« Je pense que les peuples ont pris conscience du fait qu’ils avaient des intérêts communs et qu’il y avait des intérêts planétaires qui sont liés à l’existence de la terre, des intérêts que l’on pourrait appeler cosmologiques, dans la mesure où ils concernent le monde dans son ensemble ».
Pierre Bourdieu (1992)


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mardi 10 décembre 2019

dimanche 3 mai 2015

Lire les sciences sociales: Présentation et discussion de Jazz, les échelles du plaisir. Intermédiaires et culture lettrée en France au XXe siècle d'Olivier Roueff et de Manet, une révolution symbolique. Cours au Collège de France, 1998-2000 de Pierre Bourdieu, 20 mai 2015

lire les sciences sociales

Séance sociologie de l’art

Mercredi 20 mai 2015

14 h 00 - 17 h 00

CNRS/site Pouchet, 59-61, rue Pouchet, 75017 Paris
Métro ligne 13 (Guy Moquet/Brochant), Bus 66 (La Jonquière)


Présentation et discussion de 


Jazz, les échelles du plaisir. Intermédiaires et culture lettrée en France au XXe siècle
(La Dispute, coll. Arts, Culture, 2013)
de Olivier Roueff 
par Wenceslas Lizé en présence de l’auteur

Jazz, les échelles du plaisir, histoire sociale inédite, accessible et vivante du jazz en France, éclaire l’histoire culturelle du XXe siècle sous un jour nouveau. Il montre comment musiciens, auditeurs et intermédiaires culturels se rassemblent, et parfois se confrontent, pour faire vivre les plaisirs du jazz. Olivier Roueff, sociologue et spécialiste du jazz, raconte les hauts faits des musiciens (de Django Reinhardt à Martial Solal) et les grandes batailles critiques (Hugues Panassié contre Boris Vian, le free jazz…) qui peuplent la mémoire des passionnés. L’auteur analyse la formation des industries culturelles et la « racialisation » de l’érotisme musical, l’invention de la « musique des jeunes » et les rendez-vous féconds ou manqués entre cultures populaires et savantes, les rapports complexes entre développement des politiques culturelles, marchandisation des musiques et défense de l’« authenticité ». L’ouvrage s’appuie sur des données abondantes et variées, des archives du music-hall à l’ethnographie des jazz-clubs. Il est accompagné d’un site internet qui propose aux lecteurs des compléments d’analyse, ainsi que de nombreux documents textuels, sonores et visuels. Référence incontournable pour tous les passionnés de jazz, ce livre s’adresse également aux chercheurs, enseignants et étudiants en sciences humaines et sociales, et au grand public au-delà des seuls amateurs de jazz.
Pour plus d’informations sur l’ouvrage, consulter le site associé au livre : http://www.plaisirsdujazz.fr/

Manet, une révolution symbolique 
Cours au Collège de France, 1998-2000
(Le Seuil, Raisons d’agir, Cours & Travaux, 2013)
de Pierre Bourdieu 
par Olivier Roueff

Comment s’opère une révolution symbolique et comment réussit-elle à s’imposer ? À travers le cas exemplaire d’Édouard Manet, c’est à cette question que s’est confronté Pierre Bourdieu dès les années 1980 et à laquelle il a consacré les dernières années de son enseignement au Collège de France. Ce deuxième volume des cours inédits du sociologue, accompagnés d’un livre resté inachevé, marque ainsi l’aboutissement d’une réflexion centrale dans son œuvre. Située en pleine crise de l’Académie, à un moment où la croissance du nombre des peintres remettait en cause la tutelle de l’État sur la définition de la valeur artistique, la rupture inaugurée par Manet a abouti à un bouleversement de l’ordre esthétique. La nouvelle vision du monde qu’elle a engendrée a imprimé sa marque jusqu’à nos jours. En abordant la genèse des tableaux de Manet comme une série de prises de position qui sont autant de défis lancés à l’académisme conservateur des peintres pompiers, au populisme des réalistes, à l’éclectisme commercial de la peinture de genre et même aux « impressionnistes », Bourdieu montre qu’une telle révolution est indissociable des conditions d’émergence des champs de production culturelle.
Olivier Roueff est sociologue, chargé de recherche au CNRS, membre du CRESPPA-CSU. Ses recherches portent sur les systèmes d’intermédiation culturelle et la fabrique des styles de vie dans leurs dimensions de classe, de race et de genre, en France et en Inde. Il a récemment publié : Écologie sociale de l’oreille. Enquêtes sur l’expérience musicale, Paris, EHESS, 2009 (avec A. Pecqueux, dir.) et Intermédiaires du travail artistique. À la frontière de l’art et du commerce, Paris, La Documentation Française, coll. "Questions de culture", 2010 (avec W. Lizé et D. Naudier).
Wenceslas Lizé est sociologue, maître de conférences à l’Université de Poitiers, chercheur au GRESCO. Ses recherches portent principalement sur la culture et les pratiques culturelles, ainsi que l’art, les professions et les marchés du travail artistiques. Il a notamment dirigé avec D. Naudier et S. Sofio Les stratèges de la notoriété. Intermédiaires et consécration dans les univers artistiques, Paris, Éditions des archives contemporaines, 2014.


(source: Lire Les Sciences Sociales)

jeudi 6 novembre 2014

La culture et ses intermédiaires. Dans les arts, le numérique et les industries créatives, Ouvrage dirigé par Laurent Jeanpierre et Olivier Roueff

La culture et ses intermédiaires
Dans les arts, le numérique et les industries créatives
Ouvrage dirigé par Laurent Jeanpierre et Olivier Roueff
Editions des archives contemporaines
2014

Présentation de l'éditeur
Qui sont les protagonistes des « fonctions » d’intermédiation en pleine expansion actuellement ? Quelles sont leurs relations, directes ou indirectes, avec la création?
Amazon, iTunes, Netflix, YouTube, etc. : la liste serait longue des nouvelles formes controversées d’accès à la culture. À côté de ces grands noms d’entreprises transnationales, c’est en réalité l’ensemble des activités d’intermédiaires dans les arts et les industries créatives qui s’expose aujourd’hui et semble croître, en nombre, en taille et en puissance. Qui sont les protagonistes de ces activités en pleine expansion?
Que font-ils ? Quelles sont leurs relations, directes ou indirectes, avec la création?
À travers une vingtaine d’enquêtes conduites en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis sur des individus et des entreprises qui font exister l’offre et la demande de travail artistique ou de biens culturels, les auteurs de ce livre répondent pour la première fois à ces questions de manière plurisectorielle : dans les arts visuels, la musique, le cinéma, la mode, la bande-dessinée et les industries numériques. La plupart des « fonctions » d’intermédiation sont ainsi abordées, depuis le soutien à la production jusqu’aux palmarès en passant par la sélection des talents, le développement de carrières, le montage des équipes et des budgets et, bien entendu, la distribution et la promotion des œuvres.
La perspective adoptée met en avant les luttes incessantes pour la conquête des créations ayant lieu aux frontières de « territoires » d’activité professionnalisés ou plus informels. L’ouvrage constitue un plaidoyer pour une sociologie des systèmes d’intermédiation : méthode d’analyse pertinente des reconfigurations économiques actuelles, irréductibles au discours enchanté des investisseurs comme au schème critique globalisant de la marchandisation de la culture ; instrument privilégié d’une écologie sociale indispensable à une compréhension réaliste du travail artistique. Au terme du parcours, les débats sur la reconnaissance déclinante des créateurs et la répartition inégale des risques et des bénéfices au sein du capitalisme dit « culturel » devraient apparaître sous un jour inédit.

Ouvrage dirigé par Laurent Jeanpierre et Olivier Roueff avec des contributions d’Olivier Alexandre, Pierre-Jean Benghozi, Célia Bense Ferreira Alves, Christian Bessy, Laura Braden, Vincent Bullich, Pierre-Marie Chauvin, Diana Crane, Timothy J. Dowd, Thomas Guignard, Karim Hammou, Wenceslas Lizé, Audrey Mariette, Jean-Matthieu Méon, Bernard Miège, Delphine Naudier, Keith Negus, Thomas Paris, Violaine Roussel, Mathieu Trachman, Laure de Verdalle, Julie Verlaine et Pierre-Édouard Weill.

mercredi 5 novembre 2014

Les stratèges de la notoriété. Intermédiaires et consécration dans les univers artistiques, Ouvrage dirigé par Wenceslas Lizé, Delphine Naudier et Séverine Sofio

Les stratèges de la notoriété
Intermédiaires et consécration dans les univers artistiques

Ouvrage dirigé par Wenceslas Lizé, Delphine Naudier et Séverine Sofio
Editions des archives contemporaines
2014

Présentation de l'éditeur
Dans quelle mesure et de quelles manières les intermédiaires contribuent-ils à la fabrication du succès des artistes et à leur accès à la consécration ?
L'activité artistique professionnelle est collective et repose, in fine, sur la commercialisation d'oeuvres, de spectacles, de disques ou de films dont la vocation est d' atteindre un public. Dans cette entreprise, la notoriété est à la fois une fin en soi et un outil qu'un certain nombre de professionnels s’emploient à fabriquer. En d’autres termes, l’accès des artistes à l’espace public suppose l’intervention d' intermédiaires culturels qui s'efforcent, au moyen de stratégies encore peu étudiées par les sciences sociales, de sortir de l'anonymat et de promouvoir des artistes ou des oeuvres.
A partir d'un ensemble d'enquêtes et de recherches collectives, ce livre a pour but de lever le voile sur ces acteurs clés des mondes de l'art, sur leurs pratiques et sur les conséquences de celles-ci en termes à la fois économiques et symboliques. La construction de la valeur des artistes et des oeuvres est ici conçue comme la principale tâche des intermédiaires culturels. Au-delà de leur présentation emphatique comme « faiseurs de stars » ou « briseurs de carrières », dans quelle mesure et de quelles manières les intermédiaires contribuent-ils à la fabrication du succès des artistes et à leur accès à la consécration ?
Répondant à cette question décisive à travers plusieurs études de cas, ce livre éclaire les processus de construction sociale de (l'accès à) la notoriété dans différents secteurs de la production culturelle : édition, musique, arts du spectacle, cinéma, arts plastiques et diffusion en ligne. Ainsi, il s'adresse aussi bien aux professionnels de la culture ou des arts qu'aux étudiant-e-s, enseignant-e-s et chercheur-e-s.
Ouvrage dirigé par Wenceslas Lizé, Delphine Naudier et Séverine Sofio, avec des contributions de Vincent Dubois, Luca Pareschi, Kaoutar Harchi, Dominique Sagot-Duvauroux, Gérôme Guibert, Laure de Verdalle, Pierre-Edouard Weill, Jean-Samuel Beuscart, Maxime Crepel, Olivier Roueff.



lundi 13 janvier 2014

en ligne: Actes de la Recherche en Sciences Sociales, mars 2010 - n°181-182, Les partitions du goût musical

en ligne sur Cairn.info:
Actes de la Recherche en Sciences Sociales, mars 2010 - n°181-182, Les partitions du goût musical, Seuil
(Abonnement à la revue)



Page 4 à 11
Wenceslas Lizé et Olivier Roueff   La fabrique des goûts








Page 142 à 156


(source: Cairn.info)

lundi 23 décembre 2013

radio-presse écrite-web-séminaire: à propos du livre de Pierre Bourdieu, Manet. Une révolution symbolique. Cours au Collège de France (1998-2000)


radio-presse écrite: à propos du livre de Pierre Bourdieu, Manet. Une révolution symbolique. Cours au Collège de France (1998-2000), suivis d'un manuscrit inachevé de Pierre et Marie-Claire Bourdieu, (Edition établie par Pascale Casanova, Patrick Champagne, Christophe Charle, Franck Poupeau et Marie-Christine Rivière), Seuil-Raisons d'agir, 2013




(Cette liste sera mise à jour au fur et à mesure, version revue le 14.11.2015,   Gilbert Quélennec)
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Séminaire

écouter: Roger Chartier, à propos de Pierre Bourdieu, Manet. Une révolution symbolique, Collège de France, 28 novembre 2013
séminaire Histoire culturelle en question(s), Collège de France, 28 novembre 2013


Web (sélection):

Bourdieu bouleversant, par Jacques Dubois
blog de Jacques Dubois sur Mediapart, 28 novembre 2013

La grandeur de Manet, par Olivier Roueff 
La vie des idées, 18 mars 2014

Bourdieu l’hérésiarque, par Philippe Saunier 

La vie des idées, 19 mars 2014

Le Manet de Bourdieu, par Denis Saint-Amand
Acta Fabula Mars 2014 (volume 15, numéro 3)



Presse , Revues  (sélection):

L’effet Manet, par Pierre Bourdieu
« Le Monde diplomatique »,  novembre 2013

Manet, une lutte à la vie à la mort. Un extrait de Pierre Bourdieu, La révolution impressionniste, publié in Noroit, 303, septembre-octobre 1987, p.3-18
Le monde des livres | 31.10.2013

Roger Chartier, Bourdieu au miroir de Manet
Le monde des livres | 31.10.2013

Entretien avec Christophe Charle
Libération, 02.11.2013

Pierre Bourdieu dans l’atelier révolutionnaire d’Édouard Manet

L'Humanité, 21.11.2013 

Manet : révolutionnaire ! Décryptage avec l’historien Christophe Charle
Le Nouvel Observateur, hors série, Janvier février 2014

« Comment Manet a révolutionné l’art », un article de Gisèle Sapiro,
La Nouvelle Quinzaine littéraire n°1097 du 16 au 31 janvier 2014


Pierre Bourdieu, Manet. Une révolution symbolique, par Séverine Sofio
Sociologie 2/ 2014 (Vol. 5), p. 223-228

Lecture de Pierre Bourdieu, Manet. Une révolution symbolique par Christophe Voilliot
Actualité du XIXe siècle, 30.11.2014


Radio:

Christophe Charle et Patrick Champagne à propos de Pierre Bourdieu, Manet: Une révolution symbolique
Là-bas si j'y suis par Daniel Mermet, 12.11.2013

Christophe Charle et Pierre Encrevé à propos de de Pierre Bourdieu, Manet: Une révolution symbolique
Les Lundis de l'histoire par Roger Chartier, 25.11.2013

Christophe Charle, à propos de Pierre Bourdieu, Manet: Une révolution symbolique
La Fabrique de l'Histoire par Emmanuel Laurentin, 12.02.2014



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voir également:

Publications de Pierre Bourdieu: autour de Manet. Une révolution symbolique. Cours au Collège de France (1998-2000)

Publications de Pierre Bourdieu: la notion de Révolution symbolique


Publications de Pierre Bourdieu, Sociologie historique et analyse du changement
  

 

mercredi 2 octobre 2013

Olivier Roueff, Jazz, les échelles du plaisir + « site-compagnon » de l'ouvrage

Olivier Roueff
Jazz, les échelles du plaisir
Intermédiaires et culture lettrée en France au vingtième siècle
La Dispute
2013

Présentation de l'éditeur
Jazz, les échelles du plaisir, histoire sociale inédite, accessible et vivante du jazz en France, éclaire l’histoire culturelle du XXe siècle sous un jour nouveau. Il montre comment musiciens, auditeurs et intermédiaires culturels se rassemblent, et parfois se confrontent, pour faire vivre les plaisirs du jazz. Olivier Roueff, sociologue et spécialiste du jazz, raconte les hauts faits des musiciens (de Django Reinhardt à Martial Solal) et les grandes batailles critiques (Hugues Panassié contre Boris Vian, le free jazz…) qui peuplent la mémoire des passionnés. L’auteur analyse la formation des industries culturelles et la « racialisation » de l’érotisme musical, l’invention de la « musique des jeunes » et les rendez-vous féconds ou manqués entre cultures populaires et savantes, les rapports complexes entre développement des politiques culturelles, marchandisation des musiques et défense de l’« authenticité ».
L’ouvrage s’appuie sur des données abondantes et variées, des archives du music-hall à l’ethnographie des jazz-clubs. Il est accompagné d’un site internet qui propose aux lecteurs des compléments d’analyse, ainsi que de nombreux documents textuels, sonores et visuels.
Référence incontournable pour tous les passionnés de jazz, ce livre s’adresse également aux chercheurs, enseignants et étudiants en sciences humaines et sociales, et au grand public au-delà des seuls amateurs de jazz.
Olivier Roueff, sociologue et spécialiste du jazz. 

+

« site-compagnon » de l'ouvrage



mardi 9 juillet 2013

Le Mouvement Social, n°243 avril-juin 2013, Intermédiaires culturels, territoires professionnels et mobilisations collectives dans les mondes de l'art

Le Mouvement Social,  n°243 avril-juin 2013, Intermédiaires culturels, territoires professionnels et mobilisations collectives dans les mondes de l'art,
Sous la direction d'Olivier Roueff et Séverine Sofio
La Découverte
2013


Page 3 à 7
Éditorial
Olivier Roueff et Séverine Sofio,  Intermédiaires culturels et mobilisations dans les mondes de l'art

Page 9 à 18
Angèle David-Guillou,  L'organisation des musiciens dans la Grande-Bretagne du XIXe siècle : vers une nouvelle définition de la profession

Page 19 à 30
Vincent Cardon et Mathieu Grégoire,  Les syndicats du spectacle et le placement dans l'entre-deux-guerres

Page 31 à 40
Luc Sigalo Santos, Portrait d'un service public en intermédiaire : l'ANPE Spectacle de Paris

Page 41 à 51
Delphine Naudier, La construction sociale d'un territoire professionnel : les agents artistiques

Page 53 à 65
Julie Verlaine, Les associations professionnelles de marchands d'art après 1945 : lobbying et modernisation à Paris et à New York

Page 67 à 77
Marjorie Glas,  Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (SYNDEAC), miroir et moteur des transformations de l'univers théâtral

Page 79 à 89
Laurent Jeanpierre et al.,  Représenter les commissaires d'exposition d'art contemporain en France : une intermédiation collective impossible ?

Page 91 à 103
Caroline Moine, La Fédération internationale des associations de producteurs de films : un acteur controversé de la promotion du cinéma après 1945

Page 105 à 116
Hervé Serry et Josée Vincent, Penser le rôle des foires internationales dans la mondialisation de l'édition L'exemple des éditeurs québécois à la Buchmesse de Francfort

Page 117 à 141
  Notes de lecture

Page 143 à 147
  Informations et initiatives




mercredi 19 juin 2013

Trente ans après La Distinction, Sous la direction de Philippe Coulangeon et Julien Duval (en librairie le 27 juin 2013)

Trente ans après La Distinction
Sous la direction de Philippe Coulangeon et Julien Duval
La Découverte
2013

Présentation de l'éditeur
Dès sa parution en 1979, le livre de Pierre Bourdieu, La Distinction, fait l'objet de vifs débats. Mettant au jour les déterminants sociaux de nos goûts et de nos choix dans des domaines très divers (culture, alimentation, politique...) et il montre la « lutte des classes » à l'oeuvre dans les jugements les plus quotidiens. Il bouscule simultanément les routines de la recherche en sciences sociales. À partir des années 1980, les débats ont pris un tour international. Aujourd'hui, La Distinction est le livre de sociologie le plus cité au monde et il continue d'alimenter les discussions.
Le présent ouvrage dresse un bilan de sa postérité et de son actualité. La culture savante joue-t-elle, dans les sociétés contemporaines, le même rôle qu'il y a trente ans ? Comment l'élévation générale du niveau d'instruction, le développement d'un chômage de masse, ou encore la ségrégation spatiale croissante, ont-ils affecté les rapports entre les groupes sociaux ? Et que nous apprennent les sociologues étrangers qui transposent le cadre théorique de La Distinctionà d'autres contextes nationaux ?
En rassemblant une trentaine de spécialistes, français et étrangers, cet ouvrage invite à réfléchir aux transformations qui travaillent nos sociétés et, simultanément, au destin unique (quoique paradoxal) de La Distinction et de la sociologie de Pierre Bourdieu dans les sciences sociales contemporaines.
Introduction,par Philippe Coulangeon et Julien Duval
Un « classique » très discuté
Un livre-gigogne
Une réception mouvementée
L'actualité de La Distinction et ses facettes
I / Genèse et réception internationale de La Distinction
1. Les tentatives de construction de l'espace social, de l'« Anatomie du goût » àLa Distinction. Quelques repères pour l'histoire d'une recherche,par Monique de Saint-Martin La composition du livre
L'enquête sur le goût
Construction de l'espace social et de l'espace des styles de vie
Les différents groupes et classes
D'« Anatomie du goût » àLa Distinction. Variations dans les schémas et dans l'interprétation
Les analyses des correspondances
Les conditions de validité des analyses
Les failles d'une interprétation des données parfois unidimensionnelle
2. La carrière internationale de La Distinction,par Gisèle Sapiro Les traductions de La Distinction La réception et l'impact de La Distinction 3. En quoi Bourdieu a-t-il été utile à notre réflexion ? Le cas des États-Unis, par Michèle Lamont Le changement de relation entre sociologie française et sociologie américaine
La prise en compte inégale des critiques de Bourdieu du côté américain
La centralité de la quantification dans la réception américaine de Bourdieu
L'impact de Bourdieu sur la mutation culturelle de la « théorie »
Un regain d'intérêt pour la question des frontières
4. Distinction, légitimité et classe sociale,par Jean-Louis Fabiani
5. Du bon usage de
La Distinction, par Louis Pinto
Un système de différences
Axes, facteurs, pouvoirs
Faut-il donner raison au dernier qui a parlé ?
II / La Distinction, oeuvre phare de la sociologie de la culture
6. Dissonance et consonance dans l'amour de la musique contemporaine. Les limites de l'omnivorisme musical dans l'auditoire de l'Ensemble intercontemporain, par Stéphane Dorin
Un auditoire idéal pour une écoute totale ?
Le vieillissement des publics de la musique savante
Les incomplétudes de l'écoute totale : typologie des goûts et des pratiques musicales de l'auditoire
Omnivorisme contraint et omnivorisme choisi
7. Des jeunes « univores » ? Musique, ethnicité et (il)légitimité culturelle dans l'East-End londonien et en Seine-Saint-Denis,par Agathe Voisin Un goût omnivore et autonome
Un répertoire « minoritaire » ?
Une double illégitimité ?
8. Les grands lecteurs de romans policiers. Plaisirs et appropriations lectorales entre logiques de trajectoires et informalisation du rapport à la culture, par Annie Collovald et Erik Neveu
Des pratiques rétives aux interprétations les plus systématiques
Culture à l'état pratique ou rapport réaliste à la lecture
Goût pour les enjeux sociaux concrets et dispositions critiques
Lectures de polars et échappées identitaires
Au-delà de la légitimation d'un art mineur : une problématique de l'informalisation culturelle
Informalisation culturelle ?
9. « Anything but Soul Food ». Goûts et dégoûts alimentaires chez les habitants d'un quartier gentrifié, par Sylvie Tissot Diversité et distinction
Genèse d'un régime cosmopolite
Espace des goûts, espace des établissements
De l'art d'esthétiser les nourritures populaires
10. Les homologies structurales : une magie sociale sans magiciens ? La place des intermédiaires dans la fabrique des valeurs, par Olivier Roueff Une approche relationnelle et probabiliste : l'homologie entre les positions et les prises de position dans un champ
Une théorie de l'espace social : taux de conversion et homologies structurales entre les champs
Une théorie de la valeur : l'homologie entre les champs de production (offre) et l'espace social (demande) Une magie sociale sans magiciens ? Le statut causal des homologies structurales
Zones franches, domination(s), frontières
11. La culture à l'échelle individuelle : la transférabilité en question,par Bernard Lahire Au coeur des singularités
Des transferts imparfaits
III / Perspectives internationales
12. La Distinction revisitée : l'espace des styles de vie britannique en 2003
, par Tony Benett, Modesto Gayo-Cal, Brigitte Le Roèux, Mike Savage, Elisabeth Silva, Alan Warde et David Wright L'espace des styles de vie : la vie culturelle en Grande-Bretagne en 2003
Les groupes sociaux et l'espace des styles de vie
13. L'espace social, les pratiques quotidiennes et la ville. Repères pour une sociologie des divisions sociales et symboliques dans la ville de Porto, par Virgílio Borges Pereira Une lecture de La Distinction
L'espace social de Porto et la production des pratiques quotidiennes
Sur les processus de différentiation socio-spatiale de la ville de Porto
14. Le goût dominant comme goût traditionnel : préférences et aversions esthétiques des élites de São Paulo,par Carolina PuliciLe rejet du modernisme architectural
Les films nationaux et le pessimisme
Les valeurs sûres et l'art contemporain
15. Les formes émergentes de capital culturel,par Annick Prieur et Mike Savage Le déclin de la culture savante traditionnelle
L'avènement de l'« omnivore culturel » ?
Un mode « averti » d'appropriation culturelle
L'émergence d'un capital culturel cosmopolite ?
L'accession d'une « culture scientifique » à une position plus légitime ?
IV / La Distinction comme théorie des classes sociales
16. Bourdieu et les classes populaires. L'ambivalence des cultures dominées,
par Carolina Pulici Autonomie / hétéronomie des classes populaires
Diversité / unité des classes populaires
Crise de reproduction du groupe ouvrier et recomposition des classes populaires
17. « Petite bourgeoisie nouvelle » ou « nouvelles couches moyennes salariées » ? Retour sur un débat et sur un enjeu, la domination, par Marie-Hélène Lechien
« Nouvelles couches moyennes salariées » contre « petite bourgeoisie nouvelle » dans les années 1970-1980
L'enjeu implicite de la domination
18. Réflexions sur la « petite bourgeoisie nouvelle » dans les années 2000, par Lise Bernard Une approche statistique de l'espace social des années 2000
L'importance des ressources culturelles non scolaires
Les « commerciaux » : un segment des classes moyennes contemporaines situé au coeur de transformations sociales récentes et immergé dans un monde marchand
19. La compétition entre fractions des classes moyennes supérieures et la mobilisation des capitaux autour des choix scolaires, par Agnès Van Zanten Les intellectuels : une mobilisation intense du capital culturel et du capital social scolaire et local
Les technocrates : la double conversion, culturelle et sociale, du capital économique
V. La Distinction et la sociologie politique
20. Retour sur les modes de production des opinions politiques, par Daniel Gaxie Une typologie exhaustive ?
Le mode de production par référence aux conditions matérielles d'existence
Sur la caractérisation des modes de production
Sur les conditions d'activation des modes de production des opinions politiques
21. La production des opinions aux États-Unis, trente ans aprèsLa Distinction, par Daniel Laurison
Opinions formulées et non-réponses
Les mécanismes générateurs de l'opinion
Contenu des opinions et approche relationnelle
22. Retour sur l'hypothèse de « l'homologie structurale » : les déplacements des catégories sociales dans l'espace politique français depuis La Distinction, par Bruno Cautrès, Flora Chanvril et Nonna MayerRetour sur la thèse de l'homologie structurale
Les trajectoires électorales des groupes socio-professionnels (1978-2012)
VI / Nouveaux territoires
23. La morale des uns ne peut pas faire le bonheur de tous. Individualisation des problèmes publics, prescriptions normatives et distinction sociale, par Jean-Baptiste Comby et Matthieu Grossetête Les problèmes publics comme luttes normatives
De l'individualisation des causes à l'universalisation de la norme de prévoyance
Inégaux face aux comportements prévoyants
La norme de prévoyance comme motif de distinction sociale dans les milieux aisés
Une extension des logiques de domination des milieux populaires
Un marqueur de l'ascension sociale dans les classes moyennes
24. Des pêcheurs distingués. L'espace des pratiques halieutiques,par Frédéric Roux Une pratique « oubliée » dans l'espace des pratiques : des pêcheurs populaires « muets comme des carpes »
Des pratiques dans la pratique : l'espace social des techniques de pêche
Pêcheurs « civilisés » et pêcheurs « barbares »
25. Quelle dimension spatiale des structures sociales chez Bourdieu ? Localisations résidentielles et jeux d'échelles dans La Distinction, par Fabrice Ripoll
Une entrée paradoxale ?
La localisation résidentielle, composante des conditions et des positions sociales
Les échelles géographiques, ou le problème de la délimitation du (des) espace(s) social(ux)
Vers une intégration systématique de la dimension spatiale du monde social
Conclusion,par Philippe Coulangeon et Julien Duval Un livre toujours « redoutable »
Sociologie de la culture et théorie de l'action
Questions ouvertes
Innovation méthodologique et invention formelle
Bibliographie générale
Liste des auteurs.
 
Philippe Coulangeon est directeur de recherche au CNRS, membre de l’Observatoire sociologique du changement à Sciences Po. Ses travaux portent notamment sur la sociologie de la culture et des pratiques culturelles. Parmi ses publications récentes, Les Métamorphoses de la distinction. Inégalités culturelles dans la France d’aujourd’hui (2011).
Julien Duval est chargé de recherche au CNRS, au Centre européen de sociologie et de science politique. Il a en particulier travaillé sur le journalisme économique et le cinéma, et leurs transformations contemporaines en France. Il est notamment l’auteur de Critique de la raison journalistique (2004).

samedi 25 mai 2013

Le Cinéma. Travail et organisation. Gwenaële Rot et Laure de Verdalle (Sous la direction de)

Le Cinéma
Travail et organisation
Gwenaële Rot et Laure de Verdalle
(Sous la direction de)
La Dispute
2013

Présentation de l'éditeur
L’industrie française du cinéma connaît d’importants bouleversements: redéfinition des règles de financement des films, passage aux techniques numériques pour le tournage, la postproduction et la diffusion en salle… Pour mieux saisir ces transformations et leurs enjeux, cet ouvrage analyse l’évolution des métiers et des circuits de l’industrie cinématographique. Comment se concrétisent les projets de film ? Les contraintes économiques de la production peuvent-elles s’adapter aux choix esthétiques des réalisateurs? De quelle manière s’organise la division du travail qui mobilise tant de métiers différents ?
Les auteurs ont mené une vaste enquête sur les conditions de la fabrication des films aujourd’hui en France. Du documentaire au long métrage de fiction, de la conception d’un film à sa fabrication proprement dite, ils donnent une vision précise de l’organisation du cinéma français. Ils proposent des éclairages inédits sur la contribution centrale de professionnels souvent laissés dans l’ombre (producteurs, distributeurs, agents, techniciens, etc.), ainsi que des pistes de réflexion sur les transformations des métiers de la culture et plus généralement du salariat.
Ce livre intéressera tous ceux qui, sociologues du travail ou de la culture, étudiants ou amateurs de cinéma, professionnels du secteur ou responsables des politiques culturelles, cherchent à mieux saisir la réalité complexe de l’industrie contemporaine du cinéma.
Vincent Cardon, docteur en sociologie, est membre du CESPRA-CNRS.
Adeline Lamberbourg, doctorante en sociologie à l’EHESS, est attachée territoriale à la Ville de Montreuil.
Wenceslas Lizé, maître de conférences en sociologie à l’université de Poitiers, est membre du GRESCO.
Audrey Mariette, maîtresse de conférences en science politique à l’université Paris-VIII Saint-Denis, est membre de l’équipe CSU au sein du CRESPPA-CNRS Paris-VIII.
Delphine Naudier, chargée de recherche en sociologie au CNRS, est membre de l’équipe CSU au sein du CRESPPA-CNRS Paris-VIII.
Olivier Pilmis, docteur en sociologie, est membre du CESPRA-CNRS EHESS.
Gwenaële Rot, maître de conférences HDR en sociologie à l’université Paris-Ouest Nanterre, est membre de l’IDHE-CNRS.
Olivier Roueff, chargé de recherche en sociologie au CNRS, est membre de l’équipe CSU au sein du CRESPPA-CNRS Paris-VIII.
Émilie Sauguet, doctorante en sociologie, est membre de l’IDHE-CNRS Paris-Ouest Nanterre.
Laure de Verdalle, chargée de recherche en sociologie au CNRS, est membre du laboratoire Printemps-CNRS UVSQ.
Antoine Vernet, docteur en sociologie, est chercheur postdoctoral à l’Imperial College Business School, à Londres.


jeudi 18 avril 2013

écouter: Colloque "Les sources de la mondialisation : pour une approche réflexive"

Le colloque international "Les sources de la mondialisation : pour une approche réflexive" s'est déroulé les mercredi 19 et jeudi 20 septembre 2012 à Guyancourt.
Sous la responsabilité scientifique de Lamia Missaoui et Olivier Roueff (Laboratoire Printemps CNRS-UVSQ) et Thomas Brisson (LABTOP, Université Paris 8 Vincennes - Saint Denis), ce colloque a été organisé avec le soutien de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, de la délégation régionale Ouest et Nord du CNRS, de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et de l’UFR des sciences sociales de l’UVSQ.

Mercredi 19 Septembre

Mondialisation et normes

Yves Dezalay (CESSP, CNRS)
L’internationalisation  des marchés d’expertise professionnelle comme clef d’entrée dans  la mondialisation des ‘luttes de palais’

Gilles Lhuilier (Professeur de droit à l’Université de Bretagne Sud)
« Normative spaces ». La localisation mondiale des lois par les acteurs privés

Didier Demazière (CSO, CNRS)
Comment interroger l’évidence d’une mondialisation du chômage ? Une démarche de comparaison internationale compréhensive

Isabelle Giraudou ( Maison franco-japonaise de Tokyo,CNRS-MAEE)
Les Principles of Asian Contract Law (PACL) : objet d’une recherche de droit global ?

Catégoriser/Quantifier la Mondialisation

Jean-Yves Mollier (CHSCS, UVSQ)
« Quelques réflexions sur la circulation des imprimés dans le monde (XVe-XXIe siècles) »
Gisele Sapiro ( CESSP, EHESS )
La mondialisation dans le domaine de la production culturelle : le cas du marché du livre et de la traduction

Stephane Dufoix (SOPHIAPOL, Université Paris Ouest Nanterre)
Comment les mots viennent au monde… Socio-sémantique historique et mondialisation 

Stéphanie Treillet (CEMOTEV-UVSQ)) et  Dominique Mertens-Santamaria (CEMOTEV-UVSQ)
La mondialisation en économie, entre stratégie des firmes et politiques des États

Jeudi 20 Septembre

les Economies de la Mondialisation

Carlos Alba-Vega (Centre d’études internationales, Colegio de Mexico)
Globalisation par le bas et enjeux politiques à Mexico

Olivier Pliez (LISST, CNRS)
Suivre des routes discrètes de la mondialisation, une approche géographique multisituée

Helene Le Bail (Maison franco-Japonaise de Tokyo, CNRS-MAEE)
Mobilités transnationales dans un contexte de récessions démographique et économique : le cas des Chinois au Japon

Hélène Pellerin (École d’études politiques, Université d’Ottawa)
Regard critique sur la mondialisation : la mobilité des personnes comme forme d’internationalisation des firmes

Lieux et Echelles de la Mondialisation

Gustavo Sora (CONICET, Université nationale de Cordoba)
Défis d’une ethnographie du centre du monde éditorial à partir de ses rapports avec l’Amérique Latine

Mathieu Hauchecorne (Printemps, UVSQ)
Théories sans frontières ? Circulation transnationale des idées et mondialisation



(Source: Printemps. Professions, Institutions, Temporalités)

samedi 29 décembre 2012

video: "Reconnaissance et consécration artistiques" / "Recognition and consecration in the arts", 7,8 et 9 Novembre 2012

Mercredi 7 novembre
Ouverture du colloque
Introduction du colloque par les organisateurs

Conférences plénières

Atelier 1 : Artistes ordinaires, Espace de reconnaissance et ajustements des aspirations (coordinatrice : Hyacinthe Ravet)

Atelier 2 : Les intermédiaires dans l’économie de la notoriété et l’accès à la consécration (2) (coordinateur : Dominique Sagot-Duvauroux)


Jeudi 8 novembre
Conférence plénière

Conférences plénières

Vendredi 9 novembre
Atelier 2 : Consécration en demi-teinte (1) (coordinateur : Olivier Donnat)

Conférence plénière

Atelier 1 : Transformations des classifications et des critères de valorisation (2) (coordinateur : Timothy J. Dowd)

Conférence plénière

Conclusion du colloque par Yvon Lamy, président du comité scientifique

mardi 2 mars 2010

Actes de la recherche en sciences sociales, n°181-182, Les partitions du goût musical



















Extrait
« Le goût classe, et classe celui qui classe », montrait PB dans La Distinction à la fin des année 1970. Le goût n’est pas une simple affaire de tempérament individuel. Entre l’oeuvre et celui qui la goûte, toutes une série de médiations sociales s’intercalent : la trajectoire sociale du consommateur, les mécanismes de sociabilités qui se jouent, par exemple, dans les groupes des pairs, ou encore l’activité de tous les intermédiaires qui contribuent à former les goûts. C’est en se plaçant sur le terrain de la musique, que ce numéro d’Actes de la recherche en sciences sociales contribue à l’analyse du goût. Des exemples aussi différents que celui de la jazzophilie française ou de l’histoire de la samba au Brésil au cours du XXe siècle montrent, par exemple, comment les goûts se forment et se transforment, avec les « genres » auxquels ils s’attachent. Les analyses développées mettent particulièrement en lumière le rôle des « connaisseurs », les critiques savants aussi bien que, au XXe siècle, les programmateurs de radio et les professionnels du marché du disque, dans la définition des pratiques musicales légitimes et, bien souvent, corrélativement, dans la disqualification de pratiques d’écoute « amateurs ». Plusieurs articles rendent sensible à la concurrence qui se joue, de longue date, au sein des classes cultivées (et entre leurs différentes fractions) entre un goût « général » et un goût « savant » qui considère, de façon moins « hédoniste », que la compréhension des oeuvres nécessite une connaissance spécifique. Si le numéro aborde, à travers plusieurs objets empiriques, la formation d’un goût esthète ou/et savant, il n’ignore pas des pratiques musicales plus populaires et la relation spécifique qu’elles entretiennent avec le goût : le cas de la musique d’harmonie, par exemple, montre que le goût n’est pas toujours, pour les musiciens, la condition de la pratique. La question de l’éclectisme croissant du goût musical traverse également le numéro. Le penchant à l’éclectisme varie-t-il (dans son intensité comme dans ses formes) selon les catégories sociales ? Faut-il voir dans les progrès qu’il enregistre dans les milieux cultivés la fin d’une « parenthèse cultivée » qui s’est ouverte au XVIIIe siècle quand la musique s’est dotée, dans les catégories privilégiées, d’une tradition savante comparable à celle qui existait déjà dans d’autres domaines artistiques ?
C’est également à un retour réflexif sur la sociologie du goût, et peut-être plus généralement de la culture, que ce numéro convie. Les années 1960 ont marqué une étape importante en ce domaine, avec les premières grandes enquêtes empiriques et la mise au point d’analyses qui restent aujourd’hui des références cardinales. Depuis, des thèses concurrentes ont été défendues. Il reste à savoir si elles constituent des mises en question aussi radicales qu’on l’a parfois dit. Les développements de la sociologie du goût et, plus généralement de la culture, sur ces quarante dernières années invitent également à s’interroger sur les effets néfastes de la division du travail scientifique qui tend ordinairement à séparer l’analyse des biens culturels et celle de leur réception. Le numéro, à cet égard, montre tout l’intérêt d’une approche plus intégrée : c’est dans les relations entre ces deux dimensions que semblent se jouer quelques-uns des mécanismes les plus importants de la formation du goût musical.



au sommaire


4 La fabrique des goûts
Wenceslas Lizé et Olivier Roueff

12 Hédonismes et ascétismes musicaux au prisme de l’histoire
Entretien avec William Weber

18 Le savant et le général. Les goûts musicaux en France au XVIIIe siècle
William Weber

34 La montée des intermédiaires. Domestication du goût et formation du champ du jazz en France, 1941-1960
Olivier Roueff

60 Le goût jazzistique en son champ. L’espace parisien de la jazzophilie
Wenceslas Lizé

88 Les métamorphoses de la légitimité. Classes sociales et goût musical en France, 1973-2008
Philippe Coulangeon

106 Quand le goût ne fait pas la pratique. Les musiciens amateurs des orchestres d’harmonie
Vincent Dubois, Jean-Matthieu Méon et Emmanuel Pierru

126 Le goût de ces choses bien à nous. La valorisation de la samba comme emblème national (Brésil, années 1920-1940)
Vassili Rivron

142 Lectures Critiques À l’écoute du rap : une politique du corps chantant
Olivier Roueff

146 Lectures Critiques Distinction studies
Julien Duval

http://www.arss.fr/