un monde bureaucratique
Postface : Hinnerk Bruhns – Clemens Heller, « un personnage inexplicable » ?


 



jeudi 11 janvier 2018

Les savoirs de sciences humaines et sociales en débat. Controverses et polémiques, Sophie Richardot, Sabine Rozier (dir.)

Les savoirs de sciences humaines et sociales en débat
Controverses et polémiques
Sophie Richardot, Sabine Rozier (dir.)
Septentrion
Paradoxa 
2017

Présentation de l'éditeur
Comment expliquer que les savoirs de sciences humaines et sociales soient à ce point contestés voire ignorés dans les lieux où ils pourraient pourtant éclairer la réflexion et l'action ? Comment expliquer la défiance et l’incompréhension qu’ils suscitent parfois ? Les savoirs de sciences humaines et sociales ont la particularité de circuler dans des espaces variés et de devoir composer avec une critique prompte à remettre en cause leur validité et leur légitimité. Leur acceptabilité sociale ne se joue pas dans la seule communauté savante mais bien dans les multiples réinterprétations et traductions auxquelles ils donnent lieu. Les études réunies dans ce volume analysent sept controverses ayant pour enjeu le sort réservé à des savoirs issus de la réflexion philosophique, sociologique, psychologique ou se revendiquant d’une économie hétérodoxe. Elles montrent que les résistances qu’ils rencontrent sont la marque paradoxale de leur vigueur et de leur capacité à bousculer les évidences partagées.

samedi 13 septembre 2014

en ligne: Sciences humaines en traduction. Le livre français aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Argentine, Sous la direction de Gisèle Sapiro

en ligne:
Sciences humaines en traduction
Le livre français aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Argentine

Sous la direction de Gisèle Sapiro
CESSP/Institut Français
2014

Présentation de l'éditeur
L’Institut français propose une étude consacrée à la circulation internationale des ouvrages de sciences humaines et sociales traduits du français.
S’il n’est pas l’unique mode de communication en sciences humaines et sociales, le livre demeure un des principaux vecteurs des échanges intellectuels internationaux ; ce qui pose la question de la traduction et des obstacles qu’elle rencontre.
Sciences humaines en traduction – Les livres français aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Argentine, étude menée au Centre européen de sociologie et de science politique (CEESSP), vise à porter au jour les conditions sociales de la circulation internationale des ouvrages de sciences humaines et sociales par voie de traduction. Elle est centrée sur l’importation d’auteurs de trois pays.
Réalisée par une équipe internationale dirigée par Gisèle Sapiro, sociologue, directrice de recherches au CNRS et directrice d’études à l’EHESS, cette étude a été commandée par l’Institut français. Elle s’inscrit dans le cadre de sa mission de soutien de la participation française à la circulation internationale des échanges intellectuels.


jeudi 11 septembre 2014

écouter: Yves Gingras, présentation du livre Controverses. Accords et désaccords en sciences humaines et sociales


écouter: Yves Gingras, présentation du livre Controverses. Accords et désaccords en sciences humaines et sociales
commentaires de Jean-Guy Prévost (Science politique, UQAM) et Vincent Guillin (Philosophie, UQAM).
CIRST, UQAM, 05.09.2014

Controverses
Accords et désaccords en sciences humaines et sociales 
(Sous la direction de Yves Gingras)
Culture & Société
CNRS
2014

Présentation de l'éditeur
Statistiques ethniques contestées par les sociologues, disputes homériques entre historiens sur Aristote au Mont-Saint-Michel, tirs croisés contre Galilée hérétique et Galilée courtier, polémiques cristallisées par Black Athena, ouvrage prétendant revisiter l’histoire de l’Égypte antique… Les chercheurs en sciences sociales raffolent des controverses qui donnent du piquant à une vie académique souvent monotone.
Ces débats font-ils pour autant avancer la connaissance ? Ne seraient-ils que des dialogues de sourds entre spécialistes défendant leur part de vérité ? En revenant sur ces querelles emblématiques, les études réunies dans cet ouvrage semblent confirmer le jugement de Schopenhauer : « En règle générale, celui qui débat ne se bat pas pour la vérité mais pour sa thèse… »
Professeur au département d’histoire à l’université du Québec à Montréal (UQAM), titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences, Yves Gingras est notamment l’auteur d’Éloge de l’homo techno-logicus (2005) et de Sociologie des sciences (2013).


lundi 16 juin 2014

Controverses: Accords et désaccords en sciences humaines et sociales (Sous la direction de Yves Gingras)


Controverses
Accords et désaccords en sciences humaines et sociales 
(Sous la direction de Yves Gingras)
Culture & Société
CNRS
2014

Présentation de l'éditeur
Statistiques ethniques contestées par les sociologues, disputes homériques entre historiens sur Aristote au Mont-Saint-Michel, tirs croisés contre Galilée hérétique et Galilée courtier, polémiques cristallisées par Black Athena, ouvrage prétendant revisiter l’histoire de l’Égypte antique… Les chercheurs en sciences sociales raffolent des controverses qui donnent du piquant à une vie académique souvent monotone.
Ces débats font-ils pour autant avancer la connaissance ? Ne seraient-ils que des dialogues de sourds entre spécialistes défendant leur part de vérité ? En revenant sur ces querelles emblématiques, les études réunies dans cet ouvrage semblent confirmer le jugement de Schopenhauer : « En règle générale, celui qui débat ne se bat pas pour la vérité mais pour sa thèse… »
Professeur au département d’histoire à l’université du Québec à Montréal (UQAM), titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences, Yves Gingras est notamment l’auteur d’Éloge de l’homo techno-logicus (2005) et de Sociologie des sciences (2013).
 
 

mercredi 23 avril 2014

video: Gisèle Sapiro, Traduire la littérature et les sciences humaines. Conditions et obstacles



Cultures croisées. Politiques culturelles françaises et allemandes 
Rencontre organisée par le DEPS et le Goethe Institut à l'occasion de la publication de l'ouvrage "Traduire la littérature et les sciences humaines. Conditions et obstacles".  Goethe Institut, Paris, 12 novembre 2012

lundi 29 octobre 2012

Traduire la littérature et les sciences humaines. Conditions et obstacles


Traduire la littérature et les sciences humaines 
Conditions et obstacles
Sous la direction de Gisèle Sapiro
La Documentation Française
2012

Présentation de l'éditeur
Quelles sont les raisons de traduire ou de ne pas traduire une œuvre ?
Alors que les ouvrages du philosophe américain John DEWEY publiés dans les années 1920 n'ont été traduits en français qu'en 2003, quatre ans seulement séparent la parution de la Sociologie de l'Algérie de Pierre BOURDIEU en 1958 et sa traduction en anglais, mais près de vingt-cinq ans passent entre la parution de l’Amour de l’art en 1966 et sa publication aux États-Unis en 1990. L’Élégance du hérisson, un roman tout d’abord refusé par de multiples éditeurs étrangers car jugé trop « franco-français » a pourtant connu très vite un succès de librairie mondial. Comment expliquer de tels phénomènes ?
De nombreux obstacles d’ordre économique mais aussi symbolique empêchent les œuvres de circuler entre les cultures : la très inégale position des langues sur le marché mondial de la traduction et, pour chaque pays, les héritages culturels différents et leurs représentations réciproques, les traditions philosophiques et universitaires, la structuration et le développement des économies nationales du livre, mais aussi la rareté des traducteurs pour certaines langues, la difficulté de traduction, son coût, etc.
À partir d'études de cas conduites en France, aux États-Unis, au Brésil, au Royaume Uni et aux Pays-Bas et consacrées à la traduction en français ou vers une autre langue, l’ouvrage identifie les conditions économiques et culturelles de la traduction en littérature et en sciences humaines et sociales. À travers un grand nombre d'exemples singuliers, il dégage les logiques générales qui freinent ou favorisent la traduction : le rôle crucial d’éditeurs volontaristes, l’importance des dispositifs de soutien public et les logiques culturelles qui gouvernent la réception des œuvres, leur commercialisation et leur médiation dans chaque pays.
Gisèle SAPIRO a dirigé les recherches qui ont permis l’édition de cet ouvrage. Elle est directrice de recherche au CNRS et directrice d’études à l’EHESS. Elle dirige le Centre européen de sociologie et de science politique. Spécialiste de sociologie des intellectuels, de la littérature, de la traduction et des échanges culturels internationaux, elle est notamment l’auteure de La Guerre des écrivains, 1940-1953 (Fayard, 1999) et de La Responsabilité de l’écrivain. Littérature, droit et morale en France XIXe-XXIe siècle (Seuil 2011).
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Rencontre autour des conditions culturelles et économiques de la traduction, à l’occasion du lancement de l’ouvrage dirigé par Gisèle Sapiro, Traduire la littérature et les sciences humaines : conditions et obstacles. Cultures croisées? Politiques culturelles françaises et allemandes, Lundi 12 novembre 2012, 19h, Goethe-Institut - 17 avenue d'Iéna, 75116 Paris, Entrée libre