"Je ne dis pas que l’État est la solution de tous les problèmes, mais l’État est une des seules armes que nous ayons pour contrôler toutes sortes de fonctionnement et de processus tout à fait vitaux, et en particulier tous ceux qui touchent à l’intérêt général et aux services publics. Je suis tout à fait favorable à la création d’un État transnational ou mondial. Mais, dans l’état actuel, c’est une utopie. Cela dit, la taxe Tobin, c’est un pas vers l’État mondial. Keynes disait déjà qu’il fallait faire une banque mondiale, ce qui va dans le sens de l’État mondial. Et il faudrait ensuite pouvoir contrôler cette banque, et prélever les impôts pour l’alimenter. Mais peut-être est-ce une utopie un peu folle. En attendant cet État mondial, je pense que les États nationaux sont le seul instrument que nous ayons pour opérer une redistribution raisonnable des revenus des plus riches aux plus pauvres, pour égaliser les chances d’accès à l’économie, à la culture. Donc, on ne peut dire qu’on va se passer de l’État.
En tout cas, ce qui est sûr, c’est que les conséquences de la destruction de l’État, on ne les verra que dans vingt ans. Par exemple, dans vingt ans on dira que le taux de cancer a augmenté dans les villes en liaison avec la pollution. Je trouve anormal que les médecins ne le disent pas maintenant. (On commence à dire très prudemment que le taux d’asthmatiques parmi les enfants a très fortement augmenté en liaison avec la pollution.)"
Bourdieu, Entretien du 26 janvier 2000 par Bertrand Chung, Mondialisation et domination : de la finance à la culture, Cités, 2012/3 (n° 51), Bourdieu politique , PUF, 2012, p.133

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jeudi 11 janvier 2018

Les savoirs de sciences humaines et sociales en débat. Controverses et polémiques, Sophie Richardot, Sabine Rozier (dir.)

Les savoirs de sciences humaines et sociales en débat
Controverses et polémiques
Sophie Richardot, Sabine Rozier (dir.)
Septentrion
Paradoxa 
2017

Présentation de l'éditeur
Comment expliquer que les savoirs de sciences humaines et sociales soient à ce point contestés voire ignorés dans les lieux où ils pourraient pourtant éclairer la réflexion et l'action ? Comment expliquer la défiance et l’incompréhension qu’ils suscitent parfois ? Les savoirs de sciences humaines et sociales ont la particularité de circuler dans des espaces variés et de devoir composer avec une critique prompte à remettre en cause leur validité et leur légitimité. Leur acceptabilité sociale ne se joue pas dans la seule communauté savante mais bien dans les multiples réinterprétations et traductions auxquelles ils donnent lieu. Les études réunies dans ce volume analysent sept controverses ayant pour enjeu le sort réservé à des savoirs issus de la réflexion philosophique, sociologique, psychologique ou se revendiquant d’une économie hétérodoxe. Elles montrent que les résistances qu’ils rencontrent sont la marque paradoxale de leur vigueur et de leur capacité à bousculer les évidences partagées.

mercredi 24 mai 2017

écouter: Michel Offerlé présente Patrons en France


écouter: Michel Offerlé présente Patrons en France
La Grande table (2ème partie) par Olivia Gesbert, le 16.05.2017
 
Sous la direction de Michel Offerlé 
Patrons en France 
La Découverte
2017


Présentation de l'éditeur
« Chef d’entreprise vous ne pouvez pas expliquer ce que vous faites, parce que c’est un monde à part »
« Créer quelque chose, créer une entreprise, c’est déjà lutter contre la peur »
« Les hommes politiques n’ont pas l’ombre d’une idée de savoir comment une société conduit sa stratégie »
« C’est vrai qu’on ne peut pas se comparer aux gens de là-haut, les parachutes, les machins, les trucs »
« L’idée, c’est pas d’être millionnaire, c’est de se faire plaisir et de faire tourner une boîte et qu’on s’en tire et qu’on en vive agréablement »
« J’ai une certaine satisfaction, enfin c’est un peu idiot mais je fais vivre treize personnes »
« Je veux gagner de l’argent ! Moi j’ai pas le temps. Je suis comme ça ! Je suis un homme pressé, très pressé ! »
Qu’ils soient grands, très grands, petits ou moyens, qu’ils travaillent dans le bâtiment, l’industrie, le commerce ou les services, les patrons sont au centre de cet ouvrage, produit d’une enquête collective menée par des chercheurs confi rmés et par de jeunes sociologues, sur ce métier beaucoup plus fantasmé, vilipendé ou héroïsé que véritablement connu.
À partir de trente-six entretiens largement reproduits et commentés, il s’agit de comprendre qui sont les patrons en France, quelle place ils occupent dans la société française, quelle vision ils en ont. Il s’agit de réfléchir sur les différences qui traversent les mondes patronaux et sur ce qui les unit puisque, spontanément, la catégorie « patrons » et « patronat » fait sens – même si ce sens est ambigu.
Ce livre est le premier portrait de groupe précis et coloré qui permet, au travers de ces multiples histoires de vie, de comprendre de manière vivante et approfondie qui sont les patrons en France.
Avec des contributions de: Stéphane Beaud, Lise Bernard, Chloé Biaggi, Laurane Bouron, Emmanuelle Carinos, Emmanuel Cayre, Olivia Chambard, Mickaël Ciccotelli, Brianne Dubois, Ambre Dousselin, Timothée Erard, Julien Fretel, Caroline Frau, Cédric Hugrée, Anne Jourdain, Sarah Kolopp, Thomas Lépinay, Cécile Lesavre, Sophie Louey, Caroline Mazaud, Samina Mesgarzadeh, Anne Monier, Yohann Morival, Angelo Moro, Renata Mustafina, Elias Nosrati, Michel Offerlé, Marion Rabier, Sabine Rozier et Gaëlle Troadec
Michel Offerlé, professeur à l’ENS, est notamment l'auteur de Sociologie des organisations patronales, La Découverte, 2009, et Les Patrons des patrons. Histoire du Medef, Odile Jacob, 2013.

jeudi 4 mai 2017

Patrons en France, Sous la direction de Michel Offerlé

 
Sous la direction de Michel Offerlé 
Patrons en France 
La Découverte
2017



Présentation de l'éditeur
« Chef d’entreprise vous ne pouvez pas expliquer ce que vous faites, parce que c’est un monde à part »
« Créer quelque chose, créer une entreprise, c’est déjà lutter contre la peur »
« Les hommes politiques n’ont pas l’ombre d’une idée de savoir comment une société conduit sa stratégie »
« C’est vrai qu’on ne peut pas se comparer aux gens de là-haut, les parachutes, les machins, les trucs »
« L’idée, c’est pas d’être millionnaire, c’est de se faire plaisir et de faire tourner une boîte et qu’on s’en tire et qu’on en vive agréablement »
« J’ai une certaine satisfaction, enfin c’est un peu idiot mais je fais vivre treize personnes »
« Je veux gagner de l’argent ! Moi j’ai pas le temps. Je suis comme ça ! Je suis un homme pressé, très pressé ! »
Qu’ils soient grands, très grands, petits ou moyens, qu’ils travaillent dans le bâtiment, l’industrie, le commerce ou les services, les patrons sont au centre de cet ouvrage, produit d’une enquête collective menée par des chercheurs confi rmés et par de jeunes sociologues, sur ce métier beaucoup plus fantasmé, vilipendé ou héroïsé que véritablement connu.
À partir de trente-six entretiens largement reproduits et commentés, il s’agit de comprendre qui sont les patrons en France, quelle place ils occupent dans la société française, quelle vision ils en ont. Il s’agit de réfléchir sur les différences qui traversent les mondes patronaux et sur ce qui les unit puisque, spontanément, la catégorie « patrons » et « patronat » fait sens – même si ce sens est ambigu.
Ce livre est le premier portrait de groupe précis et coloré qui permet, au travers de ces multiples histoires de vie, de comprendre de manière vivante et approfondie qui sont les patrons en France.
Avec des contributions de: Stéphane Beaud, Lise Bernard, Chloé Biaggi, Laurane Bouron, Emmanuelle Carinos, Emmanuel Cayre, Olivia Chambard, Mickaël Ciccotelli, Brianne Dubois, Ambre Dousselin, Timothée Erard, Julien Fretel, Caroline Frau, Cédric Hugrée, Anne Jourdain, Sarah Kolopp, Thomas Lépinay, Cécile Lesavre, Sophie Louey, Caroline Mazaud, Samina Mesgarzadeh, Anne Monier, Yohann Morival, Angelo Moro, Renata Mustafina, Elias Nosrati, Michel Offerlé, Marion Rabier, Sabine Rozier et Gaëlle Troadec
Michel Offerlé, professeur à l’ENS, est notamment l'auteur de Sociologie des organisations patronales, La Découverte, 2009, et Les Patrons des patrons. Histoire du Medef, Odile Jacob, 2013.

lundi 28 novembre 2016

L'Ordinaire du Politique. Enquêtes sur les rapports profanes au politique, François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot, Sabine Rozier (dir.)

L'Ordinaire du Politique 
Enquêtes sur les rapports profanes au politique  
François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot, Sabine Rozier (dir.)
P.U.Septentrion
Paradoxa
2016

Présentation de l'éditeur
Quels sont les liens ordinaires des Français à la politique ? Les études réunies dans ce volume reprennent cette question classique en montrant tout à la fois ce que la politique signifie dans les situations routinières et quotidiennes des citoyens, en quoi les rapports au politique sont inscrits dans des trajectoires biographiques autant individuelles que collectives, et finalement ce qu'est le « cours ordinaire » de nos sociétés démocratiques. L’analyse de ces rapports profanes au politique est conduite à partir de terrains très variés, depuis les lieux d’habitation ou de travail jusqu’aux rares situations de contact avec les élus, en passant par la reconstitution détaillée du lien qu’un seul individu entretient avec la politique le temps d’une campagne présidentielle.


mardi 8 mars 2016

SPEL, Les sens du vote. Une enquête sociologique (France 2011-2014)

SPEL
Les sens du vote
Une enquête sociologique 
(France 2011-2014)
P.U.Rennes
Res Publica
2016

Présentation de l'éditeur
Que savons-nous des électeurs ? Tantôt honorés comme les garants de la démocratie, tantôt dénigrés pour leur apathie, parfois dénoncés pour leurs choix irrationnels ou soupçonnés de se laisser trop aisément séduire par les sirènes populistes, les électeurs des démocraties contemporaines font l'objet d'analyses contradictoires et leurs choix paraissent aujourd'hui plus mystérieux que jamais. La science électorale qui a construit, en France et aux Etats-Unis, de solides modèles d'interprétation du vote semble elle-même partiellement désarmée.
Face à un électeur qui se donne désormais à voir comme plus versatile et moins prévisible, plus critique à l'égard du politique et qui donne moins aveuglément sa voix à ses représentants, les enquêtes par sondage paraissent de moins en moins susceptibles d'éclairer les racines sociales du vote et de comprendre les mécanismes des choix électoraux. Une équipe de onze politistes et sociologues français a mené pendant deux ans une enquête inédite : suivre et interroger tout au long de la campagne de l'élection présidentielle et des législatives de 2012, 69 électeurs représentant une certaine diversité de la population française, constituant un témoignage inédit sur les perceptions du politique et les rapports qu'entretiennent au vote ces Français ordinaires.
Le collectif SPEL est composé de 11 chercheurs(ses) qui ont participé à cette enquête collective sur l’élection présidentielle et les élections législatives de 2012 : Éric Agrikoliansky, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud, Thibaud Boncourt, Julien Fretel, Daniel Gaxie, Kevin Geay, Jérôme Heurtaux, Brigitte Le Grignou, Sabine Rozier et Anne-France Taiclet.

Les auteurs





vendredi 15 février 2013

Le travail associatif, Sous la direction de Matthieu Hély et Maud Simonet

Le travail associatif
Sous la direction de Matthieu Hély et Maud Simonet
P.U.Paris Ouest
2013

Présentation
Cet ouvrage collectif appréhende le monde associatif comme monde du travail. Il s'ouvre sur une réflexion autour des modalités d'exercice du travail associatif en interrogeant la frontière entre la sphère professionnelle et le « hors travail ». Les relations avec les différentes « parties prenantes » font également l'objet d'études spécifiques : avec les entreprises mécènes investies dans des partenariats avec le monde associatif, comme avec les collectivités publiques qui considèrent désormais les associations comme de véritables « opérateurs de politiques publiques ». Si le monde associatif est souvent défini comme un « tiers secteur » qui se situe entre le secteur privé lucratif et le secteur public, il demeure très largement structuré par leurs normes et leurs pratiques. Il peut contribuer cependant à servir des missions d'intérêt général et peut se poser comme une solution à la « crise de l'État-providence » ; il est alors envisagé comme une « alternative au capitalisme ». Les contributions présentées ici révèlent toutes ces ambivalences et dressent un portait nuancé des nombreuses promesses d'émancipation incarnées par le monde associatif. 
Sommaire

  • Introduction générale, Matthieu HELY, Maud SIMONET
LES TRAVAILLEURS ASSOCIATIFS SONT-ILS DES SALARIES COMME LES AUTRES ?

  • Le travail associatif : des salariés intrinsèquement motivés, Mathieu NARCY
  • À l'ombre du monde associatif, l'incertaine professionnalisation des animateurs socioculturels et des formateurs d'adultes (1982-2002), Francis LEBON, Emmanuel DE LESCURE
  • Rethinking voluntary work: dimensions of class, gender and culture, Rebecca TAYLOR
  • Sois stage et tais-toi ? Le sous salariat démasqué, Julien BAYOU, Fanny CASTEL
« L'ENTREPRISE ASSOCIATIVE » AU SERVICE DE « L'ENTREPRISE CITOYENNE » ?

  • Les bonnes volontés à l'épreuve de l'efficience dans le champ de l'aide alimentaire, Jean-Pierre LE CROM, Jean-Noël RETIERE
  • Le prix de la citoyenneté, Anne BORY, Maud SIMONET
  • Les « banquiers solidaires » : pour une économie de la rupture ?, Pascale MOULEVRIER
  • Les générosités obligées. Mutations des politiques sociales et mécénat des entreprises dans la France des années 1990, Sabine ROZIER
LE TRAVAIL ASSOCIATIF : RENOUVELLEMENT OU REMISE EN CAUSE DU SERVICE PUBLIC ?

  • L'association, un monde à part ?, Yves LOCHARD
  • Les mobilisations en faveur d'une loi contre les exclusions (1994-1998) ou comment faire reconnaître des savoirs associatifs sur la pauvreté, Eric CHEYNIS
  • Les Enfants de Don Quichotte face au travail de relogement des SDF du canal Saint-Martin : une politisation ambigüe, Olivier LOUAIL
  • Des entreprises associatives en concurrence : le cas de la lutte contre l'exclusion, Marie LOISON-LERUSTE, Matthieu HELY
  • Bibliographie générale