« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 7 février 2023

Le je, l’entre-soi, le nous dans les classes populaires. Sous la direction de Marie-Hélène Lechien, Olivier Masclet, Gérard Mauger

 

 

Le je, l’entre-soi, le nous dans les classes populaires

Sous la direction de

Marie-Hélène Lechien, Olivier Masclet, Gérard Mauger
 du Croquant
Champ social
2023



Présentation de l'éditeur
Le nous populaire a longtemps été confondu avec « la classe ouvrière ». Or, depuis la deuxième moitié des années 1970, de multiples mécanismes ont contribué à le dé-faire objectivement et subjectivement. Ce délitement est renforcé par de nouvelles incitations à être soi. Comment cerner les effets de ces processus sur les je dans les classes populaires d’aujourd’hui ? Quelle place ces ego accordent-ils à l’entre-soi familial ? Comment peuvent-ils se préserver au travail et en dehors du travail ? Alors que ces questions convoquent souvent des réponses abstraites en termes d’individualisation ou encore de subjectivation, les contributions réunies dans cet ouvrage livrent des analyses empiriquement étayées sur les rapports du je, de l’entre-soi et du nous dans les classes populaires au sein de la société française contemporaine, mais aussi dans des configurations antérieures aux années 1970. Ces analyses montrent que si le délitement du nous populaire favorise le repli sur la sphère privée et une plus forte exposition aux normes individualistes, les je populaires qui s’affirment aujourd’hui témoignent d’une revendication de reconnaissance indissociablement collective et personnelle.

Sommaire

Introduction

Marie-Hélène Lechien, Olivier Masclet, Gérard Mauger

Des « individus » dans l’ancienne culture ouvrière ?

Olivier Schwartz

Retour critique sur l’« attention oblique ». Une contribution à l’étude des individualités populaires

Olivier Masclet

Actualité du familialisme populaire. « Bien élever ses
enfants »

Gérard Mauger

Surveiller et servir. Rester soi-même dans une position
professionnelle subalterne

Séverine Misset

Moi, nous et les autres. Sur quelques enjeux de lutte dans
le monde des « hommes du fer »

Gérard Noiriel

Un nous contrarié ?

Henri Eckert

Travailler sur soi pour mieux vendre

Marie-Pierre Pouly

« Avoir le courage de faire des choses ». Usages du « psy » par des ménages de classes populaires stables

Anne-Marie Arborio & Marie-Hélène Lechien

Les interventions institutionnelles auprès des jeunes de milieu populaire : entre « travail de soi » et « travail des relations familiales »

Isabelle Coutant

Un « individu » à l’usage des sociologues

Gérard Mauger

 

 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 17 juin 2020

Être comme tout le monde, Employées et ouvriers dans la France contemporaine, Olivier Masclet, Thomas Amossé, Lise Bernard, Marie Cartier, Marie-Hélène Lechien, Olivier Schwartz, Yasmine Siblot (dir.)


Être comme tout le monde
Employées et ouvriers dans la France contemporaine
Olivier Masclet, Thomas Amossé, Lise Bernard, Marie Cartier, Marie-Hélène Lechien, Olivier Schwartz, Yasmine Siblot (dir.) 
Raisons d'Agir
Cours & Travaux
2020


Présentation de l'éditeur
Il est question dans ce livre de ces femmes et de ces hommes, employées ou ouvriers, qui vivent des revenus de leur travail et s’efforcent de « s’en sortir » par eux-mêmes. Ces travailleurs représentent, aujourd’hui encore, un groupe social stable et important. Beaucoup plus qu’autrefois, ils entrent en interaction directe avec les membres des classes moyennes et supérieures, comme clients ou professionnels de services (garde d’enfants, santé, éducation, commerce, sécurité, transports publics, etc.). Par leurs aspirations, leur fréquentation plus longue du système scolaire, leur accès à la consommation, ils se rapprochent des catégories moyennes ; en même temps, ils demeurent éloignés du capital culturel, leurs ressources économiques restent incertaines et leur travail, peu payé et peu considéré, est toujours subalterne.
Par des portraits de couples et de familles, résidant dans des espaces aussi bien ruraux qu’urbains, de générations et d’âges différents, ce livre éclaire ce que signifie « s’en sortir » ou plus exactement « s’en sortir à peu près » dans la société française actuelle. À rebours des discours convenus sur la « France périphérique » ou sur le « déclassement des classes moyennes », il donne à voir les conditions d’existence de ces classes populaires, stables mais fragiles, leurs pratiques à la fois publiques (travail, sociabilités, engagements bénévoles, rapport à la politique et aux institutions) et privées (économie domestique, rapports de genre et entre générations, loisirs individuels et « temps pour soi »).
Cette série de 21 portraits montre comment ces femmes et ces hommes travaillent à « être comme tout le monde », c’est-à-dire à éviter la relégation parmi les « assistés » et à s’affirmer comme membres à part entière de ce que Robert Castel appelait la « société des semblables ». Elle fait comprendre leurs aspirations autant que leurs déceptions et leurs griefs, la manière dont ils s’efforcent de jouer le jeu d’un ordre social qui pourtant leur fait peu crédit.



 




vendredi 21 octobre 2016

En quête des classes populaires. Un essai politique, Sophie Béroud, Paul Bouffartigue, Henri Eckert, Denis Merklen

En quête des classes populaires 
Un essai politique
Sophie Béroud
Paul Bouffartigue
Henri Eckert
Denis Merklen 
La Dispute
2016

Présentation l'éditeur
Les classes populaires n’apparaissent que par éclipses dans les discours politiques et médiatiques. Il est difficile cependant d’ignorer leur poids électoral ou de rester sourd à leurs révoltes, qu’elles viennent gonfler les rangs des cortèges syndicaux ou enflammer les banlieues. Quant aux sociologues, sont-ils toujours suffisamment attentifs aux formes de la conflictualité sociale au travers desquelles elles se mobilisent et se construisent ? Prendre acte de l’effacement de la « classe ouvrière » d’hier dans le paysage social et politique doit-il conduire à négliger les formes contemporaines des luttes de classes ?
Ce livre, qui s’inscrit dans les efforts de réinvention d’un horizon d’émancipation sociale, réunit les expériences de quatre sociologues pour mettre à l’épreuve la catégorie « classes populaires ». Il revient sur la manière dont s’est construite puis défaite l’hégémonie ouvrière sur ces classes, s’interroge sur les clivages qui les travaillent et sur ce que nous disent les « banlieues » du populaire contemporain. Face à un ordre social de plus en plus injuste et à un pouvoir de plus en plus autoritaire, quelles sont les potentialités de résistance et de transformation sociale portées par les catégories qui en souffrent le plus ? Les forces d’alternative ne doivent-elles pas à nouveau relever le défi majeur d’organiser leur représentation et leur action politiques ?

Maîtresse de conférences en science politique à l'université Lumière Lyon 2 et membre duu laboratoire Triangle, Sophie Béroud est spécialiste de l'histoire syndicale, ses recherches portent sur le syndicalisme et la précarité, l'évolution des conflits du travail et des grèves...
Sociologue du travail, Paul Bouffartigue est directeur de recherche au CNRS. Il travaille au Laboratoire d'économie et de sociologie du travail (LEST : CNRS et Aix-Marseille université) depuis 1994.
Sociologue, professeur à l'Université de Poitiers, Henri Eckert est membre du Groupe de REcherches Sociologiques sur les sociétés COntemporaines, est un laboratoire de recherche en sociologie (Gresco). Ses recherches ont pour thème l'insertion professionnelle des jeunes, l'insertion sociale et parcours de vie, les jeunes ouvriers et la socialisation ouvrière, les classes populaires, la discrimination à l’école et sur le marché du travail, la massification et/ou démocratisation de l’école, la sociologie de l’éducation / de la jeunesse / des professions.
Sociologue, enseignant-chercheur à l’Université Paris 7 Diderot, Denis Merklen est membre du Centre d’Etude des Mouvements Sociaux (EHESS/CNRS). Ses recherches portent sur les classes populaires, leurs modes d’inscription collective, d’individuation et de socialisation politique.

mercredi 11 février 2015

Pré-programme du Festival Raisons d’agir 2015 : « Jeunesses. ‘No Future ?’» (Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2015)

Festival Raisons d’agir 2015 : Jeunesses. ‘No Future ?
Espace Mendès-France, Poitiers
Du mercredi 8 au vendredi 10 avril 2015

Pré-programme
Etre jeune aujourd’hui… Quoi de commun entre l’apprenti/e, déjà au travail, et l’étudiant/e des grandes écoles, promis/e au meilleur avenir ? Quelles rencontres imaginer entre les « galériens » des « quartiers » qui résistent comme ils le peuvent à la relégation et celles et ceux qui inventent de nouvelles manières de vivre dans le bout de campagne où ils ont trouvé refuge ? Quelle unité possible entre les convertis aux nouveaux fantasmes de la radicalité religieuse et celles et ceux qui s’efforcent de gagner pas à pas leur propre émancipation, sociale, sexuelle ou politique ?
Il y a pourtant quelques questions qui se posent à tous ceux qui, comme on dit, entrent aujourd’hui dans la vie. Ce que leur promettent les générations en place, c’est toujours plus d’attente, toujours plus de menaces, toujours plus de risques. Ce que leur ont déjà offert les institutions qui ont accompagné leur enfance et leur adolescence, ce sont des diplômes au rendement incertain, un monde économique livré au consumérisme, une politique habitée par la désespérance.
Et puis il y a le regard des presque déjà vieux, souvent condescendant ou un peu nostalgique, forcément nostalgique. De leur temps, on ne se complaisait pas « chez papa et maman » jusqu’à pas d’âge, on savait s’engager pour la vie ou on savait se révolter – selon, bien-sûr, la lucarne d’où les observent les presque déjà vieux. Conflit de génération ? Même pas. Mais distances, ruptures, malentendus.
Il y a pourtant beaucoup à apprendre des façons dont chacun fait ou a fait sa jeunesse. On gagne à comparer les expériences, à transmettre ce qui peut l’être, à réinventer ce qui doit l’être. Sous réserve que chacun prenne la parole et fasse le récit de sa propre existence et de ce qui compte pour lui. A la condition, aussi, que l’on soit attentif à tout le nuancier des mondes d’avant et à ce qui se vit aujourd’hui, dans les nouvelles façons de vivre le travail, les études, la famille, le sens de la justice, l’espoir de la transformation sociale.
La 10e édition du festival Raisons d’agir mettra donc en discussion le rapport des jeunes d’hier et d’aujourd’hui à l’engagement. Plus encore qu’à l’occasion des précédentes éditions, il s’agira de croiser les expériences individuelles et collectives et les savoirs issus des sciences sociales, le regard des cinéastes, la sensibilité des artistes.

Avec :
  • Marsu (ex-manager des ‘Bérurier noir’)
  • Des jeunes engagés dans la musique, l’éducation populaire, les ZAD ou le militantisme politique.
  • Rémi Douat, producteur délégué de l’émission «Les Pieds sur Terre» sur France Culture.
  • Des projections de films : «Pascaline et Klara», «On n’est pas des marques de vélo».
  • Les chercheurs Romuald Bodin, Aurélien Casta, Henri Eckert, Sophie Orange, Julie Pagis, Camille Peugny, Nicolas Rénahy,…
  • Une expo sur les fanzines.
  • Une promenade sociologique.
  • Des travaux d’enquête réalisés par des étudiants.
  • Et une soirée-concert !
Programme en cours de finalisation.


(source: Festival Raisons d'agir)

lundi 21 mai 2012

écouter: Gilles Moreau à propos de La société des diplômes

écouter: Gilles Moreau à propos de La société des diplômes 
Question d'éducation, Vendredi 27 Janvier 2012
La société des diplômes
Sous la direction de Mathias Millet et Gilles Moreau
collection « États des lieux ».
La Dispute
2011

Présentation de l'éditeur
Ouvrage collectif, sous la direction de Mathias Millet et Gilles Moreau, avec les contributions de Guy Brucy, Patrick Cabanel, Pascal Caillaud, Céline Dumoulin, Henri Eckert, Alexandra Filhon, Sandrine Garcia, Marie-Hélène Jacques, Prisca Kergoat, Claire Lemêtre, Fabienne Maillard, Frédéric Neyrat, Sophie Orange, Claude Poliak, Tristan Poullaouec, Antoine Prost, Marc Suteau et George Waardenburg.
Aujourd’hui, plus de deux millions de diplômes sont attribués chaque année. Dans tous les champs de la société, le diplôme s’est imposé comme allant de soi. L’essor de la scolarisation est en effet allé de pair avec celui du diplôme, qui est devenu peu à peu une injonction et une norme sociale. Celles et ceux qui en sont aujourd’hui dépourvus, les « sans diplômes », sont stigmatisés, voués à une obligation de formation et fragilisés sur le marché du travail.
Il est urgent, dès lors, de penser les diplômes autrement que comme des parchemins administratifs : ils ont des histoires et des usages sociaux variés, sont des enjeux de luttes,
vivent, meurent et informent sur l’état de notre société et ses visions du monde. À quoi servent-ils ? Comment sont-ils créés ? Quels en sont les enjeux sociaux, politiques ou économiques ? Quelles sont leurs « valeurs » sur le marché du travail ? Y a-t-il trop de diplômes, ou trop de diplômés ?
À l’heure de la commémoration pour certains diplômes (le baccalauréat a eu deux cents ans en 2008, le CAP en aura cent cette année), cet ouvrage collectif est une invitation à réfléchir à la manière dont les diplômes et leurs évolutions transforment notre rapport à la société, aux hiérarchies sociales et au marché du travail.
Guy Brucy est professeur honoraire en sciences de l’éducation à l’université de Picardie Jules-Verne.
Patrick Cabanel est professeur d’histoire contemporaine à l’université Toulouse-II Le Mirail, membre du laboratoire FRAMESPA.
Pascal Caillaud est chargé de recherche au CNRS en droit du travail, membre du laboratoire Droit et changement social et directeur du centre associé du Céreq des Pays de la Loire.
Céline Dumoulin est ingénieure de recherche à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (détachée au GIP-Carif) et membre du laboratoire PRINTEMPS.
Henri Eckert est professeur de sociologie à l’université de Poitiers et membre du GRESCO.
Alexandra Filhon est maître de conférences en sociologie à l’université Paris-X-Nanterre et membre du laboratoire PRINTEMPS.
Sandrine Garcia est maître de conférences en sociologie à l’université Paris-IX-Dauphine et membre de l’IRISSO.
Marie-Hélène Jacques est maître de conférences en sciences de l’éducation à l’IUFM de Poitou-Charentes et membre du GRESCO.
Prisca Kergoat est maître de conférences en sociologie au Centre universitaire Jean-François Champollion d’Albi et membre du CERTOP.
Claire Lemêtre est docteur en sociologie et membre du CENS à l’université de Nantes.
Fabienne Maillard est professeure de sciences de l’éducation à l’université de Picardie Jules-Verne et membre du CURAPP.
Mathias Millet est maître de conférences en sociologie à l’université de Poitiers et membre du GRESCO.
Gilles Moreau est professeur de sociologie à l’université de Poitiers et codirecteur du GRESCO.
Frédéric Neyrat est maître de conférences en sociologie à l’université de Limoges et codirecteur du GRESCO.
Sophie Orange est ATER en sociologie à l’université de Poitiers et membre du GRESCO.
Claude Poliak est chargée de recherche au CNRS en sociologie et membre du CSE.
Tristan Poullaouec est maître de conférences en sociologie à l’université de Nantes et membre du CENS et du Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire.
Antoine Prost est professeur d’histoire émérite à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et membre du Centre d’histoire sociale du XXe siècle.
Marc Suteau est maître de conférences en sociologie à l’université de Nantes et chercheur associé au Service d’histoire de l’éducation (SHE, Institut français de l’éducation).
George Waardenburg est doctorant en sociologie à l’université de Genève.